étrivière

nature
nom féminin
diction
[etʁivjɛʁ] · 3 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. vieilli Coups qu’on donne avec cette sangle.
    • Tous ces Anglais sont insolents […] Heureusement, Soult va leur donner les étrivières. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
  2. vieilli Tout mauvais traitement qui humilie.
    • Il s’est laissé donner les étrivières.
  3. Tresses de cheveux.
    • Ma mère gémissait de me voir massacrer ces étrivières d’or châtain, qui me valaient, chaque matin, de me lever une demi-heure plus tôt que mes camarades d’école. Sidonie-Gabrielle Colette, La Maison de Claudine, Hachette, 1922, réédition Le Livre de Poche, 1960, page 65
2 emplois spécialisés
  1. Équitation Sangle qui suspend l’étrier.
    • Les étriers, larges et pesants, sont attachés à des anneaux de fer au moyen d’étrivières très courtes en soie ou en lanières de cuir tressées. Frédéric Weisgerber, Trois Mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 85
  2. Courses hippiques et sports équestres Courroie double en cuir avec boucle et supportant l'étrier.

Citation

J'ai bien reçu ma part des étrivières ; Grippe-minaud m'en donna pour trois mois [d'emprisonnement]
Pierre-Jean de Béranger, Gohier.

Origine du mot

Anc. franç. estrif, étrier (voy. ÉTRIER) ; provenç. estrubieira ; espagn. estribadera ; portug. estribeira. — Littré, 1873

1873 — le Littré

ÉTRIVIÈRE s. f. (é-tri-viê-r')

1 Courroie à laquelle est suspendu l'étrier.

Coup d'étrivière, coup donné avec l'étrivière. Ce cheval ne marche qu'à coups d'étrivières.

  • On peut lui donner cent coups d'étrivières — VOLT., Amabed, 15e lett. d'Amabed.

Fig. Allonger l'étrivière, susciter une difficulté nouvelle, un nouveau retard.

2 Au plur. Coups d'étrivières. Recevoir les étrivières.

  • Il me fera donner les étrivières si je ne le salue — PASC., Pens. div. 137
  • Les fouets hâtifs sont déployés, Qui de cent diverses manières Donnent à l'air les étrivières — J. B. ROUSS., Lett. à Lafosse

Fig.

  • J'ai bien reçu ma part des étrivières ; Grippe-minaud m'en donna pour trois mois [d'emprisonnement] — BÉRANG., Gohier.

3Fig. Tout mauvais traitement qui humilie ou déshonore. Il ne s'en est tiré qu'avec les étrivières. repris par le Wiktionnaire

  • Monsieur de l'épée royale, vous aurez au premier jour, les étrivières de ma façon — DANCOURT, Maison de camp. sc. 30

S'en tirer avec les étrivières, se dit aussi des entreprises où l'on reçoit quelque dommage, des affaires où l'on perd de l'argent.

Historique

XIIe s.

  • Li chevax venoit trestoz seus [seul] ; S'ot de sanc tainte l'estriviere — la Charrette, 262

XIIIe s.

  • Li lormier de Paris pueent taillier et faire taillier leur renes, leur chenetes, leur poitriaus, leur estrivieres et toutes les choses qui à leur mestier apartienent — Liv. des mét. 223
  • Toutes manieres de genz autres que chevaliers ne se deivent combatre à pié, en bliaus ou en cotes rouges et chauces rouges à estrivieres, sanz soliers — Ass. de Jér. I, 178

XVIe s.

  • Or si quelqu'un estrivoit, assavoir s'il y a eu un Platon, je vous prie, ne l'estimeroit-on pas digne d'estre chastié de bonnes estrivieres ? — CALV., Inst. 42
  • Ses vers sont faicts à estriviere, Fort court devant, fort long derriere — DU VERDIER, Bibl. p. 237, dans LACURNE
Étymologie

Anc. franç. estrif, étrier (voy. ÉTRIER) ; provenç. estrubieira ; espagn. estribadera ; portug. estribeira.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « étrivière » du Wiktionnaire.

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