bégueule
- nature
- nom féminin
- diction
- [beɡœl] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 3
-
familier Sottement pudibond, exagérément prude et qui se donne des airs de vertu.
- Il paraît que leur conversation prenait une allure si effrayante, si abominable que, bien des fois, le maître d’hôtel, qui n’était pas bégueule pourtant, eut l’envie de leur jeter les plats à la figure… Octave Mirbeau, Le Journal d’une femme de chambre, 1900
-
familier Difficile, qui fait la fine bouche, par nature.
- L’île Maurice m’a beaucoup déçue, je trouve, sans être bégueule, qu’il n’y a pas autant de dépaysement que dans d’autres pays.
-
Hautain, prétentieux, ignorant les autres.
- L’univers littéraire n’est pas bégueule, il admet le pamphlet, dès lors qu’il n’est pas affecté de crétinisme.
Nom 2
-
familier Personne d’une pruderie excessive et affectée.
- Nous ne sommes pas des bégueules entre nous. Nous sommes deux hommes, et nous pouvons nous parler comme deux hommes… Jules Barbey d'Aurevilly, Le Rideau cramoisi, 1874, réédition Gallimard, collection Folio Classique, pages 79-80
-
familier Personne trop exigeante, difficile, à qui ne convient que le meilleur.
- Loussa de Casamance n’était pas bégueule. Daniel Pennac, La petite marchande de prose, Folio, éd. Gallimard, 1989, page 244
Citation
Fi des coquettes maniérées ! Fi des bégueules du grand ton !
Origine du mot
Bée, béante, part. passé du verbe béer ou bayer (voy. ce mot), et gueule (voy. ce mot) : mot à mot, qui tient la bouche ouverte, attitude qui exprime, il est vrai, l'étonnement, mais aussi la sottise, et, par suite, la bégueulerie. — Littré, 1873
1873 — le Littré
BÉGUEULE s. f. (bé-gheu-l')
Femme prude et dédaigneuse d'une façon mal plaisante. encore relevé aujourd’hui
- Qu'est-ce que c'est donc que cette chanson-là ? - Mais, ma mère, c'est de la Belle-Arsène. - Votre belle Arsène était une bégueule — PICARD, la Petite ville, III, 4
- Fi des coquettes maniérées ! Fi des bégueules du grand ton ! — BÉRANG., Jeannette
1 autre citation
- La liberté.... c'est une bégueule enivrée Qui, dans la rue ou le salon, Pour le moindre bout de galon, Va criant : à bas la livrée ! — ID., Refus.
Faire la bégueule, affecter ridiculement la vertu et la modestie.
Adjectivement. Que cette femme est bégueule !
Il se dit d'un homme en plaisantant.
- Non, mon cher, je ne suis pas si bégueule ; je vous aime de tout mon cœur ; je travaille pour vous — VOLT., Correspond. dans LAVAUX
Historique
XVe s.
- Le suppliant, soy voyant injurié sans cause, respondit à icelluy compagnon : que vaulx tu, bée gueulle ? — DU CANGE, beare.
Étymologie
Bée, béante, part. passé du verbe béer ou bayer (voy. ce mot), et gueule (voy. ce mot) : mot à mot, qui tient la bouche ouverte, attitude qui exprime, il est vrai, l'étonnement, mais aussi la sottise, et, par suite, la bégueulerie.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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