désert

nature
nom masculin
diction
[dezɛʁ] · 2 syllabes
attesté
1080
usage
63 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. Zone peu ou pas peuplée.
    • Les troupes ont transformé les environs en un vaste désert, où il ne reste plus un habitant, plus une tête de bétail, plus un boisseau de grain. Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 96
  2. Lieu dans lequel on se trouve fort isolé, quoiqu’il ne manque pas d’habitants.
    • Durant les mois d’été, Paris est un désert.
  3. Zone peu, pas, ou pas suffisament peuplée d'une catégorie professionnelle.
    • Plus de 30 % des Français vivent dans un désert médical. PODCAST. Elles racontent leur vie dans un désert médical, Ouest France, 22 octobre 2024
  4. argot Déserteur.
2 emplois spécialisés
  1. Géographie Zone aride avec moins de 150 mm de pluie par an en moyenne, pourvue de très peu de végétation, d’animaux et d’êtres humains.
    • Pour un Français, le désert, ce sont les dunes du Sahara …. Nuit blanche nᵒ 168, automne 2022, p. 40
  2. Religion Lieu de retraite spirituelle, tel un couvent.
    • Elle était toute préparée, affirmait-elle, s’il le fallait, à se retirer au désert. René Boylesve, La leçon d’amour dans un parc, Calmann-Lévy, 1920, collection Le Livre de Poche, page 160

Adjectif 1

  1. Qui est inhabité ou qui n’est guère fréquenté.
    • Les rares villages qu’on traversait étaient quasi déserts. On ne trouvait dans les fermes et les isbas que quelques vieillards, parfois des enfants. Georges Blond, L’Agonie de l’Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, page 18

Citation

L'île était déserte, lorsque les Français y abordèrent en 1720 et changèrent son nom de Maurice en celui d'île de France qu'elle porte encore
Guillaume-Thomas Raynal, Hist. phil. IV, 20

Origine du mot

Du latin desertus (« désert, solitude »).

Dans le dictionnaire latin : desertus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

DÉSERT, ERTE1 adj. (dé-zêr, dé-zèr-t')

1 Qui est sauvage et sans habitants. Une campagne déserte. île déserte. encore relevé aujourd’hui

  • C'est un instinct commun à tous les êtres sensibles et souffrants de se réfugier dans les lieux les plus sauvages et les plus déserts — BERN. DE ST-P., Paul et Virg.
  • L'île était déserte, lorsque les Français y abordèrent en 1720 et changèrent son nom de Maurice en celui d'île de France qu'elle porte encore — RAYNAL, Hist. phil. IV, 20
3 autres citations
  • Une contrée déserte et inhabitée est la seule qu'on puisse s'approprier — ID., ib. VIII, 1
  • Tantôt sur les sommets de ces roches antiques, Tantôt aux bords déserts des lacs mélancoliques — LAMART., Méd. I, 5
  • Dans des sables brûlants, sur des rochers déserts — VOLT., Fanat. II, 4

Vide, dépeuplé.

  • Chiens, chasseurs, villageois s'assemblent pour sa perte.... C'est par là que de loups l'Angleterre est déserte — LA FONT., Fabl. X, 6

2Par exagération, très peu fréquenté. Rue déserte. Quartier désert. encore relevé aujourd’hui

  • Ces portiques, ces lieux que vous voyez déserts, De nombreux citoyens seront bientôt couverts — VOLT., Tancr. III, 3
  • Enfants infortunés d'une ville déserte.... — ID., Triumv. III, 1

Fig. Où n'est plus la personne, la chose qui faisait le charme du lieu.

  • Dans l'Orient désert quel devint mon ennui ! — RAC., Bérén. I, 4

3Terme d'ancienne pratique. Un appel était désert, quand celui qui l'avait interjeté ne l'avait pas relevé par lettres dans les trois mois.

Synonyme

DÉSERT, INHABITÉ. Le lieu inhabité est celui qui est sans habitants, sans habitations. Un lieu désert non-seulement est inhabité, mais encore offre à l'esprit quelque chose de sauvage, de reculé loin de toute culture et même de toute civilisation.

Historique

XIe s.

  • Puis [depuis] icel jour en fut cent ans deserte — Ch. de Rol. LII
  • De tels barons come ore [la France] maint [demeure] deserte ! — ib. CXXVI

XIIe s.

  • François mourront, desert iert [sera] li païs — Ronc. p. 42

XIIIe s.

  • Ele ert [était] en la forest toute la plus deserte — Berte, XXX

XIVe s.

  • ....La vertu moienne.... est innomée aussi comme se elle fust deserte — ORESME, Eth. 127

XVe s.

  • Il n'y auroit jamais nul recouvrer que nous et nos hoirs ne feussions destruits, et toute l'Angleterre deserte et en ruine — FROISS., II, II, 111

XVIe s.

  • Craignant de voir habiter en sa cité un desert [homme sans ressources] necessiteux et indigent, sans heritage ne maison — AMYOT, Arist. et Caton comp. 5
  • Lors il se trouvoit [Aratus] pauvre, desert et affligé, et en grand danger de sa propre personne — ID., Arat. 51
Étymologie

Bourguig. dézar ; provenç. et catal. desert ; espagn. desierto ; ital. deserto ; du latin desertus, de deserere, abandonner. Dans l'ancienne langue, désert avait sa signification complète et s'appliquait aux personnes dans le sens d'abandonné, de privé de.

DÉSERT2 s. m. (dé-zêr ; le t ne se lie pas : un dé-zêr affreux ; au pluriel, l's ne se lie pas : des dé-zêr affreux ; cependant quelques-uns lient : des dé-zêr-z affreux)

1 Lieu, pays sauvage et désert.

  • L'esprit de Dieu conduit Benoît au désert — MASS., Panég. St Benoît.
  • Quel climat, quel désert a donc pu te cacher ? — RAC., Esth. I, 1
5 autres citations
  • Les déserts autrefois peuplés de sénateurs Ne sont plus habités que par leurs délateurs — ID., Brit. I, 2
  • Étant partis d'Horeb, nous passâmes par ce grand et effroyable désert que vous avez vu — SACI, Bible, Deutéron. I, 19
  • Voici le plus beau désert qu'on puisse voir ; n'admirez-vous pas ces ruisseaux qui tombent des montagnes, ces rochers escarpés, et en partie couverts de mousse ? — FÉN., Dial. des morts mod. Léger, Ébroin.
  • De déserts en déserts errant, persécuté — VOLT., Mérope, V, 1
  • Ses sorties journalières [de Napoléon], qu'éclairait toujours un soleil brillant, dans lequel il s'efforçait de voir et de montrer son étoile, ne le distrayaient point ; au triste silence de Moscou morte se joignait celui des déserts qui l'environnent, et le silence encore plus menaçant d'Alexandre — SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 10

Fig.

  • Je ne me plais qu'avec le monde, et tout sans lui m'est un désert et m'ennuie — BOURD., Pensées, t. II, p. 393
  • Ils voudraient être au fond des déserts, mais ils n'ont pas la force de se faire un désert du monde lui-même — MASS., Profess. relig. Sermon 1
3 autres citations
  • Le seul qui m'entendît encore dans ce désert peuplé — STAËL, Corinne, XIV, 3
  • Ô toi qui m'apparus dans ce désert du monde, Habitante du ciel, passagère en ces lieux, ô toi qui fis briller dans cette nuit profonde Un rayon d'amour à mes yeux — LAMART., Médit. I, 17
  • J'ai vécu ; j'ai passé ce désert de la vie, Où toujours sous mes pas chaque fleur s'est flétrie — ID., ib. I, 18

2Par extension, lieu, pays peu habité, retiré. encore relevé aujourd’hui

  • Il n'y a rien ici, c'est un désert — SÉV., 161
  • Et parfois il me prend des mouvements soudains De fuir dans un désert l'approche des humains — MOL., Mis. I, 1
1 autre citation
  • Le seul bruit de leur approche fait un désert des contrées les plus habitées — RAYNAL, Hist. phil. V, 34

Par exagération. Faire un désert de sa maison, ne recevoir personne.

  • Je ne ferai point un désert de ma maison, parce qu'il s'y passe des choses qui me déplaisent comme à vous — DIDEROT, Père de famille, III, 7

Familièrement. Parler, prêcher dans le désert, n'être pas écouté.

Se retirer au désert, dans le langage de Port - Royal, s'enfermer dans une étroite retraite.

Aller entendre la parole de Dieu au désert, locution des protestants qui, après la révocation de l'édit de Nantes, se réunissaient dans des lieux écartés et déserts pour entendre le prêche, qui était interdit sous des peines très sévères.

3Fig. Absence complète, manque absolu.

  • Quel plan de philosophie plus simple [que celle de Platon] ! quelles vues plus nobles ! mais quel vide ! quel désert de spéculation ! — BUFFON, Animaux. Système de génération
Historique

XIIe s.

  • Auquant home s'en estoient alé el desert — Machab. I, 2
  • E li reis Sedechias s'enfuid par la champaine del desert — Rois, p. 434
3 autres citations
  • Et cest vin, que ces [ceux-là] en beivent qui se alasseront [lasseront] par aventure al desert — ib. 178
  • Deus enseverad [mit à part] le lignage Levi, et eslit et retint especialment à son servise del tabernacle, qui primes fud levez al desert de Sinaï — ib. 2
  • [Le mal] Que nous soufrons en cest desert sauvage — Ronc. p. 81

XIIIe s.

  • Or vois comme Fortune sert Çà jus en ce mondain desert — la Rose, 6366

XIVe s.

  • Ne tint voie ne sente li drommons soufisans, Vers Inde le [la] majour, es desers d'Abrahans — Baud. de Seb. X, 1065

XVIe s.

  • Ceulx de qui la mer, les montagnes et les deserts inhabitables ne peuvent arrester l'avarice — AMYOT, Pyrrh. 23
Étymologie

Provenç. et espagn. desert ; espangn. desierto ; ital. deserto ; du latin desertum (voy. DÉSERT 1).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « désert » du Wiktionnaire.

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