docteur
- nature
- nom masculin
- diction
- [dɔktœʁ] · 2 syllabes
- attesté
- 1160
- usage
- 307 par million de mots
Sens et définitions
Nom 9
-
Personne promue dans une université au grade le plus élevé de quelque faculté.
- M. Pierre-Nicolas Anot, prêtre, docteur en théologie, chanoine, théologal et grand-pénitencier de Reims, est mort le 21 octobre dernier, âgé de près de 61 ans. L’Ami de la religion et du roi : journal ecclésiastique, politique et littéraire, nᵒ 964, 5 novembre 1823, page 397
- Personne qui professe la médecine et aussi la chirurgie, après avoir acquis le grade de docteur.
-
Médecin.
- […] madame d’Aiglemont sourit à l’espoir d’une prompte guérison, et n’opposa plus de résistance à la volonté de son mari, qui la violentait pour lui faire accepter les soins du jeune docteur. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
- Personne qui est habile en quelque chose que ce soit.
-
Personne donnant des enseignements sur des points de doctrine.
- Personne ne fut empalé ; de quoi plusieurs docteurs murmurèrent, et en présagèrent la décadence de Babylone. Voltaire, Zadig ou la Destinée, IV. L’Envieux, 1748
-
Exégète ou commentateur pédant ou oiseux.
- Ces docteurs confondent, par un grossier sophisme, un idéal qui, en tant que non changeant, peut par pure métaphore être qualifié de mort, avec les hommes, les êtres charnels […] Julien Benda, La Trahison des clercs : Appendice des valeurs cléricales, 1927, édition 1946
3 emplois spécialisés
- Technique Cylindre gravé en creux, destiné à recevoir de l’encre, dans les usines d’impression sur tissu.
- Technique Cylindre destiné à presser la colle sur le cylindre encolleur dans les usines de fabrication de carton ondulé.
- Pâtes et papier Racle en matériau dur placée sur un rouleau de presse, un cylindre frictionneur afin d'éliminer les débris de papier, de pâte et de colle.
Citation
Vous devriez brûler tout ce meuble inutile, Et laisser la science aux docteurs de la ville
Origine du mot
Du latin doctor, dérivé de doceo (« instruire »).
Dans le dictionnaire latin : doctor
1873 — le Littré
DOCTEUR s. m. (do-kteur)
1 Celui qui enseigne, qui dogmatise. encore relevé aujourd’hui
- Vous devriez brûler tout ce meuble inutile, Et laisser la science aux docteurs de la ville — MOL., F. sav. II, 7
- Notre docteur bientôt va lever tous ses doutes — BOILEAU, Sat. x.
2 autres citations
- On chassa ces docteurs prêchant sans mission — ID., Art p. III
- Soyez donc vous-même, ô mon Dieu, le docteur intérieur des fidèles qui m'écoutent — MASS., Car. Jeûne.
Les docteurs de l'Église, ceux qui enseignent les vérités du christianisme, et, particulièrement, les Pères de l'Église dont les doctrines ont dominé, tels que saint Athanase, saint Augustin, etc.
Il se dit aussi des principaux maîtres de la scolastique ; et alors docteur est d'ordinaire accompagné d'une épithète. Le docteur angélique, saint Thomas. Le docteur séraphique, saint Bonaventure. Le docteur admirable, Roger Bacon. Le docteur subtil, Jean Duns ou Scot. Le docteur invincible, Ockam, chef des nominaux. Le docteur illuminé, R. Lulle.
Les docteurs de la loi dans l'Ancien Testament, ceux qui enseignaient et interprétaient la loi judaïque.
- Malheur à vous, docteurs de la loi, qui vous êtes saisis de la clef de la science, et qui, n'y étant point entrés vous-mêmes, l'avez encore fermée à ceux qui y voulaient entrer — SACI, Bible, Év. St Luc, XI, 75
- C'était [Éléazar] un vénérable vieillard, âgé de quatre-vingt-dix ans, docteur de la loi, dont la vie avait toujours été pure et innocente — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. VIII, p. 629, dans POUGENS
En mauvaise part.
- Va, ne présume pas que, quoi que je te jure, De tes nouveaux docteurs je suive l'imposture — CORN., Poly. V, 2
- Leur subtil conducteur [Cromwell] qui, en combattant, en dogmatisant, en mêlant mille personnages divers, et faisant le docteur et le prophète aussi bien que le soldat et le capitaine.... — BOSSUET, Reine d'Anglet.
1 autre citation
- Les docteurs d'une science orgueilleuse promettaient la sagesse à leurs disciples — MASS., Paraphr. Ps. XVIII
Dans un sens général. Faire le docteur, prendre le ton de docteur, faire l'homme capable ; se donner un air capable.
2 Celui qui est habile en quelque chose que ce soit. encore relevé aujourd’hui
- N'y ayant rien de plus injuste que de blâmer la doctrine, à cause des fautes où tombent les docteurs — BOSSUET, Var. II
- Ce serait multiplier étrangement les docteurs et, à force de doctrine, renverser toute l'économie et toute la conduite du monde — BOURDAL., Pensées, t. II, p. 340
Par extension.
- Et les femmes docteurs ne sont point de mon goût — MOL., Femm. sav. I, 3
Fig.
- Que fit-il ? le besoin, docteur en stratagème, Lui fournit celui-ci.... — LA FONT., Fabl. X, 4
3 Celui qui est promu au plus haut grade d'une faculté, après avoir écrit et soutenu une ou deux thèses, suivant la faculté. Docteur en théologie, en droit, en médecine. Docteur ès lettres, ès sciences. Le docteur ès lettres doit présenter et soutenir une thèse latine et une thèse française. Le grade de docteur. Être reçu docteur. Passer son examen de docteur. encore relevé aujourd’hui
- Laisse là saint Thomas s'accorder avec Scot, Et conclus avec moi qu'un docteur est un sot — BOILEAU, Sat. VIII
- C'est ce schisme [entre les chrétiens d'Orient et ceux d'Occident] que quelques docteurs de l'université de Paris crurent éteindre tout d'un coup en donnant un mémoire à Pierre le Grand — VOLT., Russie, II, 9
Docteur-médecin, médecin qui a le titre de docteur.
Docteur-régent, se disait autrefois d'un docteur qui enseignait publiquement.
Anciennement. Docteur in utroque jure, et, elliptiquement, docteur in utroque, docteur en droit civil et en droit canon.
Fig. et familièrement, homme instruit à la fois dans deux branches de connaissances.
4 Médecin (par ellipse pour docteur en médecine). Consulter son docteur. Faire venir le docteur.
5 Instrument qui sert à racler ou à essuyer le cylindre gravé qu'on emploie pour l'impression sur toile.
Historique
XIIe s.
- Si cum li saint escrit mustrent e li doctur, Deus rove les apostles e que lur successur E tut cil qui laburent el champ nostre Seignur, Ne seient dechacié n'osté de lur tenur — Th. le mart. 73
XIVe s.
- Ne au pere ne doit l'en pas le honeur que l'en doit à un sage comme à son dotteur ou maistre — ORESME, Eth. 262
XVe s.
- Manyant toute la viande, Comme docteur en medecine, Qui tient malades en commande — VILLON, Rep. franch.
XVIe s.
- Docteur en toute lourdise [ignorant] — OUDIN, Curiosités.
- De jeune docteur argument cornu — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 128
Étymologie
Provenç. et espagn. doctor ; ital. dottore ; du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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