bruine

nature
nom féminin
diction
[bʁɥin] · 1 syllabe
attesté
1101
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Tout ce qui retombe en pluie fine.
    • Associée à cette pluie de météorites, il faut ajouter une « bruine » quasi permanente de micrométéorites, de petits grains interplanétaires arrivant tous les jours sur la Terre. Actuellement, cette « bruine » correspond à environ 50 à 100 tonnes de grains par jour. « Chapitre IV. Sur la Terre comme au ciel : Un Titan pluvieux », Les origines du vivant, sous la direction de Roland Douce et Éric Postaire, Gallimard, 2016, pages 60-68.
3 emplois spécialisés
  1. Météorologie Petite pluie très fine et ordinairement froide qui tombe lentement.
    • La pluie ou la bruine ont été les compagnes fidèles de presque toutes mes courses. Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste, Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842
  2. Agriculture vieilli Nielle des blés, que ce soit celle de l’anguillule ou du charbon nu, voire la carie. absent du Littré
    • La carie, que l'on nomme souvent aussi charbon ou bruine, produit sur le blé des désastres dont les résultats sont effrayants. M. Bardin, « Inconvénients et danger que présente l'emploi de l'arsenic dans le chaulage des blés comme préservatif de la carie », dans les Mémoires de la Société d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du département de l'Aube, tome 12, nᵒ 89
  3. Phénomènes météorologiques Précipitation assez uniforme, constituée exclusivement par de fines gouttes d'eau (de diamètre inférieur à 0.5 mm), très rapprochées les unes des autres et paraissant flotter dans l'air.

Formes fléchies 2

  1. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de bruiner.
  2. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de bruiner.
    • Qu'il tombe des cordes ou qu'il bruine, qu'il drache ou qu'il gouttine, ça mouille ! site www.french-connect.com, 25 février 2016

Citation

Une rosée qui ressemblait à la bruine qui tombe sur la terre
Voltaire, Phil. IV, 143

Origine du mot

Avec l’influence de brume, du latin pruina (« frimas, gelée blanche ») qui donne aussi pruine (« pellicule glauque et cireuse qui recouvre la surface des fruits »).

Dans le dictionnaire latin : pruina

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

BRUINE s. f. (bru-i-n')

Petite pluie très fine et froide. encore relevé aujourd’hui

  • Une rosée qui ressemblait à la bruine qui tombe sur la terre — VOLT., Phil. IV, 143
  • Ils se convertissent en bruine ou gelée blanche — DESC., Météor. 6
Historique

XIIe s.

  • Une broïne commence à espoissier, Qu'on ne pooit veoir ne charoier — Li coronemens Looys, 2295

XIIIe s.

  • Ô vos, rosées et broïne, beneissiez à vostre seigneur — Psautier, f° 192
  • Et le joedi après, par un poi de bruin, — Vœux du paon, f° 80, dans Chevalier au cygne, Glossaire
5 autres citations
  • Il sont issu à camps [champs], mais il faisoit bruine ; Falos, cierges, brandons et feux les enlumine — ib.
  • Ne guerre ne bruin [querelle] — Chevalier au cygne, v. 5280
  • Mettre en bruine [en querelle] — ib. V. 31941
  • Ils veoient la montaigne par dessus la bruine — JOINVILLE, 282
  • Celi samedi leva une bruine et descendi de la terre sur la mer, et pour ce cuiderent nos mariniers que nous feussions plus loing de l'ille de Cypre que nous n'estions — JOINVILLE, 283

XIVe s.

  • La nuit y ot bruine, grande fu l'oscurtez ; Encor veoient po quant solaux fu levez — Guesclin. 3777
  • Le crestien [je] matai et mis à grant bruine — Baud. de Seb. II, 21

XVe s.

  • Or fut dit au roi de Castille.... Sire, sire, entendez à nous.... car une bruine [au figuré] trop felle et perilleuse se nourrit entre vous et le duc de Lancastre — FROISS., II, III, 109
  • Et la bruine chue [tombée] — ID., II, II, 197
1 autre citation
  • Il faisoit si grand bruine qu'on ne pouvoit voir un demi bonnier de terre loin — ID., I, I, 134

XVIe s.

  • .... Vit eslever bruynes et frimatz Qui procedoient d'un vieil gouffre aquatique — J. MAROT, V, 60
  • Et tomba tant de bruine et de gresil, que les vignes et les olives gelerent — AMYOT, Démétr. 15
2 autres citations
  • Les bruines causent aux raisins des picotures noires, dont ils perissent — O. DE SERRES, 154
  • Les costeaux soleillez de pampre sont couvers, Mais des hyperborés les eternels hyvers Ne portent que le froid, la neige et la bruine — DU BELLAY, VI, 6, recto.
Étymologie

Bourguig. bruène ; picard, breuaine, brouaine ; wallon, brouhène ; namurois, bruhène, bruwène ; rouchi, bruène. On a indiqué le latin pruina, gelée blanche ; mais le passage du p au b est toujours difficile à admettre en français ; de plus bruine veut dire non pas gelée blanche, mais brouillard qui tombe ; c'est le sens actuel et le sens des anciens textes. A la vérité, le sens de gelée blanche se trouve dans l'italien brina, provençal moderne brino, breino, milanais prinna, qui probablement viennent du latin pruina, et qui peuvent servir d'intermédiaire entre le p et le b, comme l'italien en sert pour brugnon avec prunus ; quant au sens, passer du brouillard qui tombe à la gelée blanche qui en résulte souvent est une métonymie admissible. On a dit bruin au masculin. Bruine a eu le sens de querelle, tumulte, comme on le voit dans un exemple de Froissart ; il y en a aussi des exemples plus anciens : c'est un sens figuré, sans doute analogue à celui de nuage, quand nous disons : il y a un nuage entre nous. Grandgagnage le tire du celtique bru, pluie.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « bruine » du Wiktionnaire.

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