Orateur éloquent, qui maîtrise consciemment ou non la rhétorique.
Au reste les gestes de l’humanité ne furent jamais que des bouffonneries lugubres, et les historiens qui découvrent quelque ordre dans la suite des événements sont de grands rhéteurs.Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, page 885
péjoratif Personne dont l’éloquence consiste en un style apprêté, emphatique et déclamatoire.
N’attendez de moi ni définition, ni division de rhéteur. Rien ne serait plus déplacé.Érasme, Éloge de la folie, 1509, Traduction de Thibault de Laveaux en 1780
1 emploi spécialisé
Antiquité
Celui qui enseignait la rhétorique et qui ordinairement faisait profession de donner des règles et des préceptes d’éloquence, soit de vive voix, soit par écrit.
Ce nom surgi de l'Antiquité m'a donné un soupçon d'espoir : à Rome, l'Athenæum était une académie hautement réputée, où les rhéteurs discutaient de lettres et de philosophie.Martine Desjardins, Méduse, 2020, édition Alto, page 23
Citation
On appelle rhéteurs ceux qui faisaient profession d'enseigner l'éloquence, et qui en ont laissé des préceptes
Charles Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 649, dans POUGENS.
Origine du mot
Du latin rhetor (« maître d’éloquence »), emprunté au grec ancien ῥήτωρ, rhêtor (« orateur »).
1 Chez les anciens grecs, terme qui avait un double sens : l'orateur, et celui qui enseigne à bien dire. encore relevé aujourd’hui
On appelle rhéteurs ceux qui faisaient profession d'enseigner l'éloquence, et qui en ont laissé des préceptes — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 649, dans POUGENS.
Le devoir propre du rhéteur, c'est de leur faire sentir [aux étudiants] l'économie d'un discours, les beautés qui s'y trouvent, et les défauts même qui peuvent s'y trouver — ID., Traité des Ét. III, 3
2 Aujourd'hui, en parlant des anciens ou de ceux qui sont morts, celui qui enseigne l'art de bien dire, et qui donne des règles et des préceptes d'éloquence. encore relevé aujourd’hui
3Par dénigrement et dans un sens détourné , l'homme qui ne cherche que la forme du discours, ne s'attache pas du tout au fond des choses, et parle beaucoup sans rien dire.
Rhéteurs embarrassés dans votre toge neuve — V. HUGO, Crépuscule, 2
Se dit aussi de celui qui dissimule de mauvaises ou insuffisantes raisons sous une forme passionnée.
Étymologie
Lat. rhetorem, du grec ῥήτωρ. Ῥή-τωρ, éolien βρήτωρ, venant de ῥέω, ἐρῶ, dire, parler, se rattache par le digamma au lat. verbum, au goth. vaurd, all. Wort, angl. word.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0).Édition papier :
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