mépris
- nature
- nom masculin
- diction
- [mepʁi] · 2 syllabes
- attesté
- 1301
- usage
- 44 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d’estime, d’égards, d’attention.
- J’ai dit ça ? s’étonne-t-elle, une mini-pointe de mépris dans la voix. Catherine Desmarais, Médium bien cuite, 2016
-
Sentiment par lequel on s’élève au-dessus de l’amour de la vie, de la crainte de la mort, du danger.
- Contrairement à toutes les idées reçues, Durtal ne pensait pas que le mépris de l’argent impliquât nécessairement la folie. Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915
-
Paroles ou actes de mépris.
- Prodiguer à quelqu’un ses mépris.
Formes fléchies 3
- Masculin singulier du participe passé de méprendre.
- Première personne du singulier de l’indicatif passé simple de méprendre.
- Deuxième personne du singulier de l’indicatif passé simple de méprendre.
Citation
C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix, Le plus cher toutefois est souvent à mépris
Proverbes et citations
Origine du mot
Substantif abstrait formé de mépriser (voy. ce mot). Mépris ne se trouve pas dans l'ancienne langue. Provenç. menespretz ; catal. menyspreu ; espagn. menosprecio ; portug. menospreço. Mesprisement a été dit quelquefois dans le XVIe siècle : — Littré, 1873
1873 — le Littré
MÉPRIS s. m. (mé-prî ; l's se lie : un mé-pri-z insultant)
1 Prix inférieur à la valeur réelle.
- C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix, Le plus cher toutefois est souvent à mépris — RÉGNIER, Sat. XI
Vieilli en ce sens.
2Fig. Sentiment par lequel on ne tient pas en prix, absence d'estime, de considération pour une personne ou une chose. encore relevé aujourd’hui
- Quelque raison qu'on ait, on est dans le mépris, Lorsque l'on abandonne un parti qu'on a pris — TRISTAN, Panthée, I, 5
- Je vois par raison et par expérience que rien n'est plus propre [que les arguments tirés de l'ordre de la nature en faveur de la religion] à leur [aux incrédules] en faire naître le mépris — PASC., Pens. XXII, 2, éd. HAVET.
9 autres citations
- Quelle erreur à une chrétienne, et encore à une chrétienne pénitente, d'orner ce qui n'est digne que de son mépris ! — BOSSUET, Anne de Gonz.
- Qui vit jamais paraître en cette princesse le moindre sentiment d'orgueil ou le moindre air de mépris ? — ID., Duch. d'Orl.
- Vous vous taisez, madame, et ce cruel mépris N'a pas du moindre trouble agité vos esprits — RAC., Androm. IV, 2
- L'horreur et le mépris que cette offre m'inspire — ID., Bajaz. V, 4
- Le mépris est un sentiment froid qui ne pousse à aucun procédé violent — DIDER., Claude et Nér. I, 67
- .... Ce loyal mépris Que tout mauvais auteur inspire aux bons esprits — GILBERT, Mon apologie.
- Ce mépris froid et tranquille que doit inspirer la folie unie à la perversité — GENLIS, Veillées du château t. III, p. 174, dans POUGENS
- Il [Napoléon] haussa les épaules [en apprenant que Moscou était déserte], et, avec cet air de mépris dont il accablait tout ce qui contrariait son désir, il s'écria : ah ! les Russes ne savent pas encore l'effet que produira sur eux la prise de leur capitale — SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 4
- Mon inconnu soupira ; un sourire de regret et de mépris vint effleurer ses lèvres — SCRIBE, le Prix de la vie, dans les Hist. et prov.
Être à mépris, inspirer un sentiment de mépris.
- Et toi, pour te montrer que tu m'es à mépris.... — MOL., Dépit amour. IV, 4
Mettre à mépris, avoir à mépris, dédaigner.
- Mais l'Éternel mettra leur audace à mépris, Et d'un si vain complot ils n'auront que la honte De l'avoir entrepris — RACAN, 2e psaume.
- De l'aller voir Amour n'eut à mépris — LA FONT., Cuvier.
Faire mépris, traiter avec mépris.
- Elle craint toutefois L'ordinaire mépris que Rome fait des rois — CORN., Pomp. III, 3
- Je n'ignore non plus que votre âme plus saine.... Rejette les conseils, en dédaigne le prix, Et fait de ces grandeurs un généreux mépris — ID., Théod. II, 4
1 autre citation
- Vous pouvez aisément connaître le mépris qu'ils [les chrétiens] font des richesses — BOSSUET, 2e sermon, Pentec. 1
Tomber dans le mépris, tomber dans un état où on est méprisé.
- Et fille qui vieillit tombe dans le mépris — CORN., le Ment. II, 2
- Joas tombé dans le mépris — BOSSUET, Hist. I, 6
De mépris, avec mépris.
- Le trône, qu'à vos yeux j'ai traité de mépris — CORN., Tois. d'or, IV, 4
- Et traitant de mépris les sens et la matière — MOL., F. sav. I, 1
Le mépris de soi-même, le sentiment qui fait qu'on n'a pas d'estime pour soi-même.
- Ce sont deux sortes d'amours.... l'un est l'amour de soi-même poussé jusqu'au mépris de Dieu.... l'autre c'est l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi-même — BOSSUET, la Vallière.
- Ce n'est pas la mort que je crains, mais la honte d'en être digne, et le mépris de moi-même — J. J. ROUSS., Hél. I, 24
3 L'objet même du mépris.
- Que ta religion, que fonda l'imposture, Soit l'éternel mépris de la race future — VOLT., Fanat. V, 2
4 Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus des attachements ordinaires du cœur humain. Le mépris de la mort, des richesses. encore relevé aujourd’hui
- Ce mépris du malheur, si grand s'il avait coûté plus d'efforts, si héroïque s'il ne venait pas de la même source qui rend incapable des affections profondes — STAËL, Corinne, I, 3
5 Au plur. Il se dit de paroles ou actes de mépris. repris par le Wiktionnaire
- J'ai souffert sous leur joug cent mépris différents — MOL., Fem. sav. I, 2
- On dit des injures, des mépris, des rudesses, des cruautés, des querelles, des plaintes, des rages — SÉV., 20 oct. 1679
2 autres citations
- Je reconnais toujours vos injustes mépris — RAC., Mithr. III, 5
- Pouvez-vous d'un superbe oublier les mépris ? — ID., Phèd. III, 1
6 Au mépris de, loc. prépos. Sans avoir égard à.
- Au mépris de ta foi, tu veux détruire un homme Qui veut mourir pour elle [Carthage], ou triompher de Rome — MAIRET, Mort d'Asdrub. IV, 4
- Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord.... — BOILEAU, Art p. I
1 autre citation
- Il [Henri III] éprouva à ses dépens ce que c'est que commander sans pouvoir ; Guise, au mépris de ses ordres, vint à Paris — VOLT., Ess. guerr. civ. France.
En mépris de, loc. prépos. Par un sentiment de mépris pour. En mépris du devoir.
Proverbes
La familiarité engendre le mépris.
Il n'y a point de dette sitôt payée que le mépris.
Historique
XVIe s.
- Les Atheniens en conceurent une grande confiance d'eulx mesmes, et un grand mespris de leurs ennemis — AMYOT, Lysand. 17
- Au mespris de leur chef — MONT., I, 4
3 autres citations
- Le mespris de la mort — ID., I, 70
- Le mespris de la vie — ID., I, 83
- Avoir une chose à mespris — ID., III, 75
Étymologie
Substantif abstrait formé de mépriser (voy. ce mot). Mépris ne se trouve pas dans l'ancienne langue. Provenç. menespretz ; catal. menyspreu ; espagn. menosprecio ; portug. menospreço. Mesprisement a été dit quelquefois dans le XVIe siècle :
- Povreté, ignominie, mesprisement, affliction — CALV., Instit. 127
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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