pourtant

nature
adv
diction
[puʁtɑ̃] · 2 syllabes
usage
471 par million de mots

Sens et définitions

Adverbe 1

  1. Néanmoins ; cependant ; malgré cela.
    • Dernièrement, j’avais eu la maladresse de m’enrhumer en pleine chaleur. Voilà pourtant ce que c’est que de devenir vieux : on ne peut résister à rien. Émile Thirion, La Politique au village, Fischbacher, 1896, page 125

Citation

Ses écrits [de Juvénal], pleins partout d'affreuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés
Nicolas Boileau, Art p. II

Origine du mot

Pour et tant, proprement pour si grande chose, pour tout cela. C'est aussi le sens ancien ; et le sens moderne ne commence à se trouver, et encore rarement, qu'au XVIe siècle. — Littré, 1873

1873 — le Littré

POURTANT conj. (pour-tan)

1 Pour cela (sens archaïque aujourd'hui tout à fait inusité).

2 Néanmoins, malgré cela. encore relevé aujourd’hui

  • Ses écrits [de Juvénal], pleins partout d'affreuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés — BOILEAU, Art p. II
  • Ajoutez-y la gloire de la vertu ; le monde la craint et la fuit, mais le monde pourtant la respecte — MASS., Pet. carême, Triomphe de la relig.
1 autre citation
  • Qu'enfin le dieu Terme des Romains ne reculerait jamais ; ce qui arriva pourtant sous Adrien — MONTESQ., Rom. X
Synonyme

POURTANT, CEPENDANT. Étymologiquement, ces deux mots n'ont rien de commun : cependant veut dire pendant ce temps ; et pourtant signifie pour une si grande chose, pour un tel motif, sens qu'il a toujours dans l'ancienne langue. Mais ces mots se sont rapprochés. Cependant, annonçant que, tandis qu'une certaine chose se montre, se passe, apparaît, une autre contraire a lieu, et pourtant, passant au sens de pour si grand que ce soit, ont pris par là un sens adversatif. Mais dans l'usage il est bien difficile de saisir une nuance entre ces deux adverbes.

Historique

XIIe s.

  • Onques vers lui [elle] n'oi [je n'eus] faus cuer ne volage ; Si m'en devroit pour tant mieus avenir — Couci, XI

XVe s.

  • Le duc d'Anjou jeta son avis à aller mettre le siege devant Bergerac, pourtant qu'elle est la clef de la Gascogne — FROISS., II, II, 1
  • Je dis que je n'irois point seul et que je voulois un tesmoin : et pourtant vint avec moy un appellé Robertet — COMM., VIII, 7
1 autre citation
  • Ce qu'ils [les Anglais] refuserent, pourtant que ils ne voulurent faire ledit hommage — ID., I, 7

XVIe s.

  • Pourtant [pour tous ces motifs], mon filz bien aymé, le plus toust que faire pourras, retourne — RAB., Garg. I, 29
  • Moy qui ay la bouche si effrontée, suis pourtant par complexion, touché de cette honte — MONT., I, 16
1 autre citation
  • Il vouloit bien assommer, mais non pas blecer, et pourtant ne combattoit que de masse — ID., I, 323
Étymologie

Pour et tant, proprement pour si grande chose, pour tout cela. C'est aussi le sens ancien ; et le sens moderne ne commence à se trouver, et encore rarement, qu'au XVIe siècle.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 3 de l’édition papier

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « pourtant » du Wiktionnaire.

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