débile

nature
adj
diction
[debil] · 2 syllabes
attesté
1265
usage
21 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Faible, qui manque de forces, de vigueur.
    • On a les jambes débiles après de longues maladies. Un estomac débile doit observer un grand régime. Antoine Furetière, Pierre François Giffart, Dictionnaire universel françois & latin, 1732, page 519
1 emploi spécialisé
  1. Médecine Qui est atteint dans sa raison.
    • Le clown débile s’accroche et il y a longtemps qu’il n’amuse plus. Loïc Tassé, Et maintenant la loi martiale!, Le Journal de Québec, 21 décembre 2020

Nom 2

  1. vieilli Personne atteinte d’arriération, de débilité mentale.
    • Que des lois nouvelles leur donnent le moyen de mieux protéger les familles naufragées dont le père est devenu un énergumène, un débile mental ! Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  2. familier Personne méprisable qui manque d’intelligence.
    • T’es un gros débile ! : tu es bête

Citation

Ô débile raison, où est ores ta bride ? Où ce flambeau qui sert aux personnes de guide ?
Mathurin Régnier, Sat. IX

Origine du mot

(1265) Du latin debilis (« mutilé, infirme, incapable »).

Dans le dictionnaire latin : debilis

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

DÉBILE adj. (dé-bi-l')

Qui manque de force, au physique et au moral. encore relevé aujourd’hui

  • Ô débile raison, où est ores ta bride ? Où ce flambeau qui sert aux personnes de guide ? — RÉGNIER, Sat. IX
  • Contre ce double effort débile est ma vertu — ID., Dial.
17 autres citations
  • Débile et mal remis encor de la faiblesse Où ma perte de sang et ma chute me laisse — ROTROU, Vencesl. IV, 2
  • Ses attraits, son esprit, sa politique habile, Du prince ont subjugué la volonté débile — ROTROU, Bélis. I, 1
  • Vil esclave de femme, esprit lâche et débile — ID., Antig. IV, 6
  • Débile secours — TRISTAN, Panthée, II, 3
  • Son coup [de la tentation] est pour les uns rude, ferme, pressant, Pour les autres débile et mol et languissant — CORN., Imit. I, 13
  • Son courage sans force est un débile appui — ID., Hor. IV, 2
  • Sire, ne donnez rien à mes débiles ans — ID., ib. V, 3
  • Débile vaillance — ID., Médée, V, 7
  • Je vous remets, mon fils, ces honneurs souverains Que la vieillesse arrache à mes débiles mains — VOLT., Alz. I, 1
  • Dans mon âge débile Les dieux ne m'ont donné qu'un courage inutile — ID., Brutus, IV, 6
  • Débile audace — ID., Triumv. IV, 1
  • Aucun ne se présente à ma débile vue — ID., Mérope, III, 1
  • C'est pour vous-même ici que ma débile voix Vous implore aujourd'hui pour la première fois — ID., Fanat. IV, 4
  • Il fait bâtir une maison de pierre de taille.... dont il assure en toussant et avec une voix faible et débile qu'on ne verra jamais la fin — LA BRUY., XI
  • Le débile et dernier effort qu'il [Voltaire] faisait pour lui plaire [au public] , Irène, fut applaudie comme l'avait été Zaïre — MARMONT., Mém. liv. X, t. III, p. 208
  • Sois heureux, et surtout aime un ami qui t'aime ; Ris de son cœur débile aux désirs condamné, De l'étude aux amours sans cesse promené — A. CHÉN., Élég. 21
  • Son bras maigre cherchait le mien, Et mon verre, en touchant le sien, Se brisa dans ma main débile — A. DE MUSSET, Poésies nouv. Nuit de déc.

Terme de botanique. Dont la tige est trop grêle, trop faible pour se soutenir seule et sans appui.

Historique

XVe s.

  • Nostre miserable chair est toute malade et toute paresseuse et somnolente et debile à te prier — GERSON, dans le Dict. de DOCHEZ.

XVIe s.

  • D'autant que tu es plus debile en toy, Dieu te reçoit tant mieux — CALVIN, Instit. 190
  • Dieu aide et subvient à notre volonté debile — ID., ib. 213
5 autres citations
  • Les flancs des bastions se peuvent emboucher ou briser, quand les espaules sont debiles — LANOUE, 337
  • Quoyqu'il fust de nature debile, et de petite et foible complexion, si ne laissa il pas pourtant d'estre vaillant homme — AMYOT, Caton, 42
  • Et si avoit d'avantage la voix foible et debile — ID., Démosth. 9
  • Il y en a qui prennent la difference des fievres, de l'intension de leur chaleur, appellant les unes bruslantes, et les autres tiedes et debiles — PARÉ, XX, 6
  • Leurs femelles [des alcyons] ne recognoissent autre masle que le leur propre.... s'il vient à estre debile et cassé, elles le chargent sur leurs espaules, le portent partout, et le servent jusques à la mort — MONT., II, 197
Étymologie

Bourguig. débille, ll mouillées ; du latin debilis, faible. Débile a été refait postérieurement sur le latin ; debilis ayant l'accent sur de, la forme ancienne serait dieble ou deble, comme fieble, feble (faible), de flebilis ; et en effet le mot se trouve, mais en composition avec la préposition en : Le latin debilis est dans le même rapport avec debeo (voy. DEVOIR), que habilis avec habeo, et signifie proprement : celui qui n'a pas, qui manque de....

  • [Ceux].... ki feble Sunt par lur veillesce e endeble — MARIE, Purgatoire, 391
Supplément au dictionnaire

DÉBILE. Ajoutez :

Par extension. Dessin débile, dessin qui manque de vigueur.

  • Celui qui l'a fait [un tableau] ne colore pas mal ; le dessin en est fort débile, — Lettre de Mignard, dans Revue des documents historiques, 3e année, n° 25, avril 1875, p. 2

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « débile » du Wiktionnaire.

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