aïeul

nature
nom masculin
diction
[ajœl] · 2 syllabes
usage
6 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. Grand-parent.
    • Les enfants arrêtaient sur leur aïeul des yeux d'une pénétrante vivacité. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
  2. Rang de la génération au-delà des grand-parents, pour les générations au-delà de trisaïeul.
    • Le mot AÏEUL n'a point de composé au delà de ceux de Bisaïeul et de Trisaïeul; et quand on parle des degrés plus éloignés, on dit Quatrième aïeul, cinquième aïeul, etc. aïeul - Dictionnaire de l'Académie française
  3. Vieillard.
    • L’aïeul mourait froid et rigide. Il avait quatre-vingt-dix ans. La blancheur de son front livide Semblait blanche sur ses draps blancs. Guy de Maupassant, L’Aïeul, Des vers, 1880, 3ᵉ édition
  4. Personne dont on descend.
    • Qui sert bien son pays n’a pas besoin d’aïeux. Voltaire
  5. figuré Forme ancienne d'une réalité ultérieure.
    • Et les porteurs … étaient partis d'un pas que nous n'hésiterons point à reconnaître pour l'aïeul du pas gymnastique moderne. Alexandre Dumas, Le comte de Moret (Le sphinx rouge), 1865, III, 14

Citation

M. de Montausier racontait avec plaisir les services que son aïeul avait rendus à Henri IV
Esprit Fléchier, Montausier.

Origine du mot

Du latin avus (« grand-père ») à rapprocher du gotique 𐌰𐍅𐍉 awō (« grand-mère ») et de l’ancien nordique afi (« grand-père ») ; donne en latin populaire le diminutif aviolus dont l’accusatif aviolum donne aiol (XIIIᵉ siècle) qui aboutit à aïeul (XVIᵉ siècle). référence nécessaire (résoudre le problème)

Dans le dictionnaire latin : avus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

AÏEUL s. m. (a-ieul)

1 Grand-père. Aïeul paternel. Aïeul maternel. encore relevé aujourd’hui

  • M. de Montausier racontait avec plaisir les services que son aïeul avait rendus à Henri IV — FLÉCH., Montausier.
  • J'ai pour aïeul le père et le maître des dieux — RAC., Phèd. IV, 6

2 Au plur. Aïeuls, le grand-père paternel et le grand-père maternel, et aussi le grand-père et la grand'mère. Ses deux aïeuls ont assisté à ce mariage.

3 Il a aussi été employé pour désigner tous les ascendants soit paternels, soit maternels.

  • La généalogie des Rabutin que doit publier Bussy lui paraît d'avance [à Mme de Sévigné] un livre admirable ; elle est beaucoup moins occupée de ses aïeuls maternels, — L'ABBÉ DE VAUXELLES, Notice sur Sév.

AÏEUX (a-ieu), s. m. plur. Tous ceux de qui l'on descend, ou ceux qui ont vécu dans les siècles passés.

  • Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux — VOLT., Mér. I, 3
  • Ce long amas d'aïeux, que vous diffamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous — BOILEAU, Sat. v.
3 autres citations
  • Le ciel, tout l'univers est plein de mes aïeux — RAC., Phèd. IV, 6
  • Plus d'honneur, plus de lois ; Rome est anéantie ; De l'univers et d'elle il [César] triomphe aujourd'hui ; Nos imprudents aïeux n'ont vaincu que pour lui — VOLT., M. de César, II, 3
  • Il est de ces esprits favorisés des cieux, Qui sont tout par eux-mêmes et rien par leurs aïeux — ID., Fanatisme, I, 4
Remarque

1. Au plur. on distingue aïeuls et aïeux : l'un signifiant le grand-père et la grand'mère, l'autre les ancêtres. Cette distinction, qui peut être conservée, n'avait pas cours autrefois ; voyez ces exemples ainsi écrits dans certaines éditions de Massillon : D'autre part Ménage remarque : Tous nos poëtes généralement riment aïeuls avec dieux, cieux, lieux et autres mots semblables ; cette rime est très mauvaise, car on prononce aïeuls en faisant sentir l et non aïeux. Ce qui prouve que de son temps on faisait sonner l au pluriel.

  • S'ils [les grands] n'ont point d'autre gloire que celle de leurs aïeuls — MASS., P. Car. Grandeur de J.C.
  • . Le souvenir de leurs aïeuls devient leur opprobre — ID., ib.
2 autres citations
  • Des aïeuls dont il ne reste qu'une vile poussière — ID., ib.
  • Les glorieux vestiges de ses aïeuls — PERROT D'ABLANCOURT, Tac. p. 77

2. M. Jullien dit : " On prend souvent aïeux pour le pluriel d'aïeul ; c'est une erreur : l'aïeul est le grand-père ; il est après le bisaïeul, et, dans ce sens, il a pour pluriel aïeuls qui est régulier : Ses deux aïeuls ont rempli les premières charges. Aïeux, au contraire, signifie tous ceux dont on descend, et non pas le grand-père, la grand' mère : Nos aïeux ; suivre la trace de ses aïeux. C'est dans ce sens qu'on dit d'un malade qu'il est allé voir ses aïeux, LA FONT., Fab. V. 12, et non pas ses aïeuls qui peuvent très bien lui survivre. De là on peut conclure que La Bruyère a fait une faute quand il a dit, Caractères, ch. 11 : Les hommes de génie n'ont ni aïeuls ni descendants. Il fallait aïeux, qui est pris ici au figuré ; La Bruyère voulait dire que la gloire ne se transmet pas par le sang. Pour des aïeuls les hommes de génie en ont eu très certainement comme tous les autres, un du côté de leur père, un du côté de leur mère. " Chez La Bruyère, ce n'est pas une faute, c'est une manière de parler de son temps. Maintenant la distinction est faite, et on a été conduit par la double prononciation du pluriel aïeuls et aïeux à établir deux sens. À ce point de vue, aïeux n'est pas le pluriel de aïeul, c'est un nom collectif qui n'a pas de singulier. Mais cela n'est vrai que pour l'idée, ce ne l'est pas pour la grammaire. Étymologiquement, aïeux est le véritable pluriel d'aïeul.

Historique

XIIe s.

  • Tes aious [ton aïeul] qui prist d'Anju L'honour, eüst cest [celui-là] vil tenu — HUES DE LA FERTÉ, Romancero, p. 191
  • Al tens à sun aioel esteient il desfait, Li clerc qui erent pris à si vilain mesfait — Th. le Mart. 27

XIIIe s.

  • N'onc n'orent sergent plus leal Vostre pere ne vostre eal — la Rose, 12192
  • Letre que l'ael au dit Raoul les avoit quitez [exemptés] de service — DU CANGE, aviones.
1 autre citation
  • Le [la] quele tere li descendi de son pere ou de se [sa] mere ou de son aiol ou de s'aiole — BEAUMANOIR, VI, 7

XVe s.

  • Le roy Edouard, ayeul à iceluy dont nous parlons — FROISS., I, I, 59
Étymologie

Wallon, aiouz, aïeux ; Berry, aïol ; provenç. aviol ; espagn. abuelo ; ital. avolo ; d'un diminutif non latin, aviolus, de avus, grand-père, qu'on peut comparer au gothique avô, grand' mère ; anc. nord. afi, grand-père.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « aïeul » du Wiktionnaire.

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