pitoyable

nature
adj
diction
[pitwajabl] · 3 syllabes
usage
13 par million de mots
parenté
pitié

Sens et définitions

Adjectif 3

  1. vieilli Qui est naturellement enclin à la pitié.
    • Soyez pitoyables Et donnez du pain À de pauvres diables, Qui meurent de faim… Les Brigands (opéra bouffe), Jacques Offenbach, Livret de Henri Meilhac et de Ludovic Halévy (1869)
  2. Qui excite la pitié.
    • Elle pleurait simplement, sans aucun sanglot, mais n'en paraissait que plus pitoyable. Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre IV
  3. péjoratif Qui inspire une pitié méprisante, qui est mauvais dans son genre, qui est digne de mépris.
    • Oui, sans doute, il est pitoyable que des personnes aisées occupent indûment des lits dans les hôpitaux. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931

Citation

Qu'à la fin mes ennuis la rendent pitoyable [ma dame], Pourvu que je la serve à son contentement
François de Malherbe, V, 23

Origine du mot

Pitoyer, qui se trouve dans a-pitoyer, et qui vient de piteux ; prov. piatable. — Littré, 1873

1873 — le Littré

PITOYABLE adj. (pi-to-ia-bl' ; plusieurs disent pi-toiia-bl')

1 Qui est naturellement enclin à la pitié. repris par le Wiktionnaire

  • Qu'à la fin mes ennuis la rendent pitoyable [ma dame], Pourvu que je la serve à son contentement — MALH., V, 23
  • Si le ciel pitoyable eût écouté ma voix — CORN., Hor. III, 5
2 autres citations
  • La femme du meunier, pitoyable comme une femme, lui fit dresser un lit et le fit coucher — SCARR., Rom. com. II, 16
  • Le missionnaire rendait les maîtres plus pitoyables et les esclaves plus vertueux — CHATEAUB., Génie, IV, IV, 7

Il se dit en ce sens des sentiments, des regards, etc.

  • Il n'y eut jamais une tristesse pareille à la mienne ; et, si j'osais écrire des lettres pitoyables, je dirais des choses qui vous feraient fendre le cœur — VOIT., Lett. XI
  • J'entre en des sentiments qui ne sont pas croyables, J'en ai de violents, j'en ai de pitoyables.... J'aime ce malheureux.... — CORN., Poly. III, 5
1 autre citation
  • ....Allez, je vous fais grâce, Je jette encore un œil pitoyable sur vous — MOL., Ét. II, 8

Il vieillit en cet emploi, et pour l'employer il faut en bien choisir la place.

En style d'anciennes ordonnances, lieux pitoyables, les hôpitaux, maladreries, etc.

2 Qui excite la pitié. repris par le Wiktionnaire

  • Je jure donc par vous, ô pitoyable reste [cendres de Pompée]... — CORN., Pomp. v, 1
  • Je voudrais pouvoir me dispenser de vous représenter un si pitoyable spectacle — FLÉCH., Panég. II, 363

Substantivement.

  • Est-il moins dans la nature de s'attendrir sur le pitoyable que d'éclater sur le ridicule ? — LA BRUY., I

3Par dénigrement. Méprisable, mauvais dans son genre. encore relevé aujourd’hui

  • Quels pitoyables vers ! quel style languissant ! — BOILEAU, Ép. X
  • Je ne m'amuserai point à prouver ici combien sont pitoyables tous ces raisonnements — DIDEROT, Opin. des anc. philos. (antédiluvienne philos.)

Cela est pitoyable, se dit d'un acte, d'une parole qui ne mérite aucune attention sérieuse.

  • On m'a bien reproché cet embrasement du temple d'Éphèse ; toute la Grèce en a fait beaucoup de bruit ; mais en vérité cela est pitoyable ; on ne juge guère sainement des choses — FONTEN., Dial. 1, Morts anc.

Il se dit aussi des personnes. Un poëte pitoyable.

  • Il [le duc de Montmouth] paraît partout tel qu'il était dans sa conduite, téméraire dans ses entreprises, incertain dans l'exécution, et pitoyable dans les extrémités où beaucoup de fermeté doit au moins répondre à la grandeur de l'attentat — HAMILT., Gramm. X
Historique

XIIIe s.

  • Ele ot le cuer si piteable, Et si dous et si amiable... — la Rose, 1211

XVe s.

  • [Sa grâce] n'estoit pas trop difficile de conquerre, tant estoit douce et pitiable — LOUIS XI, Nouv. XXXIV

XVIe s.

  • Le pape ne peut convertir aucuns legs, ores qu'ils fussent pitoyables [pieux], en autre usage contre la volonté des deffunts — P. PITHOU, 25
  • Chelonys, fille et femme de roys de Sparte.... n'ayant aultre choix que de se jecter au party où elle faisoit le plus de besoing, et où elle se montroit plus pitoyable — MONT., IV, 284
2 autres citations
  • Les gestes et mouvements pitoyables.... d'un homme mourant en angoisse — ID., II, 131
  • Les grimaces de la vieillesse, ces grimaces difformes et pitoyables — ID., III, 382
Étymologie

Pitoyer, qui se trouve dans a-pitoyer, et qui vient de piteux ; prov. piatable.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 3 de l’édition papier

Liens de sens

Contraires

impitoyable

Dérivés

pitoyablement

Famille morphologique

pitié

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « pitoyable » du Wiktionnaire.

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