forge

nature
nom féminin
diction
[fɔʁʒ] · 1 syllabe
usage
9 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. Usine dans laquelle la fonte de fer est transformée en métal.
    • Toute forge qui ne produirait pas trois cents milliers de fer par an, ne vaudrait pas la peine d’être établie ni maintenue. Georges Louis Leclerc, Min. t. IV, page 108, dans POUGENS. — cité par Littré
  2. Haut-fourneau où le minerai est réduit en fonte.
  3. Fourneau, atelier où les métaux se travaillent au feu et au marteau.
    • De grosses mains faites pour souffler la forge. Jean-Jacques Rousseau, Émile III
  4. Métier ou industrie de la transformation des métaux.
    • Dans cette France de la IIIᵉ République, l’avenir de l'économie s'écrit en grande partie dans les Ardennes. Les start-up de l’époque se dénichent dans la sidérurgie ou la forge. Les entrepreneurs les plus en vue se nomment Deville ou Wendel. Thibaut de Jeagher, L'Usine nouvelle a 120 ans, dans L'Usine nouvelle, nᵒ 3266, 15 décembre 2011, page 8
  5. Atelier d’un maréchal-ferrant.
    • On attaquerait la roche à la masse afin d'épargner les burins, car il n'y avait pas de forge pour les recharger. Michel Michellod, « La promesse de Dago conte de Noël) », dans les Échos de Saint-Maurice, 1958, tome 56, page 310
  6. vieilli Pierre de liais sur laquelle on bat le plomb à froid.
1 emploi spécialisé
  1. Forgeage Atelier et équipement de façonnage à chaud des métaux, par martelage ou par pressage.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de forger.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de forger.
    • Après une période d’occupations trop banales à son gré, il forge cette expression, pour signifier la durée de son accablement : "Je n’ai pas déséreinté.” Lyautey écrivain 1854-1934, 1976, page 57
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de forger.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de forger.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de forger.

Citation

Toute forge qui ne produirait pas trois cents milliers de fer par an, ne vaudrait pas la peine d'être établie ni maintenue
Buffon, Min. t. IV, p. 108, dans POUGENS

Origine du mot

Du latin fabrica qui donne aussi fabrique. Le \a\ s’est conservé dans quelques formes romanes, et, chez nous, dans le nom propre, Lafarge, qui équivaut à la Forge. Forges, nom d’une localité en Normandie, s'est dit en latin Fabriciae, dans un texte de 790, Forges, hameau de l’arrondissement de Loches, est dit fabricae ; dans une charte de 1286 — (Bibl. des chartes, 4e série, t. IV, page 158) le carrefore des forges est en latin bivium fabricarum. Forge est la forme presque régulière pour fabrica ; il n'y a d’irrégulier que la chute du \b\ mais, -ica se rendant par -ge (→ voir pedica, piège), le \b\ est devenu incompatible : il ne pouvait y avoir *fabrge, et le \b\ est tombé.

Dans le dictionnaire latin : fabrica

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

FORGE s. f. (for-j')

1 Usine dans laquelle la fonte de fer est transformée en métal. Un maître de forge. repris par le Wiktionnaire

  • Toute forge qui ne produirait pas trois cents milliers de fer par an, ne vaudrait pas la peine d'être établie ni maintenue — BUFF., Min. t. IV, p. 108, dans POUGENS
  • Les intérêts particuliers se réunirent pour représenter que les cent neuf forges qui travaillaient en Angleterre, sans y comprendre celles d'Écosse, produisaient annuellement dix-huit mille tonnes de fer, et occupaient un grand nombre d'ouvriers habiles — RAYNAL, Hist. phil. XVIII, 30

2 Fourneau, atelier où les métaux se travaillent au feu et au marteau. Forge de serrurier, d'orfévre. repris par le Wiktionnaire

  • De grosses mains faites pour souffler la forge — J. J. ROUSS., Ém. III

Il ronfle comme un soufflet de forge, il ronfle très fort.

Terme de marine. Forge volante, petite forge de tôle, avec l'enclume, le soufflet, etc. qu'on prend à bord des grands bâtiments de guerre.

Fig. Cet ouvrage sort de la forge, est encore tout chaud de la forge, il a été achevé tout récemment, il sort des mains de l'auteur.

  • Lorsqu'ils [les journalistes] s'imposent la loi de ne parler que des ouvrages encore tout chauds de la forge — MONTESQ., Lett. pers. 108

3Particulièrement. Atelier d'un maréchal ferrant. Mener un cheval à la forge. encore relevé aujourd’hui

Forge de campagne, petite forge portative, avec les outils, qui sert aux maréchaux ferrants dans les armées en marche.

4 Fine forge, houille menue, mais grasse. non relevé aujourd’hui

5 Pierre de liais sur laquelle on bat le plomb à froid. repris par le Wiktionnaire

Synonyme

FORGE, HAUT FOURNEAU. Le haut fourneau est l'usine où le minerai est réduit en fonte ; la forge est l'usine où la fonte est transformée en fer.

  • Si dans une même usine on réduit le minerai en fonte, et celle-ci en métal, cette usine prend le nom de forge, quoique sa partie appelée forge soit exclusivement réservée à forger la fonte, c'est-à-dire à la battre avec un marteau pour la transformer en métal — LEGOARANT
Historique

XIIIe s.

  • Nus orfevres ne puet ouvrir sa forge au jour d'apostele — Liv. des mét. 39
  • Nature, qui pensoit des choses Qui sont dessous le ciel encloses, Dedens sa forge entrée estoit, Où toute s'entente metoit à forgier singulieres pieces Por continuer les espieces — la Rose, 16097
2 autres citations
  • Car Vulcanus si lais estoit, Et si charbonnés de sa forge — ib. 14069
  • Nous voulons que la forge de deiz [des dés] soit deffendue par tout nostre royaume — JOINV., 295

XVe s.

  • Je, Jean Froissart.... me suis de nouveau reveillé et entré dedans ma forge pour ouvrer et forger en la haute et noble matiere de laquelle du temps passé je me suis ensoigné — FROISS., III, IV, 1
  • Robes de nouvelle forge [façon] — EUST. DESCH., Poésies mss. f° 497
1 autre citation
  • Bailler ses faiz, ou les escripre Sans forge [sans controuver].... — EUST. DESCH., ib. f° 414

XVIe s.

  • Le souphre est grandement ennemy de la forge d'argent — PALISSY, 54
  • Gens de bonne forge — COTGRAVE
Étymologie

Wallon, fôge ; provenç. et catal. farga ; espagn. forja, fraga ; portug. forja ; piémontais, forgia ; du latin fábrica, avec l'accent sur fá (voy. FABRIQUE). L'a s'est conservé dans quelques formes romanes, et, chez nous, dans le nom propre, la Farge, qui équivaut à la Forge. Ce qui achève de démontrer cette étymologie, c'est que Forges, nom d'une localité en Normandie, est dit en latin Fabriciae ; que dans une charte de 1286 (Bibl. des chartes, 4e série, t. IV, p. 158) le carrefore des forges est en latin bivium fabricarum ; et que, dans un texte de 790, Forges, hameau de l'arrondissement de Loches, est dit fabricae. Quelque différents que soient les deux mots, il ne reste pas de doute sur l'étymologie. Forge est la forme presque régulière pour fabrica ; il n'y a d'irrégulier que la chute du b ; mais, ica se rendant par ge (pedica, piége), le b est devenu incompatible ; il ne pouvait y avoir fabrge, et le b est tombé.

Supplément au dictionnaire

FORGE. Ajoutez :

6Fig. Création, fabrique.

  • Cet argument n'est pas avoué des stoïques, il est de la forge des péripatétiques — MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.
  • Que sont-ce ces contrats, ces papiers de compte, sinon des maux volontaires partis de notre forge ? — ID., ib.
1 autre citation
  • Il n'y a point de meilleure forge de nouveaux mots que la comédie — BAYLE, Dict. Poquelin, note D.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « forge » du Wiktionnaire.

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