ne

nature
adv
diction
[nə] · 1 syllabe
usage
21109 par million de mots

Sens et définitions

Particule 10

  1. Négation. Première partie d’un morphème en général à double forme encadrant le verbe et certains pronoms. Parfois appelé discordantiel, ne est complété d’un forclusif : pas, plus, jamais, point, personne, rien, aucun, nul, etc., ou de formules archaïsantes : goutte, mie, mais (n’en pouvoir mais).
  2. Devant un verbe à l’infinitif, les deux parties ne sont pas séparées.
    • Ne pas se pencher au dehors.
  3. Il s’emploie encore sans la particule pas quand la proposition renferme un pronom, un adjectif ou un adverbe négatifs.
    • Personne n’est venu.
  4. Bien que nul et ni soient négatifs par eux-mêmes, ils sont aussi toujours construits avec ne.
    • Ni l’or ni les grandeurs ne nous rendent heureux.
  5. L’ordre est inversé dans le cas où le pronom négatif (personne, rien, aucun, nul) est en position sujet.
    • Que personne ne bouge.
  6. S’emploie seul aussi dans les propositions subordonnées quand la proposition principale est négative ou interrogative.
    • Y a-t-il quelqu’un dont il ne médise ?
  7. Il peut aussi s’employer encore seul avec certains verbes comme cesser, oser, pouvoir, savoir dans un langage soutenu, mais le langage courant ajoute presque systématiquement la particule pas (la seule conservée dans le langage familier) :
    • Il ne sait que faire. (pour : Il ne sait pas quoi faire.)
  8. Suffit parfois seul à marquer la négation, à la façon de la langue ancienne, dans les vieux tours ou en langue soutenue, comme :
    • N’importe ! (locution figée pour : Cela n’importe pas !)
  9. Employé seul, il a un sens explétif, dans ce cas il n’a pas de sens négatif, mais signale simplement un contexte négatif.
  10. S’emploie encore (de façon aujourd’hui optionnelle) dans certains cas archaïques mais encore rencontrés où, bien que la proposition secondaire ait la forme affirmative, la phrase entière renferme une idée négative, après les verbes qui expriment la crainte, après le verbe empêcher, dans certaines phrases qui expriment une comparaison, après plus que, moins que, mieux que, autre que, après les locutions conjonctives avant que, depuis que.

Citation

L'un dit : je n'y vais point, je ne suis pas si sot ; L'autre : je ne saurais
Jean de La Fontaine, Fabl. II, 2

Origine du mot

Du latin non, adverbe de négation (voir non), qui, en position proclitique, s'est affaibli en nen (voir nenni), qui s'est lui-même réduit à ne devant une initiale consonantique.

Dans le dictionnaire latin : non

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

NE (ne)

1 Mot qui rend une proposition négative et qui précède toujours le verbe ; seul et isolé de pas ou point, il n'a plus son ancienne vertu négative que dans certains emplois déterminés. Ne s'emploie seul avec les verbes cesser, oser, savoir, avoir garde, pouvoir et importer (impersonnel). Il n'a cessé de gronder. On n'ose l'aborder. Il n'a garde d'y manquer. Je ne puis me taire.

  • L'un dit : je n'y vais point, je ne suis pas si sot ; L'autre : je ne saurais — LA FONT., Fabl. II, 2
  • Il n'importe d'avoir payé Le Vacher ou non — SÉV., 1er août 1685

Toutefois, en ces cas, on peut mettre aussi pas ou point. Il ne cesse pas de gronder.

  • Chacun demeure d'accord qu'il ne pouvait pas mieux jouer — MOL., Crit. sc. 6

Il se dit seul avec d'autres verbes, mais dans le style familier et un peu archaïque.

  • L'âne appelle aussitôt le chien à son secours : Le chien ne bouge et dit.... — LA FONT., Fabl. VIII, 17
  • Le jeu n'est sûr avec cette ribaude — BOILEAU, Épigr. III

On le met seul aussi avec l'impératif, mais dans la conversation et dans le style familier. Ne bougez d'ici.

  • Tiens cette bague, et ne la lâche — LA FONT., Ann.

Cela se fait encore quelquefois à l'impératif, dans la poésie élevée.

  • Henri.... Ne refuse à mes vœux un favorable appui — MALH., I, 4

2 Dans des phrases négatives ou interrogatives, ne se dit seul au second membre, quand ce second membre est négatif. Y a-t-il un homme dont elle ne médise ? Avez-vous un ami qui ne soit des miens ? Je ne vois personne qui ne vous loue.

  • Don Rodrigue, surtout, n'a trait en son visage Qui d'un homme de cœur ne soit la haute image — CORN., Cid, I, 1

3 Ne se dit seul quand l'étendue de la négation est restreinte par quelque terme. Il ne lit guère. Je ne sortirai de trois jours. non relevé aujourd’hui

  • Tout fut mis en morceaux ; un seul n'en échappa — LA FONT., Fabl. III, 13
  • Il n'est demeure plus secrète — ID., ib. X, 4
1 autre citation
  • Chose n'est ici plus commune : Le bien nous le faisons, le mal, c'est la fortune — ID., ib. VII, 14

4 Ne se dit seul avec autre et que. Je n'ai d'autre désir que celui de vous être utile. non relevé aujourd’hui

Mais on peut dire aussi : je n'ai pas d'autre désir....

5 Ne se dit seul, quand le mot que signifie pourquoi, au commencement d'une phrase, ou quand il sert à exprimer un désir, à former une imprécation. Que n'êtes-vous arrivé plus tôt ! Que ne m'est-il permis.... Que n'est-il encore vivant !

6 Après depuis que ou il y a, suivi d'un mot qui indique une certaine quantité de temps, on se sert de ne seul, quand le verbe est au parfait. Depuis que je ne l'ai vu. Il y a six mois que je ne lui ai parlé. non relevé aujourd’hui

Mais il faut pas ou point, si le verbe est au présent ; ce qui forme un sens tout différent. Depuis que nous ne nous voyons pas. Il y a six mois que nous ne nous voyons plus.

7 Ne se dit seul dans un membre de phrase gouverné par si, au sens de à moins que. Je ne sortirai point, si vous ne me venez prendre en voiture. non relevé aujourd’hui

Cependant on dit aussi, quoique moins bien : je ne sortirai pas si vous ne venez pas me prendre en voiture.

8 On se sert de ne seul, lorsque deux négations sont jointes par ni. Je ne l'estime ni ne l'aime. Heureux qui n'a ni dettes, ni procès ! non relevé aujourd’hui

On s'en sert aussi quand ni est redoublé, soit dans le sujet : Ni les biens ni les honneurs ne valent la santé ; soit dans l'attribut : Il est avantageux de n'être ni trop pauvre ni trop riche.

9 C'est ne seul qu'on emploie dans la tournure n'était, n'eût été, qui se dit pour si ce n'était, si ce n'eût été. non relevé aujourd’hui

  • Et je suivrais encore un si noble exercice, N'était que l'autre hiver, faisant ici ma cour, Je vous vis et je fus retenu par l'amour — CORN., le Ment. I, 3
  • Confessez-le, ma sœur, vous sauriez vous en taire, N'était le testament du feu roi notre père — ID., Pomp. I, 3
3 autres citations
  • Et n'eût été Léonce, en la dernière guerre, Ce dessein avec lui serait tombé par terre — ID., Héracl. I, 1
  • Je le trouvais en vous, n'eût été la bassesse Qui pour ce cher rival contre moi s'intéresse — ID., Sertor. IV, 2
  • Je me soucierais peu de ce qu'ils peuvent dire, n'était l'artifice.... — MOL., Tart. Préface

10 Le plus ordinairement, ne, jugé insuffisant par l'usage, est accompagné de pas ou point, ce qui fait la négation complète ; toutefois il ne faut pas oublier que le sens négatif appartient à ne seulement, et que pas et point sont des mots essentiellement affirmatifs. Il ne veut pas. Ne viendra-t-il pas avec nous ? Ne vendez point votre maison.

On peut mettre indifféremment pas et point devant ou après le verbe, s'il est à l'infinitif : pour ne pas souffrir, pour ne souffrir pas. Toutefois la première façon de parler est la plus usitée.

Dans les temps simples du verbe, pas et point doivent toujours suivre le verbe. Il ne souffre point. Il ne souffrit pas.

Au contraire, dans les temps composés, ils se mettent entre l'auxiliaire et le participe. Il n'a point souffert. Il n'a pas chanté.

Pour la distinction entre pas et point, voy. PAS.

Lorsque ne n'est suivi ni de pas ni de point ni d'aucun autre mot équivalent, le sens de la proposition est moins négatif. Je ne sais marque une ignorance moins absolue que je ne sais pas.

Quant aux différents emplois de savoir avec ne, voy. SAVOIR.

11 Les mots personne, rien, goutte, jamais, mot, jouent avec ne le même rôle que pas ou point. Je n'y connais personne. Je ne le verrai jamais. Je n'y vois goutte. Je ne demande rien. Je ne dis mot. non relevé aujourd’hui

12 Nul, qui est essentiellement négatif, est toujours accompagné de ne, quand il n'est pas attribut (autrement on ne met pas ne : ses moyens sont nuls). Je n'ai nul souci.

  • Je vous porterai tous, L'un après l'autre, en ma retraite ; Nul que Dieu seul et moi n'en connaît les chemins — LA FONT., Fabl. X, 4

13 Ne.... pas.... ne.... pas, double négation qui affirme. Je ne puis pas ne pas croire qu'il en est ainsi, c'est-à-dire je suis forcé de croire qu'il en est ainsi.

  • Ces archers aux casaques peintes Ne peuvent pas n'être surpris, Ayant à combattre les feintes De tant d'infidèles esprits — MALH., II, 4

14 Ne est dubitatif après les verbes craindre, trembler, appréhender, avoir peur et expressions analogues. Je crains qu'il ne pleuve. Je tremble qu'il ne s'aperçoive de ma faute, etc. Dans ces phrases, il n'y a aucune négation, et ne n'exprime que le caractère dubitatif.

Quand le verbe douter est négatif ou simplement interrogatif, on emploie le ne dubitatif dans la seconde proposition, à moins qu'on ne veuille exprimer une chose positive et en quelque sorte incontestable, comme ; Je ne doute pas que César ait été assassiné dans le sénat. Doutez-vous que je sois votre ami ?

De même, lorsque le verbe de la proposition primordiale est nier ou l'un de ses équivalents disconvenir, désespérer, employés négativement, on se sert de la dubitative ne dans la proposition complétive, à moins que cette proposition ne renferme aucune idée de doute, n'exprime un fait incontestable comme : Je ne nie pas qu'il y ait un Dieu.

  • Je ne nie pas que vous soyez heureux — LEGOARANT

15 Ne explétif après un comparatif d'inégalité suivi de que et d'une proposition complétive. Vous écrivez mieux que vous ne parlez. Il est plus riche qu'il ne l'était. Elle est plus belle que vous ne croyez. non relevé aujourd’hui

  • Je pars plus amoureux que je ne fus jamais — RAC., Bérén. I, 4
  • Je vous entends ici mieux que vous ne pensez — ID., Mithr. II, 4
1 autre citation
  • Depuis l'invention de la poudre, les batailles sont beaucoup moins sanglantes qu'elles n'étaient, parce qu'il n'y a presque plus de mêlée — MONTESQ., Lett. pers. 106

Le caractère explétif de ce ne est prouvé par le latin qui ne met point de négation : ditior est quam erat, il est plus riche qu'il n'était.

Après les mêmes comparatifs d'inégalité, si le premier membre est négatif, le second d'ordinaire ne prend point le ne explétif. Il n'est pas plus riche qu'il était. Vous n'écrivez pas mieux que vous parlez.

  • Ils n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont — DESC., Méth. I, 1
  • Je ne crois pas qu'on puisse mieux danser qu'ils dansent — MOL., Am. magn. II, 1
3 autres citations
  • On n'en peut pas user mieux que je fais, je pense — ID., Tart. V, 4
  • On n'est pas plus maître de toujours aimer qu'on l'a été de ne pas aimer — LA BRUY., IV
  • Les rochers de Thessalie ne sont pas plus sourds ni plus insensibles aux plaintes des amants désespérés que Télémaque l'était à toutes ces offres — FÉN., dans GIRAULT-DUVIVIER

Cependant des écrivains ont mis ce ne, et, quoique des grammairiens aient noté cela comme une faute, le caractère explétif de ce ne ne permet pas, grammaticalement, de souscrire à leur décision.

  • Cependant vous m'aviez fait une réponse, et on ne peut avoir été mieux perdue qu'elle ne l'a été — SÉV., dans GIRAULT-DUVIVIER
  • L'animal que l'on appelle cujuacu-apara ne diffère pas plus de notre chevreuil que le cerf du Canada ne diffère de notre cerf — BUFF., dans GIRAULT-DUVIVIER

Quand, avec des comparatifs d'inégalité, la phrase exprime une vraie égalité, il faut mettre le ne explétif. Vous n'écrivez pas mieux que vous ne parlez, c'est-à-dire vous écrivez aussi mal que vous parlez.

  • L'existence de Scipion ne sera pas plus douteuse dans dix siècles qu'elle ne l'est aujourd'hui — D'ALEMB., dans GIRAULT-DUVIVIER

Avec une phrase interrogative, sans négation, on supprime le ne explétif, parce que c'est une vraie inégalité qu'on veut exprimer.

  • Puis-je mieux servir un maître que j'ai servi don Garcie ? — Le Roman de Zaïde, dans GIRAULT-DUVIVIER
  • Croyez-vous qu'un homme puisse être plus heureux que vous l'êtes depuis trois mois ? — J. J. ROUSS., dans GIRAULT-DUVIVIER
1 autre citation
  • Quel mortel fut jamais plus heureux que vous l'êtes ! — VOLT., Zaïre, I, 2

Si la phrase exprime sous forme interrogative ce qui aurait été exprimé sous forme négative, on met ne. L'existence de Scipion sera-t-elle plus douteuse dans dix siècles, qu'elle ne l'est aujourd'hui ?

Si la phrase est négative et interrogative, on met ne. Ne peut-on pas mieux servir un maître que vous n'avez servi don Garcie ?

Avec autre, autrement, on met le ne explétif.

  • On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain — LA FONT., Fabl. I, 7

Le ne se supprime quand la phrase est négative, comme avec les comparatifs d'inégalité. Vous ne pensez pas autrement que vous dites.

  • Un glorieux est incapable de s'imaginer que les grands dont il est vu pensent autrement de sa personne qu'il fait lui-même — LA BRUY., II

Avec avant que on met, si l'on veut, un ne, qui est toujours explétif. Sortez avant qu'il ne pleuve.

16 Ne... que, ne... pas... que, voy. QUE. non relevé aujourd’hui

17 N'avoir pour un seul, ou n'avoir pas pour un seul..., n'avoir pas uniquement un seul... non relevé aujourd’hui

  • Les autres n'ont pour un seul adversaire — LA FONT., Mazet.

Cette tournure est l'équivalent correct du barbarisme vulgaire d'aujourd'hui, ne.... pas que, qui dirait : Les autres n'ont pas qu'un seul adversaire (voy. QUE).

18 Ne est quelquefois supprimé dans une formule interrogative.

  • Le ciel permet-il pas d'aimer ou de haïr ? — LA FONT., Daphné, II, 5
  • De quoi te peux-tu plaindre ? ai-je pas réussi ? — MOL., l'Ét. IV, 5
3 autres citations
  • Les querelles, procès, faim, soif et maladie, Troublent-ils pas assez le repos de la vie ? — ID., Sgan. 17
  • T'ai-je pas là-dessus ouvert cent fois mon cœur ? Et sais-tu pas pour lui jusqu'où va mon ardeur ? — ID., Tart. II, 3
  • Mais quels chants ! loin de moi, fuis, pensée odieuse ; Sur de plus beaux objets promenons mes regards ; Vois-je pas de buveurs une troupe joyeuse ? — GILB., le Printemps.

Cela ne se fait guère qu'en poésie ; cependant en voici des exemples en prose.

  • Y a-t-il pas plus de distance de l'infidélité à la vertu ? — PASC., Pens. XXV, 55, dans HAVET

19 Ne a été employé pour ni ; c'est un archaïsme. non relevé aujourd’hui

  • Il ne saura qui, quoi, n'en quelle part, N'en quel logis.... — LA FONT., Mandr.
  • On n'avait vu, ne lu, n'ouï conter.... — ID., le Diable de Papefig.
2 autres citations
  • Et je veux, si jamais on engage ma foi, Un mari qui n'ait pas d'autre livre que moi, Qui ne sache A ne B, n'en déplaise à madame — MOL., F. sav. V, 3
  • Mademoiselle, ne plus ne moins que la statue de Memnon rendait un son harmonieux lorsqu'elle venait à être éclairée des rayons du soleil, tout de même me sens-je animé d'un doux transport à l'apparition du soleil de vos beautés — ID., Mal. imag. II, 6
Remarque

1. L'e de ne s'élide devant une voyelle ou une h muette : Il n'a pas ; Il n'habite pas ici.

2. Avec ne.... pas, un verbe et un complément, on met de sans article, que le complément soit au singulier ou au pluriel : Je n'ai pas d'argent ; Je n'ai point vu de loups.

3. Avec ne.... jamais, un verbe et un complément, on met la préposition de sans article, que le complément soit au singulier ou au pluriel : Je n'ai jamais vu de loups ; Il n'y a jamais de boue en cet endroit.

4. Avec ne, un verbe et un complément, si le complément est au singulier, on met de et l'article défini : Il n'a versé de l'eau à personne ; Il n'a donné du pain à nul autre qu'à vous ; mais on dirait aussi : Il n'a répandu d'eau nulle part ; Il n'a donné de vin à personne. Si le complément est au pluriel, on met de sans article : Il n'a dit d'injures à personne ; mais on dirait aussi : Il n'a dit des injures à personne. Bref la négation ne n'empêche pas l'emploi rationnel ou le rejet de l'article.

Historique

IXe s.

  • Si io returnar non l'int pois [si je ne l'en puis détourner] — Serment

Xe s.

  • E io ne dolreie [je ne serais pas chagrin].... — Fragm. de Valenc. p. 469
  • Ne aiet niuls male voluntatem contra sem peer — ib.
1 autre citation
  • Ne por or ned argent ne paramenz — Eulalie

XIe s.

  • Altre home qui ceste franchise nen ad.... — Lois de Guill. 3
  • Nen ai tel gent qui la sue derompe — Ch. de Rol. II
1 autre citation
  • Sa hanste est fraite, [il] n'en a que un tronçon — ib. CIV

XIIe s.

  • Ainz [avant] qu'il soit vespre ne le soleil couchant — Ronc. 181
  • Tu n'es mes homs — ib. 15
5 autres citations
  • Cil court plus tost qu'arcs ne jette bouzon [flèche] — ib. 74
  • Mieux vaut mesure [modération] que ne vaut estoutie — ib. 82
  • Por verdure ne por pré, Ne por feuille ne por flor, Nulle chançon ne m'agrée — Couci, 1
  • Ne sai qu'un mot, tant [je] le desir : Merci — ib. IV
  • Mais nul partir, sachez, quoi que nus [nul] die, N'est dolereus que d'ami et d'amie — ib. XXIV

XIIIe s.

  • Cil qui chantent de fleur ne de verdure, Ne sentent pas la doleur que je sent — EUST. LE PEINTRE, dans Couci.
  • Mieux [elle] ressemble [à] Bertain que ne peindroit peigniere [peintre] — Berte, XI
9 autres citations
  • N'i ot fors buissonciaus [il n'y eut que buissons] où du vent s'est couverte — ib. XXX
  • D'une part [à part] sont alé, et ne furent que troi — ib. CV
  • Et li nostre n'avoient mie plus de sept vint, chevaliers — VILLEH., CXXXI
  • Une coustume ne quort mès [n'a plus cours], le [la] quele soloit corre el roiame de France — BEAUMANOIR, XXXIX, 69
  • Ge n'ai, fors à grant dangier, Ne que boivre, ne que mangier, Ne que chaucier, ne que vestir — la Rose, 8052
  • Ne nulz ne s'acorda onques puis à moy, ne mès que [si ce n'est] le sire de Chatenay — JOINV., 256
  • Le roy ne requist ne ne prist onques aide des siens barons, n'à ses chevaliers, n'à ses hommes, ne à ses bones villes — ID., 207
  • Les saintes escriptures nous dient que le moinne ne peut vivre hors de son cloistre sans peché mortel, ne que le poisson peut vivre sanz yaue — ID., 288
  • L'autre point si est tel, que il croient que nulz ne peut mourir que jusques au jour que il li est jugé — ID., 260

XIVe s.

  • Puis que il a jà fait les excès et se est mal gouverné, il ne est mais en sa volenté ou poesté non estre malade — ORESME, Eth. 74

XVe s.

  • Car vieilles n'ont ne cours ne estre, Ne que [pas plus que] monnoie qu'on descrie — VILLON, Ballade de la belle Heaulmière.
  • Dictes-moy où, n'en quel pays Est Flora, la belle romaine — ID., Ball. des dames du temps jadis.

XVIe s.

  • Si Pierre n'avoit pas plus de puissance sur les autres, qu'iceux avoyent sur lui — CALV., Instit. 888
  • Nous ne reprouvons point le vœu de s'abstenir de mariage, que [si ce n'est] pour ces deux causes — ID., Inst. 1024
25 autres citations
  • Nous ne mettons point aucune vertu aux creatures — ID., 1035
  • Ceulx qui n'auront leu la prodigieuse force et vaillance de ce prince — MONT., I, 2
  • Je ne l'aime ny l'estime — ID., I, 6
  • La plus belle royne vient elle pas de mourir par main du bourreau ? — ID., I, 66
  • Ils firent deffense que nul n'eust plus à aller là — ID., I, 233
  • Sans empeschement ne destourbier — ID., II, 117
  • Quand nous songeons, nostre ame vit, ne plus ne moins que.... — ID., II, 368
  • Je ne veux point de trop volage amie, Ny ne la veux aussi trop endormie — ST-GELAIS, 230
  • Nul, s'il n'est vrayement du tout ignare, voire privé de sens commun, ne doute point que les choses n'ayent premierement esté, puis après, les mots.... — DU BELLAY, I, 28, recto.
  • As-tu point veu une nymphe craintive.... — ID., II, 28, recto
  • Et qui sait si les derniers Se feront point les premiers ? — ID., III, 50, recto
  • Les flots courroussez qui baignent Leurs rivages qui se plaignent, Ne sont plus sourds que je suis — DU BELLAY, III, 78, recto
  • Quelque fois je m'esmerveille comment ne pourquoy un homme si aspre eut onques le surnom de bon — AMYOT, Phoc. 15
  • Et l'eust toute devorée, n'eust esté que elle crioyt horriblement — RAB., Pant. II, 4
  • Il vint en Avignon, où il ne feut troys jours que il ne devint amoureux — ID., ib. II, 5
  • Il n'est vol que de pigeon, quand il ha œufz ou petitz — ID., ib. IV, 3
  • Combien l'erreur est grand de ne trancher pas le chemin aux confusions ! — LANOUE, 38
  • Je ne perdoye point esperance que nous ne peussions un jour y parvenir — ID., 60
  • Avecques deffenses de ne s'entr'offenser — ID., 259
  • Il [l'amour] ne fait que de naistre et m'a desja perdu — RONS., 289
  • Sitost le gouvernal ne tourne la navire Errante au gré du vent, que le peuple se vire Vers les mœurs de son prince — ID., 662
  • Les deux n'avoient qu'un cœur.... — ID., 191
  • Quand de mon chaud esté je ne sors qu'à grand peine, Je n'entre qu'en automne, et ne peux arriver De vingt ans pour le moins aux jours de mon hyver — ID., 658
  • Je disois à par moy : Ce n'est rien que des rois [les rois ne sont rien] — ID., 694
  • Je n'avois pas quinze ans que les monts et les bois Et les eaux me plaisoient plus que la cour des rois — ID., 893
Étymologie

Forme affaiblie du latin non. D'anciens textes conservent le non latin, en normand nen ; mais de très bonne heure aussi, non ou nen s'atténua en ne. Ne dans les textes rapportés à l'historique a souvent le sens de ni ; en cette acception il vient du latin nec. Dans l'ancienne langue, on trouve souvent ne employé sans aucune idée de négation pour et et ou.

Supplément au dictionnaire

NE. Ajoutez :

20 Ne, dans une phrase subordonnée par un que, peut avoir le sens de : s'empêcher de.

  • Je ne crois pas que je ne pleure quand je verrai ce courrier chargé de dépêches pour M. de Pompone [que je m'empêche de pleurer] — SÉV., 29 nov. 1679

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ne » du Wiktionnaire.

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