glas

nature
nom masculin
diction
[ɡla] · 1 syllabe
attesté
1140
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Sonnerie d’une cloche qui tinte, annonçant l’agonie ou la mort d’une personne.
    • J’entends toujours ce glas, toujours j’entends le curé me dire en pleurant : « Pauvre petit diable ! », et je revois le bedeau et ses tintenelles, les chantres et leurs chapes. Octave Mirbeau, Contes cruels: Mon oncle
  2. figuré Annonce de la fin de quelque chose.
    • Et ce mot, obstinément répété sur un ton presque solennel, sembla à Jacques le glas funèbre de sa jeunesse. Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902

Citation

La plume échappe de sa main ; il [l'athée] écoute avec effroi le glas de la mort
Chateaubriand, Génie, IV, I, 1

Origine du mot

Du latin classicum (« sonnerie de trompettes ») devenu *classum en latin populaire. La sonorisation du \k\ en \ɡ\ s’explique par l’assimilation avec le \l\ suivant (consonne sonore).

Dans le dictionnaire latin : classicum

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

GLAS s. m. (glà ; l's se lie : le glâ-z attristant)

Son d'une cloche qu'on tinte pour annoncer la mort ou l'agonie de quelqu'un. encore relevé aujourd’hui

  • La plume échappe de sa main ; il [l'athée] écoute avec effroi le glas de la mort — CHATEAUB., Génie, IV, I, 1
  • Nul temple n'a gémi dans nos villes ; nul glas N'a passé sur nos fronts criant : hélas ! hélas ! — V. HUGO, Voix, 2

Par extension.

  • Quand la cloche des ténèbres Balance ses glas funèbres — LAMART., Harm. II, 1
  • De toutes les heures.... Aucune à l'oreille insensible Ne sonne d'un glas plus terrible Que ce dernier coup de minuit — ID., ib. IV, 4

Se dit des salves d'artillerie tirées aux funérailles d'un souverain ou d'un militaire élevé en grade.

Remarque

On a dit glais dans le XVIIe siècle, et Richelet le préfère à glas.

Historique

XIIe s.

  • N'out chapelle en la ville où il eüst clochier, Où li glas nen sonnast por le roy essaucier — WACE, dans DU CANGE, classicum.
  • Encontre les reis solt um [on a coutume] faire glas soner, E la processiun encontre els asembler, E dedenz le mustier à grant honur mener — Th. le mart. 160
1 autre citation
  • E à la nue terre se culchant en ses dras, Tant qu'il oeit del saint [cloche] u l'apel u le glas — ib. 102

XIIIe s.

  • Et les cordes corut saisir, Les sains sone de grant aïr à glaz, à treble, à carenon — Ren. 3341
  • Chlaz — Trist. II, 80

XIVe s.

  • Aucune fois trouveras tu que l'en fet mention de clas ou [au] defaut de la lune ; et sachiez que anciennement, quant la lune failloit, les femmes et les enfans couroient par les villes à bacins et à sonnetes fesans grans sons, et leur sembloit que la lune, qui estoit près de mourir, se resuscitoit à leurs sonnetes ; si apeloient celle feste le clas de la lune — BERCHEURE, f° 2
  • Le consul a fet fere silence en sonnant le clas à ce acoustumé — ID., f° 44, recto

XVe s.

  • Et le bon comte de Douglas, Avec qui j'ai mené grant glas — FROISS., Buisson de jeunesse.
Étymologie

Bourg. clas ; prov. clas ; ital. chiasso ; du lat. classicum, signal avec la trompette, de classicus, qui est relatif à une classe, à une réunion, de classis, une certaine partie du peuple romain (voy. CLASSE). Le classicum était proprement un signal de trompette pour réunir, rassembler. Le nom de ce signal a passé à une sorte de sonnerie. On trouve aussi glas pour aboiement, grand bruit ; dans le sens d'aboiement, c'est le même que le provençal glat qui a ce sens et tient au verbe glatir (voy. GLAPIR).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « glas » du Wiktionnaire.

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