longe

nature
nom féminin
diction
[lɔ̃ʒ] · 1 syllabe
usage
7 par million de mots

Sens et définitions

Nom 14

  1. Corde utilisée pour mener les animaux de ferme.
    • C’était là qu’il avait conduit les chevreaux, chacun ayant une longe de grosse ficelle nouée au cou. Charles Vildrac, Amadou le Bouquillon, 1949, page 3
  2. Courte corde utilisée en alpinisme, spéléologie, et dans des travaux en hauteur, servant à relier le baudrier à un point d’ancrage sécurisé.
  3. Partie d’un fouet fait en général de cuir tressé, qui prolonge le manche et auquel s’attache la mèche.
    • Les routes de tous les côtés claquent comme des longes de fouet à travers les vastes pâturages brunis de carex. Jean Giono, « Ce que je veux écrire sur la Provence… », 1939, dans Provence
  4. Longe de veau.
  5. argot Année de prison.
  6. argot Au tarot, nombre important de cartes d'une même couleur en main.
8 emplois spécialisés
  1. Équitation Longue corde pour le dressage des chevaux.
    • Murph attacha la longe du licou du cheval à un anneau de fer scellé dans le mur. Eugène Sue, Les Mystères de Paris, 1843
  2. Fauconnerie Petite corde ou lanière de cuir qu'on noue au pied de l'oiseau pour l'empêcher de s'envoler quand il n'est pas assuré.
    • Julien, dénouant ses longes, le lâchait tout à coup ; la bête hardie montait droit dans l’air comme une flèche. Gustave Flaubert, Trois Contes : La Légende de Saint Julien l’Hospitalier, 1877
  3. Marine Petite embarcation de bord.
  4. Boucherie La moitié de l’échine d’un veau, d’un chevreuil, ou d’un porc, depuis le bas de l’épaule jusqu’à la queue.
  5. Animaux d'agrément Lanière de cuir souple que l'on attache à la patte de l'oiseau de proie quand il n'est pas assuré sur sa perche.
  6. Courses hippiques et sports équestres Courroie de cuir, corde ou ruban de toile, de longueur variable, fixée au licol d'un cheval et permettant de le mener, de l'attacher, de le conduire à la main, ou de le faire travailler sur un cercle, autour d'un cavalier.
  7. Commerce extérieur Prélevée en tranchant à angle droite de l'échine, du côté interne de la cage thoracique, à partir du point d'où on a prélevé l'épaule jusqu'à environ 25 mm de l'extrémité du filet près de la cuisse. La coupe du flanc doit laisser un maximum de 12 cm de côte à partir de l'échine.
  8. Commerce extérieur (C200) Couenne et gras superflu enlevés. L'épaisseur de gras peut varier entre 6 et 12 mm, selon les spécifications de l'acheteur. absent du Littré

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de longer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de longer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de longer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de longer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de longer.

Citation

Une longe de veau de rivière, blanche, délicate, et qui, sous les dents, est une vraie pâte d'amande
Molière, Bourg. gent. IV, 1

Origine du mot

Du bas latin longea (« même sens »), lui même du latin longus (« long »).

Du latin populaire lumbea (« même sens »), lui même du latin lumbus (« lombe »).

Dans le dictionnaire latin : longus, lumbea

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

LONGE1 s. f. (lon-j')

1 Corde, ou forte lanière de cuir plus ou moins longue, destinée à attacher les animaux à l'écurie, au poteau, ou à les guider dans les premières opérations du dressage. Mener un cheval par la longe. Ce cheval marche sur sa longe. encore relevé aujourd’hui

Fig. et familièrement. Marcher sur sa longe, dans sa longe, s'embarrasser dans les mesures qu'on prend, dans les discours qu'on tient.

2Terme de manége. Corde d'une certaine étendue, placée à l'anneau du caveçon, et qui sert à tenir un cheval que l'on trotte sur les cercles. Trotter un cheval à la longe. encore relevé aujourd’hui

Donner dans les longes, dans les cordes, se dit d'un cheval qui travaille entre les deux piliers.

3 Lanière de cuir, tressée dans une partie de sa longueur, qui porte la mèche, dans les fouets de carrosse. encore relevé aujourd’hui

4Terme de fauconnerie. Petite lanière de cuir que l'on attache à la patte d'un oiseau de proie, quand il n'est pas assuré sur la perche. encore relevé aujourd’hui

Tirer à la longe, se dit de l'oiseau qui vole pour venir auprès de celui qui le gouverne.

Historique

XIIe s.

  • Sans faille, ce n'est pas mençonge, Bel-Acueil a trop longue longe — la Rose, 3588

XVe s.

  • Elle fist un enchantement tel qu'il fut advis au chevalier qu'il tensist [qu'il tînt] une couple de chiens par les longnes — Perceforest, t. III, f° 30

XVIe s.

  • Pour estendre leur longes [conquérir du païs], ils avoient à combatre la paucité et pauvreté, l'estonnement des chefs et des soldats, et plus encores celui des Rochelois — D'AUB., Hist. III, 37
  • ... ce que la vigne ne feroit, si, la laissant vaguer à l'aise, on lui donnoit les longes à sa ruine — O. DE SERRES, 172
1 autre citation
  • Nous louons.... un oyseau de son aile, non de ses longes et sonnettes — MONT., I, 324
Étymologie

Bas-latin, longia, lonza ; de longus, long.

LONGE2 s. f. (lon-j')

1 Portion de la colonne vertébrale et des muscles qui s'y attachent en dessus chez le veau et les petits animaux de boucherie, et aussi chez le chevreuil, prise depuis l'arrière de l'épaule jusqu'à la queue. encore relevé aujourd’hui

Particulièrement. Terme de boucherie. Longe de veau, partie du veau entre le cuisseau et les côtelettes de filet ; les rognons font partie de la longe, excepté une petite partie du côté du ventre.

  • Une longe de veau de rivière, blanche, délicate, et qui, sous les dents, est une vraie pâte d'amande — MOL., Bourg. gent. IV, 1
  • Nous remplîmes un grand sac de longes de veau, de jambons, de langues de bœuf — LESAGE, Guzm. d'Alf. II, 3

2Terme de vétérinaire. Prise de longe, voy. ENTAMURE.

Historique

XIIe s.

  • Lors [il] le comance à escorchier, Le cuir li fant desus la coste, De la longe un lardé li oste — Chev. au lyon, V. 3452

XIIIe s.

  • Or s'il me fait venir en haste Chevriaus, connins lardés en paste, Ou de porc au moins une longe.... — la Rose, 11956
  • Li quens Renaus.... en France ert [était] venus Pour mangier el [autre chose] que car [chair] de logne — PH. MOUSKES, 11298
1 autre citation
  • Et comme il se gisoit ilecques, la dite doleur [une douleur de tête] le prist el haterel [nuque], et li descendi en l'eschine et en la longe et en la cuisse et el genoil et en la jambe du senestre costé — Miracles St Loys, p. 134

XIVe s.

  • Les longes sont chars lacerteuses longitudinaus, et gisent jouste les deux costés des spondilles — H. DE MONDEVILLE, f° 29, verso
  • En la moitié de la poitrine de beuf, a quatre pieces, dont la premiere piece a nom le grumel ; en la longe a six pieces — Ménagier, II, 4
1 autre citation
  • Char de porc, la loigne en rost — Bibl. des ch. 5e série, t. I, p. 216
Étymologie

Wallon, logne ; esp. lonja ; du lat. fictif lumbea, dérivé de lumbus, les lombes.

LONGE3 s. f. (lon-j')

Embarcation, à bord d'un navire. encore relevé aujourd’hui

  • Le second s'embarqua dans la longe avec quinze autres hommes de l'équipage... — Journ. offic. 9 avril 1872, p. 2450, 1re col.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « longe » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire