blême

nature
adj
diction
[blɛm] · 1 syllabe
attesté
1301
usage
13 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Très pâle, plus que pâle. — Note d’usage : S’utilise surtout en parlant du visage, du teint.
    • La disette au teint blême et la triste famine. Nicolas Boileau, Le Lutrin, V
  2. Qualifie un objet d’une couleur très pâle.
    • Le destin … est jaloux qu’on passe deux fois au-delà du rivage blême. François de Malherbe, VI, 17

Nom 1

  1. Lueur blafarde.
    • Les voleurs croisaient les routes sous le blême de l’aube. Marcel Schwob, Le Livre de Monelle, Mercure de France, 1895

Citation

À cet objet d'horreur, l'œil troublé, le teint blême, J'ai demeuré longtemps plus morte que lui-même
Jean Rotrou, Antig. I, 2

Origine du mot

D'après Diez, de l'ancien scandinave blâmi, couleur bleue, de blâ, bleu (voy. BLEU), d'où livide, blême, étymologie qui paraît tout à fait justifiée par le mot bleime, et par une acception de blesmir dans la Chanson de Roland. — Littré, 1873

1873 — le Littré

BLÊME adj. (blê-m')

Très pâle, plus que pâle. encore relevé aujourd’hui

  • Adieu, vous voyez trop en mon visage blême Que m'arracher à vous c'est m'ôter à moi-même — MAIRET, Sophon. III, 4
  • À cet objet d'horreur, l'œil troublé, le teint blême, J'ai demeuré longtemps plus morte que lui-même — ROTR., Antig. I, 2
3 autres citations
  • La main des Parques blêmes De vos jours et des miens se joue également — LA FONT., Fab. XI, 8
  • La disette au teint blême et la triste famine.... — BOILEAU, Lutr. v.
  • Mais doit-il vouloir que pour lui Nous ayons toujours le teint blême ? — MALH., III, 1

Par extension. Un jour blême.

  • Le destin ... Est jaloux qu'on passe deux fois Au delà du rivage blême — MALH., VI, 17
  • Il dit : Un souffle impur, exhalé sur l'autel, Des cierges allumés chasse la flamme blême — MASSON, Helvétiens, v.
1 autre citation
  • Il avait tout terni sous ses mains effrontées ; Les blêmes voluptés, sur sa trace ameutées, Sortaient, pour l'appeler, de leur repaire impur — V. HUGO, Crépuscule, 13
Historique

XVIe s.

  • La couleur du portraict est blesme, Et la mienne est tousjours de mesme — DU BELLAY, VII, 10, recto.
  • Et lui devint la couleur blesme, et les levres bleues, et les extremités froides — MARG., Nouv. LXX.
Étymologie

D'après Diez, de l'ancien scandinave blâmi, couleur bleue, de blâ, bleu (voy. BLEU), d'où livide, blême, étymologie qui paraît tout à fait justifiée par le mot bleime, et par une acception de blesmir dans la Chanson de Roland.

Supplément au dictionnaire

BLÊME. - ÉTYM. Ajoutez :

  • La conjecture de Diez qui le tire de l'anc. scand. blâmi, couleur bleue, est assurée par le norois bláman, tache due à un coup ; le sens propre de blêmir étant : faire des taches bleues, frapper, léser — BUGGE, Roman. n. 10, p. 145

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « blême » du Wiktionnaire.

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