publicain

nature
nom masculin
diction
[pyblikɛ̃] · 3 syllabes
attesté
1190
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. péjoratif Percepteur, collecteur, financier, ou quiconque est chargé de percevoir les deniers publics.
    • Fallait-il que j’attende plusieurs heures encore, voire jusqu’au lendemain, que des policiers passent par là — les rosses publicains, comme disait Zwakh en parlant d’eux ? Gustav Meyrink, Le Golem, 1915 ; traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre, 2003, page 139
  2. péjoratif Personne cupide, avare, vénale, qui cherche à faire du profit.
2 emplois spécialisés
  1. Antiquité Fermier des deniers publics, chez les Romains.
    • La rapacité des publicains se donnait libre carrière dans les provinces. Partout où les armes romaines avaient pénétré, ils s’abattaient sur le pays et le mettaient en coupe réglée. Gustave Bloch, La République romaine, Flammarion, 1913
  2. Antiquité Collecteur subalterne juif, au service de l’occupant romain, détesté par la population locale.

Adjectif 1

  1. Relatif à Publy, commune française située dans le département du Jura.

Citation

Scévola fit justice des publicains, et fit mener en prison ceux qui y traînaient les autres
Montesquieu, Espr. XI, 18

Origine du mot

Du latin publicanus.

Dans le dictionnaire latin : publicanus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PUBLICAIN s. m. (pu-bli-kin)

1 Chez les anciens Romains, fermier des deniers publics. encore relevé aujourd’hui

  • Scévola fit justice des publicains, et fit mener en prison ceux qui y traînaient les autres — MONTESQ., Espr. XI, 18

Nom donné chez les Juifs aux percepteurs d'impôts, qui, comme on le voit dans les Évangiles, étaient fort haïs.

  • Plusieurs Juifs se faisaient publicains, c'est-à-dire fermiers des tributs et des impositions — FLEURY, Mœurs des Israél. tit. XXXII, 3e part. p. 398 et 399, dans POUGENS.

2Par dénigrement, traitant, financier, homme d'affaires. encore relevé aujourd’hui

  • Lacroix, receveur général de Paris, était fort honnête homme et modeste pour un publicain qui a de tels accès [chez la Choin] — SAINT-SIMON, 295, 31
  • N'avez-vous pas été frappé de l'énergie avec laquelle l'Antifinancier peint la misère du peuple et les vexations des publicains ? — VOLT., Lett. d'Argental, 8 janv. 1764
1 autre citation
  • Déplorant le sort de ces belles contrées, à qui la nature n'a prodigué ses dons que pour en faire la proie des barbares publicains — J. J. ROUSS., Conf. IV
Étymologie

Provenç. publican ; cat. publica ; espagn. publicano ; ital. pubblicano ; du lat. publicanus, de publicus (voy. PUBLIC). L'ancienne langue en avait fait un terme d'injure sous la forme de poplican.

Supplément au dictionnaire

PUBLICAIN. Ajoutez : - HIST. XIVe s.

  • Aussi seront [mis avant vous, Juifs] les folles fames, Pour ce vous sera grant diffames, Pour ce qu'il ont creü Jehan Entre elles et li publiquan — Miracles de Nostre Dame par personnages, Paris, 1876, p. 235

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « publicain » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire