encens
- nature
- nom masculin
- diction
- [ɑ̃sɑ̃] · 2 syllabes
- usage
- 10 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
-
Espèce de résine aromatique dont on fait souvent usage, en la brulant, dans les cérémonies religieuses. Il s’agit souvent de d’une gomme-résine venant d’arbres thurifères du genre Boswellia.
- En religion, la fumée de l’encens symbolise la prière qui monte vers Dieu. Gauthier Vaillant, L’encens, journal La Croix, 20 septembre 2015, page 14-15
- Bâtonnet, cône, ou autres formes, constitués de matériaux végétaux combustibles et parfumés de manière à pouvoir dégager une odeur en brulant.
-
figuré Louange.
- La parole de Johnson agit sur lui comme les gestes d’un enchanteur ; elle captiva tout de suite cette âme adoratrice et servile qui cherchait un autel où brûler son encens. Julien Green, Samuel Johnson, dans Suite anglaise, 1972, Le Livre de Poche, pages 9-10
- Encens de Jacob : Autre nom du benjoin.
- Encens puant : Autre nom de l'absinthe.
- figuré Flatterie.
1 emploi spécialisé
- Parfumerie Huile essentielle extraite de la gomme d'un arbre de la famille des Térébenthinacées ou Burséracées originaires du pourtour de la mer Rouge (Somalie, Arabie), et utilisée depuis la plus haute Antiquité dans les cérémonies religieuses pour sa fumée odoriférante. Ses propriétés sont tonifiante et énergisante, anti-infectieuse des voies respiratoires, anti-inflammatoire, antidouleur et cicatrisante.
Citation
Puissent jusques au ciel vos soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens !
Origine du mot
Du latin incensum (« bûcher offert au dieu, holocauste »), dérivé de incendere qui donne incendie.
Dans le dictionnaire latin : incensum
1873 — le Littré
ENCENS s. m. (an-san ; l's se lie : un an-san-z agréable)
1 Nom vulgaire de la résine appelée, en matière médicale, oliban. L'encens croit dans l'Arabie et dans l'Inde.
- Les lieux où croît l'encens, où murmure l'abeille — DUCIS, Abufar, I, 5
2 Composition que l'on brûle comme parfum, particulièrement dans les cérémonies religieuses, mélange d'oliban et de gommes-résines communes. encore relevé aujourd’hui
- Que je vous dois d'encens, grands dieux qui m'exaucez ! — CORN., Hor. III, 2
- .... Mais depuis qu'en ces lieux Sa voix rend aux mortels les réponses des dieux, Et qu'il envoie au ciel les encens de nos temples — ROTR., Antig. v, 6
4 autres citations
- Grands dieux.... Je vous promets pourvu qu'il [un sanglier] ne m'attrape pas, Quatre livres d'encens.... — MOL., Prince d'Él. I, 2
- Il n'a pas daigné brûler de l'encens sur mes autels — FÉN., Tél. VIII
- Puissent jusques au ciel vos soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens ! — RAC., Esth. I, 2
- Qu'il est doux de voir sa pensée, Avant de chercher ses accents, En mètres divins cadencée, Monter soudain comme l'encens ! — LAMART., Harm. I, 1
Donner de l'encens, brûler de l'encens devant quelqu'un ou devant quelque chose, pour accomplir une cérémonie religieuse.
- Choisis de leur donner ton sang ou de l'encens [aux dieux du paganisme] — CORN., Poly. v, 2
3Fig. Hommage, louange, flatterie.
- Mais vous avez cent fois notre encens refusé — LA FONT., Fabl. X, 1
- Les flatteurs, par exemple, cherchent à profiter de l'amour que les hommes ont pour les louanges, en leur donnant tout le vain encens qu'ils souhaitent — MOL., l'Am. méd. III, 1
10 autres citations
- Et dont, à tout propos, les molles complaisances Donneraient de l'encens à mes extravagances — ID., Mis. II, 5
- Il allait porter son encens avec peine sur les autels de la fortune — FLÉCH., M. de Mont.
- L'on jette sans y penser quelques grains de l'encens qu'on doit à Dieu sur le monde — ID., Mar. Th.
- Vendre au plus offrant son encens et ses vers — BOILEAU, Sat. I
- Qui d'un indigne encens profanent tes autels — ID., Disc. au roi.
- Je ne puis, en esclave à la suite des grands, à des dieux sans vertus prodiguer mon encens — ID., ib.
- Les femmes adorées Reçoivent cet encens que l'on doit à vos yeux — VOLT., Zaïre, I, 1
- Alamon, c'est le nom de ce prince imbécile, Avalait cet encens — ID., Éd. d'un prince.
- Je viens à vos genoux en soupirs caressants D'un vers adulateur vous prodiguer l'encens — A. CHÉN., Élég. 38
- Brûlons-nous pour une coquette Un encens d'abord accueilli ? — BÉRANG., Vieillesse.
Un grain d'encens, un peu de flatterie.
Au plur.
- Ce que tu vaux est en toi-même ; Tu fais ton prix par tes vertus ; Tous les encens d'autrui sont encens superflus — CORN., Imit. II, 6
- Et ces hautes vertus que de vous il hérite Vous donnent votre part aux encens qu'il mérite — ID., Vict. du roi.
4 autres citations
- Aux encens qu'elle donne à son héros d'esprit — MOL., F. sav. I, 1
- Pour moi je ne vois rien de plus sot à mon sens Qu'un auteur qui partout va gueuser des encens — ID., ib. III, 5
- Cet empire que tient la raison sur les sens Ne fait pas renoncer aux douceurs des encens — ID., ib. I, 1
- Ce soin que vous vouliez bien prendre de faire valoir nos bonnes intentions et nos services, de porter nos vœux et nos encens aux pieds du trône.... — FLÉCH., Compl. à M. de Châteauneuf
4Terme de botanique. Nom vulgaire du romarin officinal (famille des labiées), dit encore encensier.
Remarque
Sur ces vers de Corneille : Voltaire a prétendu qu'on ne pouvait pas dire encens au pluriel. La raison est qu'on ne compte pas l'encens, qu'on ne dit ni un ni deux encens, à moins qu'on ne veuille désigner des espèces différentes. Dans le sens général, ce mot n'a donc point de pluriel. Cependant il est certain aussi qu'au XVIIe siècle on ne faisait pas cette distinction, et qu'encens se disait très bien au pluriel pour louanges, flatteries. Aujourd'hui la distinction est établie, et on ne dit plus : brûler, offrir des encens, mais de l'encens.
- Mais quoique vos encens le traitent d'immortel, Cette grande victime est trop pour ton autel, — CORN., Mort de P. I, 1
Historique
XIIe s.
- Encontre lei [contre la loi] encens [il] volt offrir al altel — Rois, p. 391
- Plus soef olent [sentent] que encens ne piment — Ronc. p. 102
1 autre citation
- Del saint encens porter el temple s'enhardi ; Deus s'en ert [était] cureciez, de liepre le feri [frappa] — Th. le mart. 74
XVIe s.
- L'encens est un arbre qui croist en Arabie. - On sophistique l'encens avec resine de pin — PARÉ, XXVI, 15
- Herbe d'absinthe ou encens puant — FOUILLOUX, Fauconn. f° 28, dans LACURNE
Étymologie
Provenç. encens, ensens, ences, eces, esses ; catal. encens ; espagn. incienso ; portug. et ital. incenso ; du latin incensum, brûlé, de incendere, brûler (voy. INCENDIE).
Supplément au dictionnaire
ENCENS. Ajoutez :
5
- Arbre d'encens, plusieurs arbres produisant des résines, tels que les amyris, les bursera, les icica, etc. — BAILLON, Dict. de bot. p. 247
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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