épier
- nature
- ver
- diction
- [epje] · 2 syllabes
- usage
- 5 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 3
-
Observer secrètement et avec attention les actions, les discours de quelqu’un, ou ce qui se passe quelque part.
- Ainsi, l’une et l’autre nous nous épiions, sous un masque de sourires et malgré des paroles affectueuses. Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954
-
vieilli Se tenir prêt à saisir l’occasion de faire quelque chose, à profiter du moment favorable.
- Pendant toute la journée du lendemain elle épia les occasions de s'assurer de son triomphe sur sa folle passion. Stendhal, Le Rouge et le Noir
1 emploi spécialisé
-
Agriculture
Monter en épi.
- Jamais le mois de mai ne quitte sans voir le blé épié. Charles Lecomte, Le parler dolois, étude et glossaire des patois comparés de l'arrondissement de Saint-Malo; suivi d'un relevé des locutions et dictions populaires, page 238, 1910, rééd. 1981
Conjugaison
Indicatif
Présent
- j'épie
- tu épies
- il épie
- nous épions
- vous épiez
- ils épient
Imparfait
- j'épiais
- tu épiais
- il épiait
- nous épiions
- vous épiiez
- ils épiaient
Passé simple
- j'épiai
- tu épias
- il épia
- nous épiâmes
- vous épiâtes
- ils épièrent
Futur simple
- j'épierai
- tu épieras
- il épiera
- nous épierons
- vous épierez
- ils épieront
Passé composé
- j'ai épié
- tu as épié
- il a épié
- nous avons épié
- vous avez épié
- ils ont épié
Plus-que-parfait
- j'avais épié
- tu avais épié
- il avait épié
- nous avions épié
- vous aviez épié
- ils avaient épié
Passé antérieur
- j'eus épié
- tu eus épié
- il eut épié
- nous eûmes épié
- vous eûtes épié
- ils eurent épié
Futur antérieur
- j'aurai épié
- tu auras épié
- il aura épié
- nous aurons épié
- vous aurez épié
- ils auront épié
Subjonctif
Présent
- j'épie
- tu épies
- il épie
- nous épiions
- vous épiiez
- ils épient
Imparfait
- j'épiasse
- tu épiasses
- il épiât
- nous épiassions
- vous épiassiez
- ils épiassent
Passé
- j'aie épié
- tu aies épié
- il ait épié
- nous ayons épié
- vous ayez épié
- ils aient épié
Plus-que-parfait
- j'eusse épié
- tu eusses épié
- il eût épié
- nous eussions épié
- vous eussiez épié
- ils eussent épié
Conditionnel
Présent
- j'épierais
- tu épierais
- il épierait
- nous épierions
- vous épieriez
- ils épieraient
Passé
- j'aurais épié
- tu aurais épié
- il aurait épié
- nous aurions épié
- vous auriez épié
- ils auraient épié
Impératif
Présent
- épie
- épions
- épiez
Passé
- aie épié
- ayons épié
- ayez épié
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- épier
- Participe présent
- épiant
- Participe passé
- épié
Citation
Arons vient voir ici Rome encor chancelante, Découvrir les ressorts de sa grandeur naissante, Épier son génie, observer son pouvoir
Origine du mot
De l’ancien français espier dont dérivent espion en français et to spy en anglais ; d’origine francique *spehôn (« observer attentivement »), qui, via le haut allemand, donne spähen (« épier » → voir umherspähen en allemand moderne). De la même racine indo-europénne *spek- que le verbe latin specere ou le grec ancien σκοπεῖν, skopeîn.
Du latin impérial spicare (« fournir un épi »).
Dans le dictionnaire latin : spicare
1873 — le Littré
ÉPIER1 v. n. (é-pi-é)
Monter en épi. repris par le Wiktionnaire
- Les gelées du printemps endommagent le seigle lorsqu'il est nouvellement épié et en lait — BUFF., Exp. sur les végét. 4e mém.
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il marque l'action : le blé a épié heureusement ; avec l'auxiliaire être, quand il marque l'état : le blé est épié dans notre canton. Il n'est employé qu'aux troisièmes personnes du singulier et du pluriel.
Historique
XIIIe s.
- Que cil blez sont creü en haut, Et espié et tuit grenu — Ren. 19890
XIVe s.
- Percil qui est semé en aoust est le meilleur, car il n'espie point, et se tient en vertu toute l'année — Ménagier, II, 2
XVe s.
- Chiens aux queues espiées — Chasse de Gaston Phebus, ms. p. 121, dans LACURNE
Étymologie
Épi ; Berry, épiger ; provenç. et espagn. espigar ; ital. spigare.
ÉPIER2 v. a. (é-pi-é)
, j'épiais, nous épiions, vous épiiez ; que j'épie, que nous épiions, que vous épiiez
1 Observer secrètement quelqu'un. encore relevé aujourd’hui
- Vous autres que j'emploie à l'épier sans cesse — RÉGNIER, Élég. II
- Je l'ai fait épier par des regards fidèles — VOLT., Sémir. v, 2
1 autre citation
- On l'observe, on l'épie, et tout me fait trembler — ID., Triumv. III, 3
Il se dit aussi des choses. On épie toutes vos démarches. Épier les mouvements de l'ennemi.
- Je ne sais pas du moins épier ses discours — RAC., Brit. III, 8
Absolument.
- La Forêt, qui se loge en même hôtellerie, Feignant de ne rien voir, observe, écoute, épie — HAUTEROCHE, Esp. follet, II, 1
2Par extension, observer attentivement, essayer de découvrir, de pénétrer. encore relevé aujourd’hui
- Arons vient voir ici Rome encor chancelante, Découvrir les ressorts de sa grandeur naissante, Épier son génie, observer son pouvoir — VOLT., Brut. I, 1
- Tu venais épier le secret de mes feux — ID., ib. II, 3
3 autres citations
- Est-ce de nos tyrans quelque ministre affreux Dont l'œil vient épier les pleurs des malheureux ? — ID., Mérope, III, 2
- Le cruel dissimule, il observe, il épie S'il pourra dans nos champs porter le glaive impie — M. J. CHÉN., Charles IX, II, 3
- Du printemps près de vous épier les prémices — DELILLE, Paradis perdu, II
Épier l'occasion, le moment d'agir, attendre l'instant convenable.
- Je viens pour épier le moment favorable — RAC., Esth. II, 1
- Ma sœur et moi, cédant à tout par complaisance, Du nouveau possesseur épiâmes l'absence — LAMART., Joc. VII, 240
3Terme de vénerie. Épier le relevé, guetter le temps où la bête sortant du lieu qui lui a servi de retraite pendant le jour, va repaître.
4 S'épier, v. réfl. S'observer secrètement l'un l'autre. encore relevé aujourd’hui
S'épier, être comme à l'affût des propres mouvements de son âme. Il faut s'épier de près, dit Montaigne.
Historique
XIe s.
- Que Guenelon nous a touz espiez [trahis] — Ch. de Rol. LXXXVIII
XIIIe s.
- Et tant erra qu'il vint à Osterriche, et fu espiiés et connus — Chr. de Rains, p. 46
- Por ce l'apel on larrecin, que li lerres espie l'ore [l'heure] et le point que nus ne le voie — BEAUMANOIR, XXX, 3
XVe s.
- Au voir dire et raconter, c'estoit grand merveille de ce qu'ils faisoient [les pillards en campagne] ; ils espioient, telle fois estoit, et bien souvent, une bonne ville ou un bon chastel, une journée ou deux loin ; et puis s'assembloient vingt ou trente brigands.... — FROISS., I, I, 324
XVIe s.
- Avoir l'œil au guet, l'oreille aux escoute pour espier d'où viendra le coup — MONT., IV, 386
- Moy qui m'espie de plus prez, comme celuy qui n'ay pas fort à faire ailleurs — ID., II, 323
1 autre citation
- Ilz se cachoient durant le jour, puis sur la nuit s'en alloient espier les chemins, et y tuoient le premier qu'ils rencontroient des ylotes — AMYOT, Lyc. 58
Étymologie
Provenç. et espagn. espiar ; ital. spiare ; du germanique : anc. haut-allem. spehôn ; allem. spähen ; danois, spaa ; angl. to spy. Comparez le latin spicere, le grec σϰέπτειν, le sanscrit paç, mots qui signifient voir.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « épier » du Wiktionnaire.