admettre

nature
ver
diction
[admɛtʁ] · 2 syllabes
usage
38 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 4

  1. Recevoir par choix, faveur ou condescendance.
    • Admettre une requête.
  2. Reconnaître pour véritable.
    • Les honnêtes gens dorment à cette heure là. Oh ! Il y a bien quelques insomniaques qui reluquent entre les lattes des persiennes, mais personne ne l’admettra jamais. André Jacques, Une aventure d'Alexandre Jobin, tome 3 : La Commanderie, Éditions Québec Amérique, 2009
  3. figuré Autoriser ; permettre.
    • Admettre cette préséance, c’est léser l’esprit républicain, porter atteinte aux principes de 89, faire fi des sacrifices consentis par les révolutionnaires de 1830 à 1871, […] ! Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
  4. Accepter l'accès ou la présence.
    • Il se fit admettre à bord d’un brick qui partait de Boston sans son fret habituel de bois, et dont le capitaine se proposait de« rentrer chez lui », à South Shields. H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 418 de l’édition de 1921

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. j'admets
  2. tu admets
  3. il admet
  4. nous admettons
  5. vous admettez
  6. ils admettent

Imparfait

  1. j'admettais
  2. tu admettais
  3. il admettait
  4. nous admettions
  5. vous admettiez
  6. ils admettaient

Passé simple

  1. j'admis
  2. tu admis
  3. il admit
  4. nous admîmes
  5. vous admîtes
  6. ils admirent

Futur simple

  1. j'admettrai
  2. tu admettras
  3. il admettra
  4. nous admettrons
  5. vous admettrez
  6. ils admettront

Passé composé

  1. j'ai admis
  2. tu as admis
  3. il a admis
  4. nous avons admis
  5. vous avez admis
  6. ils ont admis

Plus-que-parfait

  1. j'avais admis
  2. tu avais admis
  3. il avait admis
  4. nous avions admis
  5. vous aviez admis
  6. ils avaient admis

Passé antérieur

  1. j'eus admis
  2. tu eus admis
  3. il eut admis
  4. nous eûmes admis
  5. vous eûtes admis
  6. ils eurent admis

Futur antérieur

  1. j'aurai admis
  2. tu auras admis
  3. il aura admis
  4. nous aurons admis
  5. vous aurez admis
  6. ils auront admis

Subjonctif

Présent

  1. j'admette
  2. tu admettes
  3. il admette
  4. nous admettions
  5. vous admettiez
  6. ils admettent

Imparfait

  1. j'admisse
  2. tu admisses
  3. il admît
  4. nous admissions
  5. vous admissiez
  6. ils admissent

Passé

  1. j'aie admis
  2. tu aies admis
  3. il ait admis
  4. nous ayons admis
  5. vous ayez admis
  6. ils aient admis

Plus-que-parfait

  1. j'eusse admis
  2. tu eusses admis
  3. il eût admis
  4. nous eussions admis
  5. vous eussiez admis
  6. ils eussent admis

Conditionnel

Présent

  1. j'admettrais
  2. tu admettrais
  3. il admettrait
  4. nous admettrions
  5. vous admettriez
  6. ils admettraient

Passé

  1. j'aurais admis
  2. tu aurais admis
  3. il aurait admis
  4. nous aurions admis
  5. vous auriez admis
  6. ils auraient admis

Impératif

Présent

  1. admets
  2. admettons
  3. admettez

Passé

  1. aie admis
  2. ayons admis
  3. ayez admis

Formes impersonnelles

Infinitif présent
admettre
Participe présent
admettant
Participe passé
admis

Citation

C'est ainsi qu'elle parle, et j'ai dû lui promettre Qu'à vos pieds en ces lieux vous daigneriez l'admettre
Voltaire, Orphel. III, 1

Origine du mot

Du latin admittere (« permettre l’accès, approuver »).

Dans le dictionnaire latin : admittere

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ADMETTRE (a-dmè-tr'. Se conjugue comme mettre)

1 V. a. Laisser entrer, recevoir. Admettre dans sa maison. J'entends qu'on n'admette personne chez moi. Il ne m'admit pas en sa présence. Refuser d'admettre un suppliant. On l'admit à l'audience du pape. Ils furent admis au pied du trône. Être admis devant quelqu'un.

  • Caron admet dans sa barque le jeune Grec — FÉN., Tél. XVIII
  • En vous le produisant, je ne crains pas le blâme D'avoir admis chez vous un profane, madame — MOL., Femmes sav. III, 5
3 autres citations
  • C'est ainsi qu'elle parle, et j'ai dû lui promettre Qu'à vos pieds en ces lieux vous daigneriez l'admettre — VOLT., Orphel. III, 1
  • Respectant ce vieillard qui daigne ici t'admettre — ID., Tancr. III, 6
  • .... devant moi je veux qu'il soit admis — ID., Mér. IV, 1

2Fig. Admettre quelqu'un parmi ses amis. Ceux que l'Église admettait au nombre des siens. Les plébéiens furent admis aux honneurs. Il admet dans sa confiance ceux qui.... On ne doit admettre dans cette école que les jeunes gens qui.... Il fut admis dans l'amitié de ce grand homme. Ils l'admettaient dans tous leurs conseils. Il déclara qu'il n'admettrait personne à partager le prix de la victoire.

  • Idoménée régla sa table, où il n'admit que du pain excellent, du vin du pays.... — FÉN., Tél. XI
  • L'admettre dans sa confidence et dans sa plus entière familiarité — BOURD., Pensées, t. II, p. 433
5 autres citations
  • Dans un désir ardent d'être admise à la béatitude céleste — ID., ib. p. 447
  • Rome.... N'admet avec son sang aucun sang étranger — RAC., Bérén. II, 2
  • Admettons-nous quelque autre à cet honneur suprême ? — VOLT., Mort de Cés. II, 4
  • Digne, un jour, d'être admis parmi nos citoyens — ID., Orphel. I, 1
  • On le leur amène, cet homme propre à parer les avenues d'une foire, et à être montré en chambre pour de l'argent ; ils l'admettent dans leur familiarité — LA BRUY., 13

3 Admettre à, permettre de. Il fut admis à défendre son projet. Admettre quelqu'un à se justifier.

  • Admettez l'innocence à réprimer l'outrage — ROTROU, Bélis. V, 5
  • Il n'y avait point d'homme si souille que la religion du Christ n'admît à repentir — CHATEAUB., Génie, I, , VI 2

4 Reconnaître pour véritable. Admettre un privilége. Les épicuriens admettaient des dieux oisifs. Les astronomes admettent la gravitation pour cause du mouvement des corps célestes. Tout le monde admet aujourd'hui que le soleil est au centre du monde. repris par le Wiktionnaire

  • .... Mon cœur, qui s'ignore, Peut-il admettre un Dieu que mon amant abhorre ? — VOLT., Zaïre, I, 1
  • L'esprit docile admet la vraie religion, et l'esprit faible ou n'en admet aucune ou en admet une fausse — LA BRUY., 16
3 autres citations
  • Admettre les pensées creuses, écartées des notions communes, ou tout au plus les subtiles et les ingénieuses — ID., ib.
  • ...ou, comme vous parlez quelquefois, les merveilles du hasard que vous admettez seul pour cause première de toutes choses — ID., ib.
  • Les admettre tous [les récits de magie] ou les nier tous, paraît un égal inconvénient — ID., 14

5 Tenir pour bon, agréer pour valable. J'admets vos raisons. Ses excuses furent admises. L'action judiciaire ne fut pas admise.

  • Mon esprit n'admet point un pompeux solécisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux barbarisme — BOILEAU, A. P. I

6 Supposer. Admettre qu'il en soit ainsi. Admettons qu'il y ait des auspices. J'admets qu'il y ait six mille graines semées qui meurent.

7 En parlant des choses, comporter, souffrir. Cette affaire n'admet point de retard. L'adverbe admet le comparatif.

  • Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur — CORN., Cid, I, 8
  • L'hymen chez les Romains n'admet qu'une Romaine — RAC., Bér. I, 5
Remarque

1. On dit admettre à quand la chose où l'on admet ne se présente pas facilement à l'esprit comme un lieu : Admettre aux honneurs, au consulat ; admettre au nombre. Avec un infinitif, c'est toujours à : On l'admit à siéger. Admettre dans, quand la chose où l'on admet peut se présenter comme un lieu : Admettre dans un séjour, dans la familiarité ; mais même alors la préposition à n'est pas exclue : Admettre à sa familiarité. Admettre parmi, entre, quand une idée de nombre se présente à l'esprit : On les admit parmi les privilégiés.

2. Admettre que, au sens de reconnaître pour vrai, veut l'indicatif, s'il n'y a pas de négation ; et, s'il y en a, le subjonctif : j'admets qu'il en est ainsi ; je n'admets pas qu'il en soit ainsi. Au sens de supposer, il veut toujours le subjonctif : admettant que cela soit vrai.

Synonyme

ADMETTRE, RECEVOIR. C'est donner entrée ou accès. La différence est que celui qui admet prend une détermination qui lui est propre, et que celui qui reçoit consent à ce qui lui est proposé. On admet quelqu'un qu'on désire, qu'on trouve digne, etc. On reçoit celui qui est présenté. On admet une vérité qu'on a examinée. On reçoit une opinion sur parole, par tradition.

Historique

XVIe s.

  • Le nid ne peult recevoir ny admettre que l'oyseau qui l'a basti — MONT., II, 198
  • Le peuple ne voulut point admettre ny recevoir son excuse — AMYOT, Cam. 53
Étymologie

Provenç. amettre et admettre ; espagn, admitir ; portug. admittir ; ital. ammittere ; de admittere, de ad, à (voy. À), et mittere, envoyer (voy. METTRE). On voit que l'espagnol et le portugais ont changé la conjugaison, et supposent une forme bas-latin admittire.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « admettre » du Wiktionnaire.

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