las

nature
adj masculin
diction
[la] · 1 syllabe
usage
32 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. Pelle en bois utilisée par les sauniers. absent du Littré
  2. Onzième lettre de l’alphabet géorgien, ka. absent du Littré
1 emploi spécialisé
  1. Agriculture Endroit de la grange où l'on stocke la récolte de céréale. Lassière.

Adjectif 2

  1. Qui éprouve trop de fatigue pour continuer une chose commencée ou même pour la commencer.
    • Que mes pieds soient las, il n’importe, je dois errer. Marguerite Burnat-Provins, Le Livre pour toi dans la bibliothèque Wikisource , LXXXV. « J’ai traversé cette plaine », E. Sansot et Cie, 1907, page 176
  2. Qui est importuné jusqu’au dégoût par quelqu’un ou par quelque chose.
    • Il est las de la vie.

Interjection 1

  1. vieilli Hélas.
    • Las. Aucune expérience ayant vu le jour dans ce secteur n’a duré. Marie de Vergès, En Afrique, les espoirs déçus du « cash-to-goods », Le Monde. Mis en ligne le 15 décembre 2019

Citation

Ma foi, me trouvant las.... Je me suis doucement assis sur ce nuage
Molière, Amph. prologue.

Origine du mot

Du latin lassus (« harassé, fatigué, épuisé »). (adjectif)

(Nom) Du latin locus (« endroit, lieu »), exactement manipulorum locus, c'est à dire lendroit où l'on range les gerbes

Dans le dictionnaire latin : lassus, locus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

LAS, LASSE1 adj. (lâ, lâ-s')

1 Qui éprouve le sentiment de la lassitude. encore relevé aujourd’hui

  • Ma foi, me trouvant las.... Je me suis doucement assis sur ce nuage — MOLIÈRE, Amph. prologue.
  • Sied-il bien à des dieux de dire qu'ils sont las ? — ID., ib.
1 autre citation
  • On va bien loin, dit-on, quand on est las : mais, quand on a les jambes rompues, on ne va plus du tout — SÉV., 5 oct. 1671

Par extension.

  • Ce déplorable chef du parti le meilleur, Que la fortune lasse abandonne au malheur — CORN., Pomp. I, 1
  • Il [Napoléon] fatigua la victoire à le suivre ; Elle était lasse, il ne l'attendit pas — BÉRANG., Cinq mai.

Las de, à qui telle ou telle chose fait éprouver le sentiment de lassitude. Être las de marcher.

Populairement. Un las d'aller, un fainéant.

  • Ce rogneux las d'aller [un chien galeux] se frottait à mes bas — RÉGNIER, Sat. X

Las d'aller est un personnage de Rabelais.

Las d'aller, nom vulgaire du héron butor.

2 Dégoûté, ennuyé de quelque chose que ce soit.

  • Obéissons, madame, à ce peuple sans foi, Qui, las de m'obéir, en [de Nicomède] veut faire son roi — CORN., Nicom. V, 5
  • Il y court [à Surate] ; les mers étaient lasses De le porter — LA FONT., Fabl. VII, 12
9 autres citations
  • À dire vrai, nous nous incommodons étrangement l'un et l'autre, et, si vous êtes las de me voir, je suis bien las aussi de vos déportements — MOL., D. Juan, IV, 6
  • Il [M. de Barrillon] est souvent chez Mme de la Fayette et chez Mme de Coulanges ; il disait à cette dernière l'autre jour : Ah ! madame, que votre maison me plaît ! j'y viendrai bien les soirs, quand je serai las de ma famille. - Monsieur, lui dit-elle, je vous attends demain — SÉV., 24 janv. 1689
  • Pylade, je suis las d'écouter la raison — RAC., Andr. III, 1
  • C'est trop gémir tout seul ; je suis las qu'on me plaigne — ID., Andr. III, 1
  • Las de se faire aimer, il veut se faire craindre — ID., Brit. I, 1
  • Lasse enfin d'elle-même et du jour qui l'éclaire — ID., Phèdre, I, 1
  • Lasse de vains honneurs et me cherchant moi-même — ID., Esth. I, 1
  • Je suis las du pouvoir — VOLT., Alz. I, 1
  • Il [Cromwell] vint heureusement dans le temps où l'on était dégoûté des rois ; et son fils dans le temps où l'on était las d'un protecteur — ID., Dict. phil. Charlatan.

Fig. Faire quelque chose de guerre lasse, voy. GUERRE.

Synonyme

LAS, FATIGUÉ. Au sens physique, las est plus général que fatigué. On est las soit que la lassitude soit produite par un exercice excessif, soit qu'elle se fasse sentir spontanément et sans exercice préalable ; au lieu qu'on n'est fatigué que par un excès de quelque exercice.

Historique

Xe s.

  • E eret [et il était] mult las — Fragm. de Valenc. p. 468

XIe s.

  • Qui mult est las, il se dort contre terre — Ch. de Rol. CLXXVIII

XIIe s.

  • Lasse, chetive [elle] se claime à genouillons — Ronc. 116
  • Dedenz quart jur après vint à Senz saint Thomas : à l'ostel s'en ala : car de l'errer ert las — Th. le mart. 57

XIIIe s.

  • Tant a fuï la lasse par un estroit sentier.... — Berte, XXXVIII
  • Las buef suef [doucement] marche, Ce dit li vilains — Prov. du vilain, ms. f° 74, dans LACURNE

XIVe s.

  • Je veoie le terme de ma lasse vie approucher — Chron de St-Denis, t. I, f° 23, dans LACURNE

XVe s.

  • Il n'est delit, joie, feste, soulas, Joustes, tournois, deduit, esbatement, De quoy chascuns ne soit à la foiz las, Combien que tout plaise au commencement — E. DESCH., Plaisirs de l'estude.

XVIe s.

  • Le peuple le receut et recueillit à grande joye, estant desjà las et ennuyé de Themistocles — AMYOT, Cim. 10
  • Protogenes.... ayant parfaict l'image d'un chien las et recreu — MONT., I, 254
Étymologie

Provenç. las ; esp. laso ; ital. lasso ; du lat. lassus, qui n'est qu'une forme plus assimilée de laxus (voy. LÂCHE).

LAS2 (là)

Interjection plaintive. encore relevé aujourd’hui

  • Las ! je n'ai que trop fui — CORN., Médée, I, 5
  • Las ! apprends en deux mots quelle crainte me presse — ROTR., Herc. mour. III, 4
1 autre citation
  • Où voulez-vous courir ? - Las ! que sais-je ? — MOL., Tart. V, 1
Historique

XIIe s.

  • Las ! quel amor à duel [deuil] est departie ! — Roncis. p. 263
  • Las ! pourquoi l'ai de mes yeus regardée ? — Couci, VI

XIIIe s.

  • Et quant la royne oÿ ce, elle commença à mener moult grant deul, et dit : Hé lasse ! ce ai-je tout fet — JOINV., 286
  • Lasse ! com j'ai trouvé gent mauvaise et amere — Berte, XVIII

XVIe s.

  • Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle [la rose] a dessus la place, Las, las, ses beautez laissé cheoir — RONS., à Cassandre.
Étymologie

Le même que las 1, comme le prouve l'accord que donnait l'ancienne langue à ce mot, quand c'était une femme qui se plaignait.

LAS3 s. m. (lâ)

Endroit de la grange dans lequel on resserre les grains.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « las » du Wiktionnaire.

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