gronder
- nature
- ver
- diction
- [ɡʁɔ̃de] · 2 syllabes
- usage
- 6 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 4
-
Faire entendre un bruit sourd, en parlant des animaux, ou des éléments.
- L'eau est encaissée entre deux rives escarpées et chante ou plutôt gronde sa liberté. Correspondance de Rodolphe Lemieux (1907), citée dans René Castonguay, Un diplomate à la découverte du Japon, Québec, Septentrion, 2018, page 51
-
vieilli Murmurer ; se plaindre ; grommeler.
- Grondant quelques paroles. Régnier, Satire 10
-
figuré Menacer ; exprimer des menaces.
- Les colères entassées fermentant dans le silence depuis vingt ans, grondaient de toutes parts ; la pensée se déchaînait, les livres qui d’ordinaire n’entraient en France que secrètement, commençaient à s’éditer à Paris. Louise Michel, La Commune, Paris : P.-V. Stock, 1898, page 10
-
Réprimander un enfant ou un employé.
- Un instant, dans sa détresse, elle songea à tout confesser à son grand-père. Il la gronderait doucement, mais sans doute, il la comprendrait. Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l’Amour et de la Mort", 1940
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je gronde
- tu grondes
- il gronde
- nous grondons
- vous grondez
- ils grondent
Imparfait
- je grondais
- tu grondais
- il grondait
- nous grondions
- vous grondiez
- ils grondaient
Passé simple
- je grondai
- tu grondas
- il gronda
- nous grondâmes
- vous grondâtes
- ils grondèrent
Futur simple
- je gronderai
- tu gronderas
- il grondera
- nous gronderons
- vous gronderez
- ils gronderont
Passé composé
- j'ai grondé
- tu as grondé
- il a grondé
- nous avons grondé
- vous avez grondé
- ils ont grondé
Plus-que-parfait
- j'avais grondé
- tu avais grondé
- il avait grondé
- nous avions grondé
- vous aviez grondé
- ils avaient grondé
Passé antérieur
- j'eus grondé
- tu eus grondé
- il eut grondé
- nous eûmes grondé
- vous eûtes grondé
- ils eurent grondé
Futur antérieur
- j'aurai grondé
- tu auras grondé
- il aura grondé
- nous aurons grondé
- vous aurez grondé
- ils auront grondé
Subjonctif
Présent
- je gronde
- tu grondes
- il gronde
- nous grondions
- vous grondiez
- ils grondent
Imparfait
- je grondasse
- tu grondasses
- il grondât
- nous grondassions
- vous grondassiez
- ils grondassent
Passé
- j'aie grondé
- tu aies grondé
- il ait grondé
- nous ayons grondé
- vous ayez grondé
- ils aient grondé
Plus-que-parfait
- j'eusse grondé
- tu eusses grondé
- il eût grondé
- nous eussions grondé
- vous eussiez grondé
- ils eussent grondé
Conditionnel
Présent
- je gronderais
- tu gronderais
- il gronderait
- nous gronderions
- vous gronderiez
- ils gronderaient
Passé
- j'aurais grondé
- tu aurais grondé
- il aurait grondé
- nous aurions grondé
- vous auriez grondé
- ils auraient grondé
Impératif
Présent
- gronde
- grondons
- grondez
Passé
- aie grondé
- ayons grondé
- ayez grondé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- gronder
- Participe présent
- grondant
- Participe passé
- grondé
Citation
Tandis que dans un coin, en grondant je m'essuye, Souvent, pour m'achever, il survient une pluie
Origine du mot
: Grondre, grondir. Du latin grundire, variante de grunnire (« grogner »). (Vers 1230) Gronder.
Dans le dictionnaire latin : grundire
1873 — le Littré
GRONDER v. n. (gron-dé)
1 Faire entendre une voix sourde et menaçante, en parlant des animaux. Le chien se mit à gronder. encore relevé aujourd’hui
2Par extension, murmurer, se plaindre entre ses dents, en parlant des hommes. encore relevé aujourd’hui
- Grondant entre mes dents, je barbote une excuse — RÉGNIER, Sat. x
- Tandis que dans un coin, en grondant je m'essuye, Souvent, pour m'achever, il survient une pluie — BOILEAU, Sat. VI
2 autres citations
- Tant que le jour est long, il gronde entre ses dents — REGNARD, Fol. am. I, 1
- Mais le sévère satirique [Boileau] Embrassait, encore en grondant, Cet aimable et tendre lyrique [Quinault], Qui lui pardonnait en riant — VOLT., Temple du Goût.
Activement.
- Grondant quelques paroles — RÉGNIER, Sat. x.
- Souvenez-vous bien de venir avec cet air qu'on nomme le bel air, peignant votre perruque, et grondant une petite chanson entre vos dents, la, la, la, la — MOL., Impr. sc. 3
3 Faire un bruit sourd, en parlant des choses. encore relevé aujourd’hui
- Ce n'est pas en vain qu'il [Dieu] lance le foudre, ni qu'il fait gronder son tonnerre — BOSSUET, 2e serm. Purific. 1
- Les vents grondent, les flots se soulèvent — ID., Sermons, Église, 1
5 autres citations
- Dieu permit aux vents et à la mer de gronder et de s'émouvoir, et la tempête s'éleva — FLÉCH., le Tellier
- La mer grondait sourdement — FÉN., Tél. VI
- Un bruit redoutable Gronde dans les airs ; Un voile effroyable Couvre l'univers — J. B. ROUSS., Cantate, Circé
- Adieu, chansons ! mon front chauve est ridé ; L'oiseau se tait ; l'aquilon a grondé — BÉRANG., Adieu chansons
- Au milieu de ces préparatifs et dans l'instant où Napoléon passait en revue, dans la première cour du Kremlin, les divisions de Ney, tout à coup le bruit se répand autour de lui que le canon gronde vers Winkowo — SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 11
Fig.
- Durant ces troubles [les guerres des Hussites], des gens de métier qui commençaient à gronder dès le règne précédent, se mirent plus que jamais à parler entre eux de la réforme de l'Église — BOSSUET, Var. XI, 173
- Dès qu'on ouït gronder l'orage qui vient de fondre sur l'Empire et la Hongrie, n'ajouta-t-elle pas à ses dévotions ordinaires une heure d'oraison par jour ? — FLÉCH., Mar.-Thér.
4 V. a. Réprimander avec quelque humeur dans le ton, dans les paroles. encore relevé aujourd’hui
- Hé, ma fille, comme vous voilà faite ! Mme de la Fayette vous grondera comme un chien : coiffez-vous demain pour l'amour de moi — SÉV., 124
- Je repassai chez Mme de Coulanges ; on me gronde de m'en revenir — ID., 307
3 autres citations
- Une mère qui l'observe, qui la gronde, qui croit la bien élever en ne lui pardonnant rien — FÉN., Éduc. filles, chap. 2
- Je vous ai toujours aimé, et ne vous ai jamais manqué ; je suis en droit, par mon amitié, de vous gronder vivement, de vous reprocher votre humeur avec moi — VOLT., Lett. Maupertuis, 28 mai 1741
- J'aime mieux gronder mes jardiniers que de faire ma cour aux rois — ID., Lett. Thiriot, 9 août 1756
Absolument.
- Cependant laisse ici gronder quelques censeurs — BOILEAU, Épît. VII
- Dites-leur combien il y a de petitesse d'esprit et de bassesse à gronder pour un potage mal assaisonné, pour un rideau mal plissé, pour une chaise trop haute ou trop basse — FÉN., Éduc. filles, chap. 11
5 Se gronder, v. réfl. Se faire à soi-même une réprimande. encore relevé aujourd’hui
- Je me gronde bien de ma paresse, mon cher et aimable ami ; mais j'ai été si indignement occupé de prose depuis un mois, que j'osais à peine vous parler de vers — VOLTAIRE, Lett. Helvétius, 20 juin 1741
- Laissez-le seul [le mécontent], il se gronde lui-même — DELILLE, Conversation, II
Se gronder, se gronder l'un l'autre. Ils sont toujours à se quereller, à se gronder.
Historique
XIIe s.
- Ne faire eissillier [ruiner] le païs, Que sans contraire as tot conquis ; Ne trouveras jà qui t'i gronde, E qui le tot ne t'i esponde [remette] — BENOIT, II, 14796
- Isnelement font sans effroi Tout son comant li escuier, Mais sans grondre et sans enuier, De ce qu'il rueve s'entremettent — la Charrette, 6758
XIIIe s.
- Ne set li las un mot repondre, Ne contre lui nen ose groindre — Ren. 12590
- Chascun a la teste enchinée ; N'i ot un seul qui osast grondre, Li uns lest à l'autre respondre — ib. 17926
3 autres citations
- Si que il [les maris] n'osent un tout seul mot grondir — Hist. lilt. de la Fr. t. XXIII, p. 525
- Une fontaine nest en mon champ ; je la met par mon champ et li done à boivre ; mi voisin desoz en grondent ; et l'en dit que ne le puis fere — Livre de just. 142
- Une roche est en mer seans, Contre qui la mer gronde et tance — la Rose, 5947
XIVe s.
- [Je] Ne sai comment il mort, mais bien sai qu'il scet grondre — Girart de Ross. V. 1115
XVIe s.
- Ne marmottoit-elle pas des oraisons à l'oreille de l'enfant. ....L'enfant ne disoit que ce qu'elle lui grondoit dans l'oreille — D'AUB., Faen. II, 10
- Les chiens de garde que nous voyons souvent gronder en songeant — MONT., II, 200
Étymologie
Provenç. grondir ; du lat. grundire, forme parallèle à grunnire, grogner.
- On trouve aussi dans le XIIe siècle grundiller — Lib. psalm. p. 55
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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