perruque

nature
nom féminin
diction
[pɛʁyk] · 2 syllabes
attesté
Au plus tard au XVᵉ siècle
usage
15 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. poétique Feuillage ; frondaison.
    • Le tronc de branches dévêtu… Reprenant sa perruque verte. Régnier
  2. vieilli Vieillard qui tient opiniâtrement à d’anciens préjugés.
    • Je ne balance pas assurément entre Catherine II et les vingt-cinq perruques de Genève. Voltaire, Lettres d’Argental, 11 octobre 1765
4 emplois spécialisés
  1. Coiffure Coiffure de faux cheveux.
    • Il est bien nécessaire d’employer de l’argent à des perruques, lorsque l’on peut porter des cheveux de son cru qui ne coûtent rien ! Molière, L’Avare, 1668, acte I, scène V
  2. Travail Utilisation clandestine des machines d’une usine à des fins personnelles ; désigne l’action, comme l’objet réalisé.
    • Dans le monde de l’entreprise, certains ont fait de la « perruque » une grande spécialité. Point de postiches ici, mais la volonté d’exercer une double vie professionnelle. François Desnoyers, Quand des salariés font concurrence à leur propre entreprise sur leur temps de travail, Le Monde. Mis en ligne le 27 mars 2019
  3. Pêche Ligne de pêche emmêlée, constituant un amas ressemblant à un postiche.
  4. Bijouterie Paquet de fil de fer sur lequel on soude des métaux.

Adjectif 1

  1. vieilli Vieux, suranné.
    • Il le trouvait [un journal] tiède, timide, arriéré, perruque ; ce dernier substantif métamorphosé en adjectif exprimait le plus haut degré de son mépris. Ch. de Bernard, Un Homme sérieux

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de perruquer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de perruquer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de perruquer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de perruquer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de perruquer.

Citation

Cela sent son vieillard qui, pour en faire accroire, Cache ses cheveux blancs d'une perruque noire
Molière, Éc. des mar. I, 1

Origine du mot

Wallon, perik ; espagn. peluca ; portug. peruca ; ital. parruca ; Sardaigne, pilucca ; lombard, peluch, toupet ; piém. pluch ; génois, pelluco, cheveu, fibre ; valaque, parocë. Tous ces mots se ramènent au lat. pilus, poil, qui a donné les formes en l, comme il a donné l'italien piluccare, et le français peluche ; les formes en r sont des altérations. Toutefois l'espagnol perico, toupet, reste en dehors de cette dérivation, sans cependant pouvoir la contredire. Perruque paraît pour la première fois en France dans le XVe siècle ; le sens propre en est chevelure. On a aussi indiqué comme étymologie le grec πύῤῥιχος, fauve, jaune, parce que les premières perruques furent faites de cheveux blonds fort estimés dans l'ancienne Rome ; mais rien ne montre l'existence et la filiation de ce mot dans les langues romanes. — Littré, 1873

1873 — le Littré

PERRUQUE s. f. (pè-ru-k')

1 Coiffe de réseau sur laquelle on range des cheveux représentant une coiffure naturelle. Perruque à la Louis XIV.

  • Cela sent son vieillard qui, pour en faire accroire, Cache ses cheveux blancs d'une perruque noire — MOL., Éc. des mar. I, 1
  • Il est bien nécessaire d'employer de l'argent à des perruques, lorsque l'on peut porter des cheveux de son cru qui ne coûtent rien ? — ID., Avare, I, 5
2 autres citations
  • Monseigneur s'est fait couper les cheveux ; il en avait une très grande quantité et les plus beaux du monde, mais ils l'incommodaient à la chasse ; il a pris la perruque qui ne lui sied pas mal — DANGEAU, I, 423, 30 déc. 1686
  • Parce qu'il a une perruque blonde et des vapeurs noires, il se croit un philosophe anglais — MARMONTEL, Cont. mor. Connaiss.

Tête à perruque, tête en bois, sur laquelle on place une perruque pour l'accommoder.

Fig. Tète à perruque, vieillard de peu d'esprit et opiniâtre en ses préjugés.

  • Quand elle [la raison] s'est présentée en Bavière et en Autriche, elle a trouvé deux ou trois grosses têtes à perruque qui l'ont regardée avec des yeux stupides et étonnés — VOLT., L'homme au 40 écus, le bon sens de M. André.

Populairement et fig. Donner une perruque à quelqu'un, le réprimander vertement.

2Fig. S'est dit pour chevelure des arbres, feuillage ; acception qui n'est plus usitée, ou qui ne le serait qu'en plaisanterie.

  • Le tronc de branches dévêtu.... Reprenant sa perruque verte — RÉGNIER, Stances relig.

3Terme de botanique. Assemblage de poils ou de filaments très menus auxquels adhèrent les graines des champignons angiocarpiens.

4 Fig et populairement. Personne trop âgée pour les fonctions qu'elle occupe, ou attachée à des idées qui ont passé de mode. C'est une perruque.

  • Je ne balance pas assurément entre Catherine II et les vingt-cinq perruques de Genève — VOLT., Lett. d'Argental, 11 oct. 1765
  • Le mot perruque était le dernier mot trouvé par le journalisme romantique, qui en avait affublé les classiques — H. BALZAC, dans Excentricités du langage.

Adj. Vieux, suranné. Cela est décidément perruque.

  • Il le trouvait [un journal] tiède, timide, arriéré, perruque ; ce dernier substantif métamorphosé en adjectif exprimait le plus haut degré de son mépris — CH. DE BERNARD, un Homme sérieux, § 5
Historique

XVe s.

  • Quant leurs cheveux sont trop petiz, Ils ont une perruque feincte — COQUILL., Monolog. des perr.

XVIe s.

  • Mettant un chapeau de laurier par dessus sa longue perruque [chevelure] — AMYOT, Rom. 25
  • ....Et d'autant que tousjours vostre chef renouvelle De printemps en printemps sa perruque nouvelle — RONS., 750
Étymologie

Wallon, perik ; espagn. peluca ; portug. peruca ; ital. parruca ; Sardaigne, pilucca ; lombard, peluch, toupet ; piém. pluch ; génois, pelluco, cheveu, fibre ; valaque, parocë. Tous ces mots se ramènent au lat. pilus, poil, qui a donné les formes en l, comme il a donné l'italien piluccare, et le français peluche ; les formes en r sont des altérations. Toutefois l'espagnol perico, toupet, reste en dehors de cette dérivation, sans cependant pouvoir la contredire. Perruque paraît pour la première fois en France dans le XVe siècle ; le sens propre en est chevelure. On a aussi indiqué comme étymologie le grec πύῤῥιχος, fauve, jaune, parce que les premières perruques furent faites de cheveux blonds fort estimés dans l'ancienne Rome ; mais rien ne montre l'existence et la filiation de ce mot dans les langues romanes.

Supplément au dictionnaire

PERRUQUE. Ajoutez :

5

  • Arbre à perruques, le rhus cotinus, L., — BAILLON, Dict. de botan. p. 257

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « perruque » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire