bassesse

nature
nom féminin
diction
[basɛs] · 2 syllabes
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. péjoratif Vice qui porte à des sentiments, à des actions, à des procédés indignes d’un honnête homme ou d’un homme de cœur.
    • Louer avec bassesse.
  2. Les sentiments ou les actions mêmes qui marquent la bassesse d’âme.
    • Il y exerce toute la vivacité de son esprit rebelle à ces combines, ces bassesses, ces tripotages, fricotages et grenouillages qui déshonorent à ses yeux la représentation des élus du peuple. Jean-Paul Clébert, Les Daudet: Une famille bien française (1840-1940), Presses de la Renaissance, 1988, chap. 18
  3. Trivialité ignoble ou choquante.
    • La bassesse d’une pensée, d’une expression.
  4. vieilli Basse naissance ; condition très obscure.
    • Entre amants il n’est plus ni grandeur ni bassesse, Je sais rendre un berger digne d’une déesse. Gabriel Gilbert, Les Amours de Diane et d’Endymion, Prologue ; Guillaume de Luyne libraire, Paris, 1657, page 2
1 emploi spécialisé
  1. Généralités Manque d'élévation dans les sentiments, les pensées. Absence de dignité, de fierté.

Citation

Il y a un certain degré de hauteur et un certain degré de bassesse que le mercure n'outre-passe presque jamais [dans un baromètre]
Blaise Pascal, Fragment, sect. 3e.

Origine du mot

Bas. Basseur est, dans l'ancienne langue, beaucoup plus usité, surtout au XVIe siècle. — Littré, 1873

1873 — le Littré

BASSESSE s. f. (bâ-sè-s')

1 État de ce qui est peu élevé, au propre. encore relevé aujourd’hui

  • Il y a un certain degré de hauteur et un certain degré de bassesse que le mercure n'outre-passe presque jamais [dans un baromètre] — PASC., Fragment, sect. 3e.

Peu usité en ce sens.

2Fig. Manque d'élévation dans les sentiments. Pour que nous n'agissions pas avec bassesse. Il y a de la bassesse à faire le bien pour en tirer bénéfice. encore relevé aujourd’hui

  • Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la malice — RAC., Esth. III, 9
  • Tant de férocité, de bassesse et de rage, Tout est mon crime enfin, mais tout est votre ouvrage — BRIFAUT, Ninus II, III, 7
1 autre citation
  • Le vers se sent toujours des bassesses du cœur — BOILEAU, Art poét. IV

3 Action basse. Commettre une bassesse. C'est une bassesse de.... Ce qui me paraît la dernière des bassesses.

  • Celles de ma naissance ont horreur des bassesses — CORN., Rodog. III, 3
  • Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse Ne m'a jamais appris à faire une bassesse — ID., Nicom. II, 3
2 autres citations
  • Et j'irais l'abuser d'une fausse promesse ! Je me parjurerais ! et par cette bassesse.... — RAC., Baj. II, 5
  • Il n'y avait point de bassesses que les rois ne fissent pour obtenir le titre d'allié des Romains — MONTESQ., Rom. 6

4 Abaissement, infériorité. encore relevé aujourd’hui

  • Ce n'est pas là ce que l'apôtre appelle la douceur du zèle et de la charité : c'est plutôt une bassesse de courage que rien ne réveille et n'élève — MASS., Conférences, Vices.

En bonne part.

  • Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu'il est fait par un homme qui s'est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi tout le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu'ainsi la force s'accorde avec cette bassesse — PASC., dans COUSIN

5 Rang peu élevé, obscurité de la naissance ou de la condition. Reprocher à quelqu'un la bassesse de sa naissance. encore relevé aujourd’hui

  • Ils ne cessaient de ravaler ce prince à cause de sa bassesse et de sa pauvreté — VAUGEL., Q. C. IV, 1
  • Elle [Marie] se souvient que, tandis que le Seigneur néglige toutes les autres filles de Juda, il daigne jeter les yeux sur la bassesse de sa servante, la choisir et la combler de dons et de grâces — MASS., Avent, Concept. de la Vierge.
2 autres citations
  • Votre grand Marius naquit dans la bassesse — CORN., Sertor. II, 2
  • Que la fortune ne tente donc pas de nous tirer du néant ni de forcer la bassesse de notre nature — BOSSUET, Duch. d'Orl.

6 Qualité du style bas, trivialité. Bassesse de style, de langage.

  • Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse — BOILEAU, Art poét. I
  • Seuls dans leurs doctes vers ils pourront vous apprendre Par quel art sans bassesse un auteur peut descendre, Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers.... — ID., ib. II
Historique

XIIIe s.

  • Ma substance est es basseces de terre — Psautier, f° 168
Étymologie

Bas. Basseur est, dans l'ancienne langue, beaucoup plus usité, surtout au XVIe siècle.

Supplément au dictionnaire

BASSESSE.

1 Ajoutez :

Fig.

  • La bassesse des biens corporels — RACINE, Lexique, éd. P. Mesnard.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier

Liens de sens

Contraires

élévation noblesse

Terme générique

basse trivialité vice

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « bassesse » du Wiktionnaire.

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