négoce

nature
nom masculin
diction
[neɡɔs] · 2 syllabes
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Trafic, commerce.
    • Il y eut certes des juifs qui s'adonnèrent au commerce, et qui poursuivirent des négoces importants. Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937
  2. figuré Trafic douteux.
    • Cet homme se livre à un étrange négoce.

Citation

Si c'est quelque chose, messieurs, qui dépende de mon petit négoce, je suis tout prêt à vous rendre service
Molière, Médecin malgré lui, I, 6

Origine du mot

Du latin negotium (occupation, besogne, travail, devoir, fonction, opération; charge, soin, obligation; affaire, ce qui est à faire).

Dans le dictionnaire latin : negotium

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

NÉGOCE s. m. (né-go-s')

1 Proprement et étymologiquement, il se dit de toute affaire, de toute entremise d'affaires.

En mauvaise part, il se dit de certaines industries suspectes, soit à cause du péril, soit à cause de la messéance, de la honte qui y est attachée. La contre-bande est un périlleux négoce.

Faire un vilain négoce, se mêler de quelque chose de honteux.

Ironiquement.

  • Vous faites là, monsieur, un fort joli négoce — DANCOURT, Enf. de Paris, V, 9

Fig.

  • Alors [chez les premiers chrétiens] la piété était véritable, parce qu'elle n'était pas encore devenue un art ; elle n'avait pas encore appris à s'accommoder au monde, ni à servir au négoce des ténèbres — BOSSUET, Sermons, Honneur, 3

2 Particulièrement, synonyme moins usité de commerce. Se mettre dans le négoce. Faire le négoce.

  • Si c'est quelque chose, messieurs, qui dépende de mon petit négoce, je suis tout prêt à vous rendre service — MOL., Médecin malgré lui, I, 6
  • Certains particuliers qui, riches du négoce de leurs pères.... — LA BRUY., VII
1 autre citation
  • Son négoce [d'Athènes] fut presque borné à la Grèce et au Pont-Euxin d'où elle tira sa subsistance — MONTESQ., Esp. XXI, 7

Fig.

  • Si votre corps est une hostie qu'il faut immoler à Dieu, conservez-lui une hostie vivante ; si c'est un talent précieux qui doive profiter entre ses mains, mettez-le de bonne heure dans le négoce, n'attendez pas, pour le lui donner, qu'il faille l'enfouir en terre — BOSSUET, 4e sermon pour le 1er dim. de carême, 3

Aujourd'hui on ne dirait plus, comme Montesquieu, le négoce d'Athènes, mais le commerce d'Athènes ; commerce est réservé pour un État, une nation, un peuple.

Historique

XIIe s.

  • Nus [nul] ki servet à Deu ne soi emploiet ez seculiers negosces — Job, p. 481

XIVe s.

  • Guillaume.... gouvernant les negoces et besongnes d'icelle Marguerite — DU CANGE, negotium.

XVIe s.

  • Il l'avoyt en si grande privaulté receu, que rien ne lui celoyt des menues negoces de sa maison — RAB., Pant. IV, 67
  • Ainsi sont ils serfz toute leur vie les uns des voluptez, et les autres des negoces et du gaing — AMYOT, Pélop. 6
2 autres citations
  • Serf de mes negoces, ou, encore pis, de ceulx d'autruy — MONT., IV, 76
  • Le negoce de la paix, qui n'avoit jamais esté intermis, fut repris plus que de coustume — D'AUB., Hist. I, 231
Étymologie

Provenç. negoci ; espagn. negocio ; ital. negozio ; du lat. negotium, de nec, ni, ne, faisant fonction de préfixe négatif, et otium, loisir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « négoce » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire · Signaler une erreur sur cette fiche