ribaud

nature
nom masculin
diction
[ʁibo] · 2 syllabes
attesté
1101
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. vieilli Personne qui fréquente habituellement les endroits malfamés (maisons de prostitution).
    • À le laisser commencer si jeune, vous ferez de votre fils un grand ribaud ! Robert Merle, La Volte des vertugadins, Éditions de Fallois, Paris, 1991
  2. Officier de la maison du roi qui était chargé de la police intérieure du palais et de la surveillance des maisons de jeu et de prostitution.
    • Le nom de roi des ribauds donné à leur chef fut maintenu, jusqu’à la fin de la guerre de Cent ans, pour désigner un personnage attaché à la maison du roi et qui y remplissait les fonctions d’officier de police. Quillet, 1965
  3. Aventurier qui suivait l’armée en quête de pillages, pilleur.
    • Sire, ces armes-là, je les laisse aux vassaux, aux ribauds, aux esclaves, Et m’en tiens à l’épée, à l’arme des vrais braves ! Henri de Bornier, La Fille de Roland, 1875
1 emploi spécialisé
  1. Histoire Soldat de la garde créé par Philippe Auguste.
    • Le corps des ribauds fut créé par Philippe Auguste pour la sûreté de sa vie […] Les ribauds étaient armés de massues et veillaient jour et nuit sur la personne du roi. Larousse, 19ᵉ édition

Adjectif 1

  1. vieilli Impudique, luxurieux.
    • Il se réjouissait surtout des histoires de femmes ribaudes et de maris trompés. Maurice Druon, Le Lis et le Lion, 1960

Origine du mot

De l’ancien français ribaud, dérivé de riber (« folâtrer, se livrer au plaisir »), sens pris par ribauder.

1873 — le Littré

RIBAUD, AUDE adj. (ri-bô, bô-d')

1 Terme populaire et grossier. Impudique, luxurieux. Un homme ribaud, une femme ribaude. encore relevé aujourd’hui

Substantivement.

  • Le jeu n'est sûr avec cette ribaude — BOILEAU, Épigr. III
  • Ce gentil dieu qu'on appelle Mercure, Dieu des fripons, des ribleurs et ribauds — CHAUL., Rép. à l'abbé Courtin, Œuv. t. I, p. 147

2 Roi des ribauds, officier de la suite du roi dont l'emploi était de s'enquérir des crimes qui se commettaient dans cette suite et d'en faire justice ; il avait aussi juridiction sur les jeux et brelans et sur les femmes publiques.

S. f. Ribaude s'est dit, à Paris, d'une pomme entourée de pâte et cuite au four.

Historique

XIIe s.

  • N'a en la route ne ribaud ne garçon — Garin, dans DU CANGE, ribaldi

XIIIe s.

  • Et li ribaut boutoient le fu partou et prendoient proie — Chr. de Rains, p. 134
  • Tiens soit li pooirs et li baus, Tu seras mès rois des ribaus, Ainsinc le vuet nostre chapitre — la Rose, 10974
3 autres citations
  • Car voi bien ore apertement Par vostre parleüre baude, Que vous estes fole ribaude — ib. 7014
  • Mais ribaus ont les cuers si baus, Portant sacs de charbon en greve, Que la peine riens ne leur greve — DU CANGE, ribaldi.
  • Une feme avoit fet son plet à deus ribaus, qu'il tueroient son baron [mari] — BEAUMANOIR, LXIX, 16

XIVe s.

  • Item a le prevost le jugement des cas advenus en l'ost ou chevauchée du roi, et le roy des ribaulx en a l'execution.... Le roy des ribaulx a de son droit, à cause de son office, connoissance sur tous jeux de dez, de berlens et d'autres qui se font en ost et chevauchée du roy ; item sur tous les logis des bourdeaulx et des femmes bourdelieres, doit avoir deux sols la sepmaine — DU CANGE, ribaldi.

XVe s.

  • Ils pourront mettre à l'encontre d'eux, si ils veulent, pour combattre, dix ribaux ou varlets — FROISS., III, IV, 15
  • Et se trouverent jusques à cinq cens lances, chevaliers et escuiers, et bien quatre mille ribaux — ID., dans DU CANGE, ribaldi.

XVIe s.

  • Et est une chose esmerveillable qu'avec le temps l'estat de ce roi des ribauds alla tellement au raval, que je le voy avoir esté pris pour executeur de la haute justice — PASQUIER, Rech. VIII, p. 525
Étymologie

Provenç. ribaut ; espagn. et ital. ribaldo, et aussi rubaldo. Mot d'origine incertaine. Quelques-uns le tirent du germanique bald, hardi, qui avait donné baud, dans l'ancien français, avec le préfixe germanique eri, qui signifie avant : le très hardi, le très baud. On remarquera que ceux qui ont écrit en vers latins dans le XIIe et le XIIIe siècle font ri long, ribaldi. Diez y voit un dérivé de l'anc. haut-allem. hrîpâ, moyen haut-allem. rîbe, prostituée. Scheler préfère l'allem. reiben, frotter, de sorte que ribaud répondrait au latin perfrictus, adroit, fourbe. L'ancienne langue avait plusieurs dérivés : ribaudaille, ribauder, ribaudie, ribeaudeau. L'étymologie de Diez paraît la plus probable, bien que ribaud n'ait pas toujours eu une acception défavorable et qu'il ait signifié, en certains moments, une sorte de soldats, et aussi portefaix.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ribaud » du Wiktionnaire.

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