dédain

nature
nom masculin
diction
[dedɛ̃] · 2 syllabes
usage
10 par million de mots

Sens et définitions

Nom 1

  1. Mépris exprimé par l’air, le ton ou le maintien.
    • Entre la gueule du pot et celle d’un licheur, il y a la place d’une vipère, et tu m’y trouveras !… dit-elle excitée par le dédain de Nucingen. Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, deuxième partie

Citation

Ah ! seigneur, je n'ai pas eu ce dédain qui empêche de jeter les yeux sur les mortels trop rampants et qui fait dire à l'âme arrogante : il n'y a que moi sur la terre
Bossuet, Marie-Thér.

Origine du mot

Dédaigner ; provenç. desdaing, desdenh ; catal. desdeny ; espagn. desdeño ; portug. desdem ; ital. disdegno. — Littré, 1873

1873 — le Littré

DÉDAIN s. m. (dé-din)

Sorte de mépris qu'on exprime par l'air, le ton et les manières.... encore relevé aujourd’hui

  • Et par moi Don Rodrigue a vaincu son dédain — CORN., Cid. I, 3
  • Ah ! seigneur, je n'ai pas eu ce dédain qui empêche de jeter les yeux sur les mortels trop rampants et qui fait dire à l'âme arrogante : il n'y a que moi sur la terre — BOSSUET, Marie-Thér.
5 autres citations
  • Ils regardèrent les gentils avec un insupportable dédain — ID., Hist. II, 5
  • L'orgueil et le dédain sont peints sur son visage — RAC., Esth. III, 3
  • Je vois que mon silence irrite vos dédains — ID., Brit. III, 3
  • Le dédain et le rengorgement dans la société attirent précisément le contraire de ce qu'on cherche, si c'est à se faire estimer — LA BRUY., V
  • Ils avaient ce dédain fastueux qui, chez un peuple comme dans un particulier, marque ordinairement peu de lumière — RAYNAL, Hist. phil. I, Introd.

Prendre en dédain, concevoir du dédain pour quelqu'un ou pour quelque chose.

Historique

XIIIe s.

  • Mès cis [Narcisse] fu por sa grant biauté Pleins de desdaing et de fierté — la Rose, 1458
  • Vous ne devez mie avoir en desdaing ce que Dieu fist pour nostre enseignement — JOINV., 194

XVe s.

  • Si ne fut mie courroucé quand il ouit dire et recorder le grand deplaisir que on avoit fait à son neveu, et aussi en quel desdaing [déplaisir] il l'avoit pris — FROISS., I, I, 100
  • Il ne sçavoit si le seigneur de Lescandelour rassembloit sa gent pour lui revenir courir sus par grand ire et desdaing — Bouciq. II, ch. 17

XVIe s.

  • Dequoy les gentilshommes françois qui vous accompagnoient, avoient depit et desdain — Sat. Mén. p. 153
  • Toutesfois ma curiosité me fit passer mon desdain [honte] — ib. p. 193
1 autre citation
  • À fin que plus longuement et sans dedain [dégoût] ils puissent estre tenus en la bouche — PARÉ, XXV, 36
Étymologie

Dédaigner ; provenç. desdaing, desdenh ; catal. desdeny ; espagn. desdeño ; portug. desdem ; ital. disdegno.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

arrogance mépris

Contraires

admiration

Terme générique

mépris

Dérivés

tenir en dédain

Domaine

psychologie

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « dédain » du Wiktionnaire.

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