me
- nature
- pro:per
- diction
- [mə] · 1 syllabe
- usage
- 9194 par million de mots
Sens et définitions
Pronom personnel 2
-
Pronom de la première personne du singulier en tant que complément d’objet direct. Accusatif de je.
- La mesure des hommes m’alarme, me déconcerte, m’humilie et m’abat. Bourdaloue
-
De même en tant que complément d’objet indirect ; signifiant à moi en général. Datif de je.
- Combien de fois déjà, en allant au bureau, ai-je eu la nausée du me. Il fut un temps où j'aurais donné n'importe quoi pour ne plus entendre : "Il faudra penser à me revoir ces notes !" Pierre Daninos, Me... me... me..., in Daninoscope, 1963
Citation
Les dangers me sont des appas ; Un bien sans mal ne me plaît pas
Origine du mot
Du moyen français me, de l’ancien français me, du latin mē, accusatif et ablatif de ego (« je, moi »).
Dans le dictionnaire latin : mē
1873 — le Littré
ME pron. (me)
1 Me, régime direct ; il se place avant le verbe. Me voici, me voilà.
- D'ailleurs l'affront me touche — CORN., Cid, II, 7
- Qu'on me laisse ici — MOL., Am. magn. II, 1
2 Me, régime indirect et signifiant à moi ; il se place avant le verbe. Vous me donnez un sage conseil.
- Ne me rappelez point une trop chère idée — RAC., Bérén. V, 5
- Tu dois me prononcer l'arrêt qu'on vient de rendre — VOLT., Alz. V, 5
En cet emploi, il se joint au verbe être et à des verbes neutres, exprimant non pas un régime indirect, mais la circonstance que telle chose, tel fait est à moi.
- Les dangers me sont des appas ; Un bien sans mal ne me plaît pas — MALH., V, 18
- À qui la bourse ? - Ah dieux ! elle m'était tombée — MOL., l'Ét. I, 3
3 autres citations
- Les dieux depuis longtemps me sont cruels et sourds — RAC., Iphig. II, 3
- Venez ; les malheureux me sont toujours sacrés — VOLT., Oreste, II, 2
- Que la fortune donc me soit mère ou marâtre : C'en est fait, pour barreau je choisis le théâtre — PIRON, Métrom. III, 9
Il m'est parent, voy. LEUR.
3 Me, régime indirect, est quelquefois explétif et donne un peu plus de force à l'expression.
- Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit ; Comble-moi cette ornière.... — LA FONT., Fabl. VI, 18
- C'est une fille propre aux choses qu'elle fait, Et vous me la chassez pour un maigre sujet — MOL., F. sav. II, 7
4 L'e muet s'y élide quand le verbe suivant commence par une voyelle ou une h muette. Vous m'avez secouru. Il m'honore. non relevé aujourd’hui
- Vous m'aimez, vous me le soutenez — RAC., Bérén. V, 5
L'e s'élide aussi devant les particules y et en. Passons devant la porte d'un tel, vous m'y laisserez. Ne m'en parlez plus.
- Tu quitterais le dessein que tu as, si tu m'en voulais croire — MOL., Scap. III, 1
5 Me se place avant la particule en. Vous m'en donnerez. non relevé aujourd’hui
6 Me se place, par exception, après le verbe, lorsqu'il se trouve tout à la fois que le verbe est à l'impératif, que la phrase est affirmative et que la particule en suit immédiatement le pronom. J'ai besoin de sages conseils, donnez-m'en. Vous m'avez jeté dans l'embarras, faites-m'en sortir.
- Ce n'était pas un sot, non, non, et croyez-m'en Que le chien de Jean de Nivelle — LA FONT., Fabl. VIII, 21
- Instruisez-m'en de grâce, et, par votre discours, Hâtez mon désespoir ou le bien de mes jours — MOL., D. Garc. V, 5
1 autre citation
- Éclaircissez-m'en, je vous en conjure — BARON, l'Homme à bonnes fortunes, II, 15
À part ces cas, me ne s'emploie pas avec l'impératif ; on se sert de moi. Aimez-moi. Donnez-moi de l'argent.
Cependant, quand il y a plusieurs verbes à l'impératif, on peut, avec le second ou le troisième, mettre me avant le verbe.
- Quittez cette chimère, et m'aimez — CORN., Poly. IV, 3
- Laissons cela, Zéphyre, et me dis si tes yeux Ne trouvent pas Psyché la plus belle du monde — MOL., Psyché, III, 1
1 autre citation
- Finissons auparavant votre affaire et me dites qui est celle que vous aimez — ID., l'Av. I, 2
7 Quand, avec l'impératif, la phrase est négative, me reprend sa place avant le verbe. Ne m'en croyez pas. Ne m'y laissez pas. Ne me chassez pas. Ne me donnez pas d'argent.
8 Me se place avant y. Vous m'y attendrez. Je vous prie de m'y attendre. Je m'y en vas (et non je m'en y vas ; voy. ALLER, rem. 3).
D'après l'Académie, on ne dit pas : attendez-m'y ; menez-m'y ; il faut dire : attendez-y-moi ; menez-y-moi. Cependant l'Académie au mot tu donne : mets-t'y, jette-t'y ; et, quand elle assure qu'on ne dit pas mets-m'y, jette-m'y, et formes semblables, elle se trompe ; car on trouve dans la Fontaine : Menez-m'y, Ragotin, III, 15. Le fait est que cette forme est plus correcte que l'autre, et que toutes deux sont peu usitées ; mais il faut ajouter qu'on ne doit avoir aucun scrupule à se servir de celle de la Fontaine et à la remettre en honneur.
9 Me, comme tous les pronoms en régime, se répète avant chacun des verbes dont il est le régime. non relevé aujourd’hui
- Son visage odieux m'afflige et me poursuit — RAC., Esth. II, 1
10 Dans les phrases où il y a deux verbes subordonnés l'un à l'autre, on place ordinairement le pronom me près du verbe qui le régit. On ne saurait me reprocher d'aimer la table. Du reste ce n'est pas une faute de dire : On ne me saurait reprocher d'aimer la table ; et on sait même que les écrivains du XVIIe siècle affectent de placer le pronom avant le premier verbe : Dans ce cas il faut consulter l'oreille. non relevé aujourd’hui
- Il faut que le cruel qui m'a pu mépriser Apprenne de quel nom il osait abuser ! — RAC., Iphig. III, 6
Historique
IXe s.
- In quant Deus savir et podir me dunat [donne] — Serment
XIe s.
- Et de ço ne me poez enplaider — Lois de Guill. 38
- Et par la barbe qui al pis me ventelet — Ch. de Rol. IV
2 autres citations
- Livrez m'en ore le gant et le baston — ib. XVII
- Prenez m'as bras, me dressez en seant — ib. CXCVIII
XIIe s.
- Nule chançon ne m'agrée — Couci, I
- Requier le rei qu'il me te duinge [donne], e il ne m'escundirad pas — Rois, p. 164
XIIIe s.
- Que le livre as histoires [il] me montra où je vi.... — Berte, I
- De duel [deuil] et de pitié trestous li cuers m'en art [brûle] — ib. XXII
2 autres citations
- Laissez m'entrer leens, tout vous sera conté — ib. XLV
- Constance vostre femme mout [vous] me saluerez — ib. CXXI
XVIe s.
- Jette le moy, jette le moy par terre, Et que du pied la gorge on me luy serre — AMYOT, Comment refréner la colère.
- Ceulx là se mocquent de toy, Diogenes. - Et je ne me sens pas mocqué moy, respondit-il — ID., ib. 30
Étymologie
Lat. me, accusatif de ego. Moi et me sont identiques et ne diffèrent que parce que moi porte l'accent, tandis que me est proclitique.
Supplément au dictionnaire
ME. Ajoutez : - REM. Pour l'emploi de me, comme pronom réfléchi, voy. SE, Rem. 3, 4, 5, 7, 8, 9 et 10.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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