brandon
- nature
- nom masculin
- diction
- [bʁɑ̃dɔ̃] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 6
-
Torche de paille ou de papier que l’on enflamme pour s’éclairer ou pour allumer un feu.
- Sur quelques mots inintelligibles prononcés par Taïmaha, les deux vieilles se dressèrent sur leurs pieds pour me mieux regarder, et Taïmaha elle-même, approchant de mon visage un brandon enflammé, se mit à m’examiner avec une extrême attention. Pierre Loti, Le Mariage de Loti, 1880, page 191
-
Corps enflammés qui s’élèvent d’un incendie.
- Les relations de la Roumanie avec la Hongrie, déjà mauvaises a cause du brandon de discorde que constituait la Transylvanie, étaient devenues pires encore Jean d’Ormesson « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle ».
-
figuré Ce qui provoque des troubles.
- Ce n’était pas de l’eau qu’il venait ainsi de jeter dans le foyer. C’était des brandons. Pierre Benoit, Mademoiselle de la Ferté, Albin Michel, 1923, Cercle du Bibliophile, pages 104-105
- vieilli Paille tortillée au bout d’un bâton qu’on plantait aux extrémités d’un champ pour indiquer que la récolte avait été saisie judiciairement.
- vieilli Nom que l'on donnait aux fêtes baladoires dans certaines villes de France.
1 emploi spécialisé
- Systèmes d'armes Projection incandescente ou fragment brûlant dont l'énergie thermique peut être transférée à un récepteur.
Citation
Des brandons du bûcher qui va le mettre en cendres Embrasons les palais de ces fiers conjurés
Origine du mot
Apparaît avec le sens de « torche (de paille) enflammée pour éclairer (ou mettre le feu) ». C’est un dérivé en -on de l’ancien français brande (« flamme ») ou *brant (« tison »), apparenté à brander (« luire, flamboyer ») ; *brant ne s’est pas maintenu en raison de son homonymie avec brant (« épée » → voir brandir). L’anglais brand, l’allemand Brand (« feu ») lui sont apparentés ; l’ancien catalan brandó (1296), l’espagnol blandón (« torche ») (1493) sont des emprunts à l’ancien occitan brandon également de même origine.
1873 — le Littré
BRANDON1 s. m. (bran-don)
1 Bouquet de paille enflammé, dont on se sert pour s'éclairer. encore relevé aujourd’hui
2 Débris enflammé qui s'échappe d'un incendie. encore relevé aujourd’hui
- Des brandons du bûcher qui va le mettre en cendres Embrasons les palais de ces fiers conjurés — VOLT., Mort de César, III, 8
Fig. Les brandons de guerre civile.
- Des factions.... Il éteint le dernier brandon — V. HUGO, Odes, II, 7
- L'intolérance est presque éteinte ; Qui rallumera ses brandons ? — BÉRANG., Mort du diable.
3 Dimanche des brandons, le premier dimanche de carême, ainsi dit à cause de l'habitude de porter, en ce jour, des brandons allumés.
Danse des brandons, sorte de danse rustique ou plutôt course dans la campagne avec des brandons, à l'occasion de certaines fêtes.
4 Un brandon de glands, un bouquet de glands. Inusité en ce sens.
- Son rabat [de Mascarille] se pouvait appeler un honnête peignoir, et ses canons semblaient n'être faits que pour servir de cache aux enfants qui jouent à cligne-musette ; un brandon de glands lui sortait de sa poche comme d'une corne d'abondance, — Récit en prose et en vers de la farce des précieuses, Paris, 1660
Historique
XIIIe s.
- Nus baudroyers ne puet ne ne doit ouvrer entre les brandons et la saint Remi, puisque complie est sonée à Nostre-Dame — Liv. des mét. 225
- Et vous baignerés en l'estuve Où Venus les dames estuve ; Bien sai, le brandon sentirés — la Rose, 12957
3 autres citations
- Bel-Acueil, qui sentit l'aïer [chaleur] Du brandon, sans plus delaier M'otroia ung baisier en dons, Tant fist Venus et ses brandons — ib. 3484
- Ele tint ung brandon flamant En sa main destre, dont la flame A eschauffée mainte dame — ib. 3434
- Par nuit obscure a tel clarté Qu'il n'estuet [n'est besoin] à nul garçon Porter lanterne ne brandon — Fl. et Bl. 1828
XIVe s.
- Olivier de Clisson venoit moult puissamment à falos, à brandons, o lui hommes cinq cent — Guesclin. 21749
- ....Deable d'enfer issirent, par maistrie, Getans brandons de feu, pour lui faire hasquie — Baud. de Seb. V, 10
3 autres citations
- Le dimenche que l'en dist des premiers brandons — DU CANGE, brando.
- Comme il soit de coustume de faire chascun an, le jour des brandons, après soupper, feux aux quels les bonnes gens ont accoustumé d'eulz assembler — ID., ib.
- Et en sa dextre main tenoit Un dart qui bien estoit ferré, Et en l'autre avoit un brandon De feu que gettoit grant randon — MACHAULT, p. 15
XVIe s.
- Devant l'image [de] Cupido Brusloit le brandon de detresse — MAROT, I, 175
Étymologie
Bas-lat. brando ; provenç. brando ; anc. catal. brandó ; espagn. blandon, torche ; de l'allem. Brand, feu, incendie, de brennen, brûler ; angl. to burn.
Supplément au dictionnaire
1. BRANDON. - ÉTYM. Ajoutez : D'après M. d'Arbois de Jubainville (Rev. celtique, t. II, p. 126), brandon vient non pas de l'ancien haut-allemand brant, tison, encore moins de l'allemand moderne Brand, incendie, mais du franc brand, dont l'existence est prouvée par le nom propre Childe-brandus, et qui a le sens de brûler, d'incendier.
BRANDON2 s. m. (bran-don)
Morceau d'étoffe, et maintenant, d'ordinaire, paille tortillée au bout d'un bâton et plantée aux extrémités d'un champ pour indiquer qu'il est saisi. encore relevé aujourd’hui
Saisie-brandon, acte par lequel un créancier fait saisir les fruits, pendants par branches et racines, des biens de son débiteur.
Historique
XVe s.
- Faire execution ou mettre un brand sur chacune personne — DU CANGE, brando.
XVIe s.
- Un seigneur censuel peut proceder par voye d'arrest ou brandon sur les fruits pendans par les racines — Coustumier général, t. I, p. 186
Étymologie
Bas-lat. brando, brandeum, brandium, sorte de voile qu'on mettait sur les terres saisies ; ital. brandone, lambeau, et, par contraction, brano, anc. espagn. brahon, morceau d'étoffe. Il y a dans l'ancien français braion, dans le provençal bradon, brazon, braon, qui signifient le gras des chairs, le fessier (anglais brawn, partie charnue), et qui viennent de l'ancien haut-allemand brâto, accusatif brâtun, brâton, partie charnue, mollet ; Diez croit que de ce sens on est venu à celui de lambeau de chair et puis lambeau d'étoffe ; une pareille dérivation paraît très douteuse. On peut conjecturer, avec quelque vraisemblance, que brand, brandon, est un substantif dérivé de l'ancien verbe brander, contracté de brandeler (voy. BRANLER), une chose qui brandille pouvant sans peine se dire d'un morceau d'étoffe fixé à un pieu ou bâton.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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