ivraie

nature
nom féminin
diction
[ivʁɛ] · 2 syllabes
usage
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Sens et définitions

Nom 3

  1. Graminée particulièrement nuisible aux céréales et provoquant une espèce d'ivresse.
    • Elle marchait sur les genoux, arrachant activement l’ivraie qu’elle jetait dans un couffin. Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871
  2. Ivraie enivrante.
    • Les plantes les plus nuisibles aux céréales d'hiver sont la darnette ou ivraie, la rougette ou mélampyre et les chardons. Notice sur le département des Ardennes, dans Les Primes d'honneur, les médailles de spécialités et les prix d'honneur des fermes-écoles décernés dans les concours régionaux en 1870, Ministère de l'agriculture et du commerce (France)/Paris: Imprimerie nati
  3. Graine de cette adventice.
    • J’ai peur que chez vous le bon grain ne se change en ivraie. George Sand, Valentine, 1832

Citation

Quand je me suis tué à Paris pour composer des poëmes épiques, des tragédies et des histoires, je n'ai recueilli que de l'ivraie
Voltaire, Lett. Clairaut, 19 août 1759

Origine du mot

Du latin populaire ebriaca, « qui est ivre », car les graines de l’ivraie sont légèrement enivrantes. → voir lolium, son nom en latin classique.

Dans le dictionnaire latin : ebriaca

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

IVRAIE s. f. (i-vrê)

Plante annuelle, commune dans les champs cultivés, et de la famille des graminées (lolium temulentum, L.) non relevé aujourd’hui

  • . Ce serait une expérience curieuse que d'élever une suite de générations d'ivraie dans une terre à froment, que l'on cultiverait chaque année avec soin ; on verrait si l'ivraie parviendrait par là à se rapprocher insensiblement du blé — BONNET, Us. feuilles plantes, 4e mém.

Fig. Recueillir de l'ivraie, être mal payé de ses peines.

  • Quand je me suis tué à Paris pour composer des poëmes épiques, des tragédies et des histoires, je n'ai recueilli que de l'ivraie — VOLT., Lett. Clairaut, 19 août 1759

Fig.

  • Jeune homme, tu fus lâche, imbécile et méchant, Nous ne te plaindrons pas ; lorsque le soc tranchant A passé, donne-t-on une larme à l'ivraie ? — V. HUGO, Chants du crépuscule, XII

Fig. L'ivraie et le bon grain, la mauvaise doctrine et la bonne, les bons et les méchants.

  • La sagesse de Dieu n'a permis le mélange de l'ivraie et du bon grain, des bons et des méchants dans l'Église, que pour ménager aux uns et aux autres des moyens de conversion, ou des occasions de mérite — MASS., Carême, Mélange.
  • Un champ arrosé de son sang divin devrait-il encore produire l'ivraie avec le bon grain ? — ID., Carême, Mélange.

Arracher l'ivraie, extirper les mauvaises doctrines.

  • L'hypocrisie, dit ingénieusement saint Augustin, est cette ivraie de l'Évangile que l'on ne peut arracher sans déraciner en même temps le bon grain — BOURDAL., 7e dim. après la Pentec. dominic. t. IU, p. 51
  • Les serviteurs du père de famille.... lui demandent qu'il leur permette d'aller arracher l'ivraie — MASS., Carême, Mélange.
  • On ne doit pas arracher témérairement l'ivraie [c'est-à-dire il faut apporter de la mesure dans les réformes des abus] — DUCLOS, Consid. mœurs, ch. 2

Séparer l'ivraie d'avec le bon grain, c'est-à-dire séparer la mauvaise doctrine d'avec la bonne, ou les méchants d'avec les bons.

Historique

XVIe s.

  • Yvroie, ab ebrietate, pour ce que le pain d'ivroie enivre — ROBERT EST., Dict. fr.
  • Il [le zèle religieux] se change en haine et envie, et produict, au lieu du froment et du raisin, de l'yvroye et des orties, quand il est conduict d'une passion humaine — MONT., I, 399
Étymologie

Provenç. abriaga ; du lat. ebriācus, ivre, à cause de l'espèce d'ivresse que cause l'ivraie.

Supplément au dictionnaire

IVRAIE. - HIST. Ajoutez :

Xe s. Cette forme ivrea, dit M. Boucherie, est un romanisme ; elle est intéressante, en outre, parce qu'elle permet d'affirmer que l'auteur, ou tout au moins le transcripteur de ces commentaires, écrivait dans une province de langue d'oïl ; en effet, s'il avait parlé un dialecte de langue d'oc, il aurait préféré abriaga.

  • Lolium herba messibus contraria, vulgo dicitur ivrea, niela — BOUCHERIE, Revue des langues romanes, t. VI, p. 458

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ivraie » du Wiktionnaire.

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