captif

nature
nom masculin
diction
[kaptif] · 2 syllabes
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 3

  1. Qui a été capturé, en particulier à la guerre.
    • Ce dernier ayant été pris par l’armée française devant Balaguer, fut emmené captif en France, où il est mort. Calixte de la Providence, Les plus illustres captifs, tome second, Delhome et Briguet, Lyon-Paris, 1892, page 299
  2. figuré Qui est dans une grande contrainte, dans une grande sujétion.
    • Lui sentait dans les yeux de la jeune fille une imploration muette, l’interrogation de la biche captive et soumise, ne souhaitant que savoir ce qu’on attend d’elle. Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940
  3. À qui on ne laisse aucune liberté.
    • Il tient ses enfants captifs.

Nom 2

  1. Personne ou créature capturée.
    • Le Sénégal peut fournir , année commune , cinquante captifs, quatre mille cuirs, douze cens quintaux de gomme , & vingt quintaux de morfil. Jacques Savary des Bruslons & Philemon-Louis Savary, Dictionnaire universel du commerce, t.1 (A-B), Jacques Estienne, 1748, page 373
  2. soutenu Prisonnier.
    • Le jeune captif qui promenait en ce moment son ennui matinal était une victime de la puissance bureaucratique. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832

Citation

Il ouvrira les yeux des aveugles et tirera les captifs de leur prison
Bossuet, Hist. II, 4

Origine du mot

Du latin captivus. Captif est la forme savante du doublet fait avec chétif.

Dans le dictionnaire latin : captivus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

CAPTIF, IVE adj. (ca-ptif, pti-v' ; au pluriel l's ne se lie pas : des ca-pti-f infortunés ; cependant quelques-uns lient : des ka-ptif-z infortunés)

1 Pris à la guerre et fait esclave. Ils emmenèrent les femmes captives. Racheter les chrétiens captifs. encore relevé aujourd’hui

  • Moi captif à la fleur de l'âge Dans ce vieux fort inhabité — BÉRANG., Le Prisonnier.

Substantivement.

  • Il ouvrira les yeux des aveugles et tirera les captifs de leur prison — BOSSUET, Hist. II, 4
  • Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne — CORN., Nicom. V, 10
3 autres citations
  • Rome vit passer au nombre des vaincus Plus d'un captif chargé des fers d'Antiochus — RAC., Bérén. III, 1
  • La guerre dans Lesbos me fit votre captive — ID., Iphig. III, 4
  • Moi qui contre l'amour fièrement révolté, Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté — ID., Phèdre, II, 2

L'ordre de la rédemption des captifs, ordre religieux dont la destination était de racheter les captifs faits par les Barbaresques.

2 En général et dans le style relevé, pris, détenu. Un oiseau captif. encore relevé aujourd’hui

  • Les coupables qu'il tenait captifs — BOSSUET, Hist. II, 6
  • Captive, dès le berceau, des ennemis les plus implacables de sa maison — ID., Duch. d'Orléans.
1 autre citation
  • Comme il n'a jamais refusé ce qui était raisonnable, étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste, étant captif — ID., Reine d'Angl.

Asservi.

  • Rendre par un décret public à la Grèce, si longtemps captive, la liberté à laquelle elle ne pensait plus — BOSSUET, Hist. III, 6

3Par extension, qui est contraint ou attaché. Cette place me rend fort captif. âme captive des sens, des plaisirs. encore relevé aujourd’hui

  • C'est proprement un charme : il rend l'âme attentive, Ou plutôt il la tient captive, Nous attachant à des récits — LA FONT., VII, à Mme de Montespan.
  • Tiens ta langue captive, et si ce grand silence.... — CORN., Cinna, V, 1
5 autres citations
  • Il ne faut point tenir les vérités captives — SÉV., 111
  • Dans son génie étroit il est toujours captif ; Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif — BOILEAU, Art poét. I
  • [âme] toi qui étais née pour l'éternité et pour un objet immortel, tu deviens éprise et captive d'une fleur que le soleil dessèche — BOSSUET, La Vallière.
  • L'âme, devenue captive du plaisir, devient ennemie de la raison — ID., ib.
  • Philisbourg qui tint si longtemps le Rhin captif sous nos lois — BOSSUET, Louis de Bourbon.

4 Ballon captif, aérostat qu'on retient au moyen d'une corde, par opposition à ballon perdu, qu'on laisse aller dans l'air.

Synonyme

CAPTIF, ESCLAVE, PRISONNIER. Dans le sens ancien et souvent usité, le captif est pris à la guerre, et peut être fait esclave ; dans le sens moderne, captif est synonyme de prisonnier, avec cette différence que captif est de la poésie et du style relevé. L'esclave n'est pas pris à la guerre ; il reçoit l'esclavage en héritage de ses parents, ou bien on l'achète de ceux qui le possèdent ou qui font la traite. Le prisonnier est ou pris à la guerre, ou détenu de toute autre façon ; mais il n'est pas esclave.

Historique

XVIe s.

  • Ceste galere estoit de seize rames pour banc, accoustrée magnifiquement des armes captives, riches draps de pourpre, et autres telles despouilles — AMYOT, P. Aem. 50
  • Empeschant que l'on ne monstre publiquement la grandeur et la gloire des roys Philippus et Alexandre le Grand prisonnieres et captives soubz les armes romaines — ID., ib. 53
3 autres citations
  • La belle main dont la forte foiblesse D'un joug captif donte les plus puissans — DU BELLAY, II, 11, recto.
  • As-tu point veu une nymphe craintive, Qui va menant ma liberté captive Par les sommets des plus haultes montaignes ? — ID., II, 28, recto.
  • Ceste police de la plus part de nos colleges m'a tousjours despleu ; c'est une vraye geaule de jeunesse captive — MONT., I, 183
Étymologie

Captivus, captif (voy. CHÉTIF, qui est l'ancienne forme de captif). Captif a été refait sur le latin au XVIe siècle.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « captif » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire