modeste

nature
adj
diction
[modɛst] · 2 syllabes
usage
32 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 6

  1. Qui a de la retenue, de la modération, qui ne donne dans aucun excès.
    • Former des vœux modestes.
  2. Qui est modéré, simple, sans éclat, en parlant d’une chose.
    • Modestes cayennes en bordure d'un chenal ou villages sauniers autour d’un ruisson, l’habitat dispersé correspondait aux villages de gens de mer. Thierry Sauzeau, Les marins de la Seudre, 2005, page 233
  3. Subalterne.
    • J'ai rencontré, parmi mes camarades de réserve, de hauts fonctionnaires, des chefs de grandes entreprises privées. Tous , comme moi, s’effaraient d’être contraints à des besognes paperassières que, dans le civil, ils auraient abandonnées aux plus modestes de leurs sous-ordres. Marc Bloch, L’étrange défaite, chapitre 3 : La déposition d’un vaincu, 1940
  4. Qui est réservé dans la manière de penser et de parler de soi, qui a une opinion modérée de son mérite, humble.
    • Il y a 100 ans cette année, un modeste commis aux brevets de Berne, en Suisse, publiait les principaux éléments de sa théorie dite de la relativité. Denis Hamel, Albert Einstein, astrologue ? Vous voulez rire ? La fin d’un canular, dans Le Québec sceptique, nᵒ 57, p.31, été 2005
  5. Petit en taille ou en valeur, peu nombreux.
    • Pour des valeurs modestes de n′, disons n′ < 50, le calcul exhaustif des probabilités binomiales reste abordable. Louis Laurencelle, L’interprétation stochastique du sociogramme et le problème des choix exceptionnels, 1993
  6. vieilli Qui a de la pudeur, qui observe la décence, en parlant des personnes.
    • Une jeune fille modeste.

Nom 2

  1. vieilli Sorte de mouchoir dont les dames se couvraient le cou, et qui s'est appelé aussi modestie.
  2. vieilli Jupon porté par les femmes.
    • « Tu vois, les jupons vont par trois. Celui-ci s’appelle la secrète parce qu’il est près du corps et le touche, celui du milieu c’est la friponne et le dernier, la modeste. Quand tu sera grand, toi aussi tu offriras de beaux jupons à ta femme, comme ton père en offre à ta mère ! » Édouard Bled, J’avais un an en 1900, Fayard, 1987, Le Livre de Poche, page 49.

Citation

Renfermé, à l'exemple de ses pères, dans les modestes emplois de la robe
Bossuet, le Tellier.

Origine du mot

Du latin modestus (« modéré », « mesuré », « sans excès »), lui même dérivé de modus (« mesure », « modération »).

Dans le dictionnaire latin : modestus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

MODESTE adj. (mo-dè-st')

1 Qui a de la modération, qui ne donne pas dans l'excès. encore relevé aujourd’hui

  • Avec ses amis aussi modestes que lui — BOSSUET, le Tellier.
  • Pour rendre votre peuple modeste dans sa dépense — FÉN., Tél. XI

En parlant des choses, qui ne dépasse par le taux voulu. Ceci est une évaluation modeste.

  • Ma vengeance est bien modeste — BÉRANG., Ivrogne.

2 En parlant des choses, médiocre, simple, sans éclat. encore relevé aujourd’hui

  • Renfermé, à l'exemple de ses pères, dans les modestes emplois de la robe — BOSSUET, le Tellier.
  • Son habillement était beaucoup plus que modeste — MONTESQ., Lett. pers. 45
2 autres citations
  • C'est ici où on voyait autrefois la demeure modeste de Numa — Hist. des Vestales, dans DESFONTAINES
  • Respectez, croyez-moi, les modestes foyers D'agrestes habitants, mais de vaillants guerriers — VOLT., Scythes, II, 5

Couleur modeste, couleur qui n'est pas éclatante. Le gris est une couleur modeste.

3 Qui a de la modestie, en parlant des personnes. encore relevé aujourd’hui

  • Jamais on ne m'a vu triompher de ces bruits, J'y suis assez modeste — MOL., Éc. des f. I, 1
  • Comme l'univers n'a rien de plus grand que les grands hommes modestes — BOSSUET, Cornet.
3 autres citations
  • Seule dans son palais la modeste Junie... — RAC., Brit. II, 2
  • Un homme modeste ne parle point de soi — LA BRUY., XI
  • Je me connais trop bien pour n'être pas modeste — VOLT., Lett. Lacombe, 26 mai 1766

Substantivement. Faire le modeste.

Il se dit des choses, dans le même sens.

  • Par un refus modeste et fait pour inviter, Elle s'en dit indigne et croit le mériter — CORN., Pomp. III, 3
  • Votre humeur modeste aime l'abaissement — ID., Théod. I, 2
4 autres citations
  • Qu'il ait de ses aïeux un souvenir modeste — RAC., Andr. IV, 1
  • Qu'.... à ce courroux funeste On verrait succéder un silence modeste — ID., Brit. IV, 4
  • Il [Trajan] cherchait le mérite modeste, pour l'employer et le récompenser, parce qu'il était modeste lui-même — VOLT., Temple de la gloire, préface.
  • Le ton modeste doit être le mien, et celui de tout homme qui se livre au public — ID., Lett. Thiriot, 25 janv. 1736

4 Qui a de la pudeur, de la décence, en parlant des personnes. Il faut qu'une femme soit modeste. encore relevé aujourd’hui

En parlant des choses, qui est conforme à la pudeur, à la bienséance. Il faut que le langage soit toujours modeste.

  • À quoi bon, disaient-ils, cette mine modeste Et ce sage dehors que dément tout le reste ? — MOL., Mis. III, 4

5 S. m. Ancien terme de toilette. Un modeste, sorte de mouchoir dont les dames se couvraient le cou, et qui s'est appelé aussi modestie. repris par le Wiktionnaire

Étymologie

lat. modestus. Comme moderari est pour modesari, modestus en est le participe à côté de moderatus, comme sectus à côté de secatus (voy. MODÉRER).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « modeste » du Wiktionnaire.

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