excellence
- nature
- nom féminin
- diction
- [ɛksɛlɑ̃s] · 3 syllabes
- attesté
- 1101
- usage
- 40 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
Degré élevé de qualité.
- L’opinion de Rabbi Hillel comporte une méfiance à l’égard de l’idée messianique, à l’égard de la rédemption par le Messie : Israël attend une excellence plus grande que celle qui consisterait à être sauvé par un Messie. Emmanuel Lévinas, Difficile liberté: Essais sur le judaïsme, 1976
1 emploi spécialisé
-
Diplomatie
Appellation honorifique qu’on donne aux ambassadeurs, aux archevêques et évêques, et à certains autres prélats.
- J’ai exécuté les ordres de Votre Excellence.
Citation
L'excellence de la musique est dans le chant, et la mélodie en est l'âme
Origine du mot
Du latin excellentia, de excellens (« excellent »).
Dans le dictionnaire latin : excellentia
1873 — le Littré
EXCELLENCE s. f. (è-ksè-lan-s')
1 Éminent degré de qualité, en un genre. L'excellence d'un remède, d'un fruit. encore relevé aujourd’hui
- Digne de la grandeur et de l'excellence de l'homme — MASS., Car. Culte.
- L'excellence de la musique est dans le chant, et la mélodie en est l'âme — MARMONTEL, Élém. littér. Œuv. t. IX, p. 111, dans POUGENS
Familièrement. Avoir une grande idée de sa propre excellence, de l'excellence de son esprit, être infatué de soi, de son mérite.
Dans les colléges, lycées et pensions, prix d'excellence, prix unique décerné à l'élève qui s'est le plus distingué pendant toute la durée de l'année scolaire, dans toutes les branches d'étude réunies.
Dans les lycées de Paris, prix donné à l'élève qui a obtenu le plus de points dans les compositions durant les deux premiers trimestres de l'année ; prix dit aussi de semestre.
Par excellence, loc. adv. Au plus haut degré.
- Bien fait et beau par excellence — LA FONT., Pet. chien.
- Si le ciel t'eût, dit-il, donné par excellence Autant de jugement que de barbe au menton — ID., Fabl. III, 5
1 autre citation
- Sa mère Antonia disait d'un sot par excellence : il est plus bête que mon fils Claude — DIDEROT, Règne de Claude et Nér. I, § 16
Par excellence, se dit aussi pour marquer l'éminence d'une qualité dans une personne. Aristote a été appelé le philosophe par excellence.
- [Le roi de Perse] qu'elles [les nations grecques] appelaient le grand roi ou le roi par excellence — BOSSUET, Hist. III, 5
- On ne l'appelait [Agrigente] simplement que la grande ville par excellence — FÉN., Empéd.
On dit dans le même sens, Dieu est l'être par excellence.
Par excellence, se dit enfin pour désigner qu'un nom commun est pris pour un nom propre et particulier, tant la qualité dont il s'agit appartient à la chose, à la personne dont on parle. Chapeau se dit, par excellence, du chapeau de cardinal.
2 Titre qu'on donne aux ambassadeurs, aux ministres. encore relevé aujourd’hui
- Ils changeraient entre eux les simples Excellences, S'ils osaient, en des Majestés, — LA FONT., Fabl. XI, 5
Il se fait donner, on lui donne de l'Excellence, on l'appelle Votre Excellence.
Une Excellence, une personne qui a droit au titre d'Excellence.
- J'ai cru suivre un ami et non un protecteur, un homme et non une Excellence — P. L. COUR., Lett. I, 124
- Qu'est ceci ? dit d'un ton dur Une Excellence bretonne — BÉRANG., Messe du St-Esp.
En ce sens, on met des majuscules : Votre Excellence, Son Excellence.
On écrit aussi en abrégé V. E. pour Votre Excellence, S. E. pour Son Excellence.
Par plaisanterie, ce titre se donne à des gens qui n'ont aucune dignité.
- Ah ! te voilà ; bonjour, l'ami Frontin ; comment se porte Ton Excellence ? - Fort au service de la Vôtre, monsieur le chevalier — DANCOURT, les Curieux de Compiègne, sc. 1 et 2
Historique
XIIe s.
- Ta grant proesce e ta science E ta puissance e t'excellence [il] Prie et requiert, humles vers tei, Que li tienges [que tu lui tiennes] amor e fei — BENOIT, II, 4295
XIIIe s.
- L'eucellence de ta figure — RUTEB., II, 13
- S'il plaisoit à la très deboniere excellence le roy, tout cil qui seroient preudome et loyal, porroient estre tainturiers — Liv. des mét. 137
XIVe s.
- Vers heoyques sont dittiés des faiz et adventures de gens de très grant excellence — ORESME, Eth. 22
XVe s.
- Et vous plaise me vouloir pardonner, Se je n'escris devers vostre excellence, Comme je doy, en telle reverence Qu'il appartient.... — CH. D'ORL., Departie d'amour en ballade.
XVIe s.
- J'avois ouï dire que la plupart des Italiens estoient sujets à trois vices par excellence — MARG., Nouv. LI
- Entre toutes choses animées, l'homme est de la plus grande excellence — LANOUE, 496
1 autre citation
- D'altez ni d'excellence et autres mots nouveaux de nouvelle fabrique, le langage ni la franchise des François n'en estoit jadis infectée — SAINT-JULIEN, Mesl. hist. p. 595, dans LACURNE
Étymologie
Provenc. excellencia ; espagn. excelencia ; ital. eccellenzia ; du lat. excellentia, de excellens, excellent.
Supplément au dictionnaire
EXCELLENCE. Ajoutez : - REM. Depuis la chute du deuxième empire français (1870), les ministres ont renoncé à se faire donner le titre d'Excellence.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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