réticence
- nature
- nom féminin
- diction
- [ʁetisɑ̃s] · 3 syllabes
- usage
- 4 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
Action de taire à dessein une chose qu’on pourrait ou qu’on devrait dire.
- Il a usé avec moi de réticence.
-
Chose même que l’on n’a pas dite.
- Des réticences perfides.
-
Réserve ou restriction.
- En effet, il n’y a pas si longtemps que la réunion des deux éléments de ce titre — préhistoire et Amérique — aurait suscité beaucoup de réticence chez plus d’un américaniste. Marc-R. Sauter, en préface de Préhistoire de l’Amérique, par Salvator Canals Frau, Paris : Payot, 1953, page 5
2 emplois spécialisés
-
Rhétorique
Figure par laquelle l’orateur en s’interrompant fait entendre ce qu’il ne veut pas dire expressément.
- La réticence en dit quelquefois plus que les paroles.
- Assurances Omission volontaire qui consiste à passer sous silence un fait important relatif au risque à garantir.
Citation
La réticence sur des faits si intéressants n'est point pardonnable
Origine du mot
Du latin reticentia, de reticēre (« se taire »).
Dans le dictionnaire latin : reticentia
1873 — le Littré
RÉTICENCE s. f. (ré-ti-san-s')
1 Suppression ou omission volontaire d'une chose qu'on devrait dire ; la chose même qu'on n'a pas dite. encore relevé aujourd’hui
- La réticence sur des faits si intéressants n'est point pardonnable — VOLT., Fragm. sur l'hist. 16
- Il n'y aurait donc qu'en France qu'il ne serait pas permis de faire paraître l'éloge de Louis XIV et de la France ! et cela, parce que je n'ai eu ni la bassesse ni la sottise de défigurer cet éloge par de honteuses réticences et par de lâches déguisements — ID., Lett. Hénault, 1er févr. 1752
2 autres citations
- Cette réticence discrète — MARMONTEL, Mém. II
- Divers genres de réticences rendaient ses lettres plus courtes — STAËL, Corinne, XVII, 2
2 Figure de rhétorique.
- Sorte de prétérition où, commençant l'expression de sa pensée, on s'arrête avant de l'avoir achevée : Je devrais sur l'autel où ta main sacrifie Te.... mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter — RAC., Ath. V, 5, est un exemple de réticence.
- La réticence consiste à passer sous silence des pensées que l'on fait mieux connaître par ce silence, que si on parlait ouvertement — DUMARS., Œuv. t. V, p. 286
1 autre citation
- Euclide s'étendit sur les divers ornements du discours, il me cita des réticences heureuses, des allusions fines, des pensées ingénieuses, des reparties pleines de sel — BARTHÉL., Anach. ch. 58
Historique
XVIe s.
- Je r'envoye les curieux aux livres faicts exprès pour la description de ces miseres, afin qu'il paroisse en moi plustost de la reticence que de l'affectation — D'AUB., Hist. I, 262
Étymologie
Lat. reticentia, de reticere, taire, de re, et tacere (voy. TAIRE).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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