pâmer
- nature
- ver
- diction
- [pame] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 5
-
vieilli Tomber en défaillance, s’évanouir.
- On s’écria, se récria, on fit des ho ! on fit des ha ! On pâma d’admiration. Romain Rolland, Colas Breugnon, 1919
-
Devenir incapable de respirer en raison d'un malaise physique.
- Il vous ferait pâmer de rire.
- Je n’ai jamais fait un meilleur tour de ma vie, et le soir, en le racontant à Médor, nous nous pâmions de rire. Comtesse de Ségur, Mémoires d’un âne, 1860
-
Pour une plante, se flétrir.
- Mince, ’faut que j’arrose, mes salades sont en train de pâmer !
-
Tomber en défaillance.
- J'ai été si mystérieuse qu’il s'en est pâmé de bonheur. Jean Giono, « Le hussard sur le toit », 1951, réédition Folio Plus, page 256
-
figuré Se laisser aller au transport d'une émotion forte agréable, comme la joie, l'admiration, etc.
- Tout concourt, à mes yeux, à rendre ce tableau très particulièrement suggestif, le type même de la peinture à se « pâmer » devant. Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, réédition Folio, page 54
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je pâme
- tu pâmes
- il pâme
- nous pâmons
- vous pâmez
- ils pâment
Imparfait
- je pâmais
- tu pâmais
- il pâmait
- nous pâmions
- vous pâmiez
- ils pâmaient
Passé simple
- je pâmai
- tu pâmas
- il pâma
- nous pâmâmes
- vous pâmâtes
- ils pâmèrent
Futur simple
- je pâmerai
- tu pâmeras
- il pâmera
- nous pâmerons
- vous pâmerez
- ils pâmeront
Passé composé
- j'ai pâmé
- tu as pâmé
- il a pâmé
- nous avons pâmé
- vous avez pâmé
- ils ont pâmé
Plus-que-parfait
- j'avais pâmé
- tu avais pâmé
- il avait pâmé
- nous avions pâmé
- vous aviez pâmé
- ils avaient pâmé
Passé antérieur
- j'eus pâmé
- tu eus pâmé
- il eut pâmé
- nous eûmes pâmé
- vous eûtes pâmé
- ils eurent pâmé
Futur antérieur
- j'aurai pâmé
- tu auras pâmé
- il aura pâmé
- nous aurons pâmé
- vous aurez pâmé
- ils auront pâmé
Subjonctif
Présent
- je pâme
- tu pâmes
- il pâme
- nous pâmions
- vous pâmiez
- ils pâment
Imparfait
- je pâmasse
- tu pâmasses
- il pâmât
- nous pâmassions
- vous pâmassiez
- ils pâmassent
Passé
- j'aie pâmé
- tu aies pâmé
- il ait pâmé
- nous ayons pâmé
- vous ayez pâmé
- ils aient pâmé
Plus-que-parfait
- j'eusse pâmé
- tu eusses pâmé
- il eût pâmé
- nous eussions pâmé
- vous eussiez pâmé
- ils eussent pâmé
Conditionnel
Présent
- je pâmerais
- tu pâmerais
- il pâmerait
- nous pâmerions
- vous pâmeriez
- ils pâmeraient
Passé
- j'aurais pâmé
- tu aurais pâmé
- il aurait pâmé
- nous aurions pâmé
- vous auriez pâmé
- ils auraient pâmé
Impératif
Présent
- pâme
- pâmons
- pâmez
Passé
- aie pâmé
- ayons pâmé
- ayez pâmé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- pâmer
- Participe présent
- pâmant
- Participe passé
- pâmé
Citation
Dans ses simplicités à tous coups je l'admire, Et parfois elle en dit dont je pâme de rire
Origine du mot
En ancien français pasmer, du latin *spasmare, de spasmus (« spasme »).
Dans le dictionnaire latin : spasmare
1873 — le Littré
PÂMER v. n. (pâ-mé)
1 Tomber en défaillance, en syncope. encore relevé aujourd’hui
- Ils ne peuvent s'empêcher de pâmer ou de pleurer — DESC., Pass. 211
- Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse — CORN., Cid, IV, 5
Par exagération. Pâmer de rire, rire à pâmer, rire excessivement.
- Dans ses simplicités à tous coups je l'admire, Et parfois elle en dit dont je pâme de rire — MOL., Éc. des f. I, 1
- C'était des postures à pâmer de rire — SÉV., 71
1 autre citation
- Mon fils a ri à pâmer de votre madame — ID., 5 oct, 1689
Pâmer de joie, éprouver une joie infinie.
- ....Ici pâma de joie Des mortels le plus heureux — LA FONT., Fianc.
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir, pour exprimer l'action : elle a pâmé au sortir du bain ; avec l'auxiliaire être, pour marquer l'état : elle est pâmée depuis dix minutes.
2 Se pâmer, v. réfl. même sens.
- Le Gascon se pâme à ce bruit — LA FONT., Gasc.
- La dame, après s'être pâmée, alla se consoler avec un petit-maître du pays — VOLT., Micromégas, 3
1 autre citation
- M. d'Hamilton fait.... ôter le petit d'Elbeuf, qui s'était jeté sur ce corps [de Turenne], qui ne le voulait pas quitter, et qui se pâmait de crier — SÉV., 28 août 1675
Par exagération.
- On se sent à ces vers jusques au fond de l'âme Couler je ne sais quoi qui fait que l'on se pâme — MOL., Femmes sav. III, 2
- C'est à ces morceaux extravagants que nos femmes se pâment d'admiration — J. J. ROUSS., Lett. sur la mus. franç.
1 autre citation
- Ces petits fleuristes qui se pâment à l'aspect d'une renoncule — ID., Hél. IV, 11
Se pâmer de rire, rire à se pâmer, se pâmer de joie, même sens que pâmer, etc.
3 Se pâmer, perdre sa trempe ; se dit de l'effet produit sur l'acier lorsqu'il est chauffé ou forgé trop longtemps.
Remarque
Voltaire sur le vers du Cid cité ci-dessus prétend qu'on ne dit pas pâmer, mais se pâmer. Voltaire prenait ici son usage particulier pour l'usage général ; pâmer, au neutre, était parfaitement usité du temps de Corneille et l'est encore.
Historique
XIe s.
- À icest mot se pasme li marquis — Ch. de Rol. CXLIX
- Cuide li reis que el se seit pasmée — ib. CCLXXI
XIIIe s.
- Et il perdi moult de sanc, si commencea à pasmer — VILLEH., CLXXVII
- Et jut une grant pieche pasmés, que on n'i senti poux ne aleine — Chr. de Rains, p. 41
XVe s.
- Encore entrerent ces gloutons [les paysans anglais révoltés] dans la chambre de la princesse.... dont elle fut si espouvantée qu'elle s'en pasma — FROISS., II, II, 112
XVIe s.
- Un dauphin d'argent, pasmé — COTGRAVE
- Je ne sens rien de ma plaie cuisante, Que le plaisir dont ton œil m'a pasmé — LOYS LE CARON, Poésies, f° 66, dans LACURNE
Étymologie
Berry, paumer ; provenç. pasmar, palmar, espalmar, plasmar, esplamar ; anc. espagn. et portug. espasmar ; espagn. mod. pasmar ; ital. spasimare ; du lat. spasma (voy. SPASME). Les formes espasmar, spasimare, espasmir (voix espamie, dans J. MAROT, V, 333), et espaumir (il s'espaumit de sorte que nous eusmes fort à faire de le revigorer, PALSGRAVE, p. 417) ne laissent aucun doute ; le spasme s'est changé en un autre accident, dans les langues romanes.
Supplément au dictionnaire
PÂMER. Ajoutez :
4 Se pâmer, se dit de la luzerne qu'on laisse quelque temps coupée sur le terrain.
- Vous fauchez la luzerne et, après l'avoir laissée se pâmer pendant 24 heures, vous l'apportez dans la fosse, en ayant soin de la fouler — E. GARNOT, Avranchin, 15 oct. 1876
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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