ruelle
- nature
- nom féminin
- diction
- [ʁɥɛl] · 1 syllabe
- usage
- 18 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Petite rue étroite.
- M. Pelley m’a fait, l’autre soir, une description des ruelles napolitaines à en avoir froid dans le dos. Jacques Mersenne, Le soir du Bac, 1962
- Voie de desserte parallèle aux rues sur laquelle donnent la cour arrière des maisons.
-
figuré Espace qu’on laisse entre un des côtés du lit et la muraille.
- L’État règne. […]. Jusque dans la ruelle du lit, il faut qu’il exerce ou délègue son autorité stérilisante. Pierre Louÿs, Liberté pour l’amour et pour le mariage, 1900, dans Archipel, 1932
-
vieilli Chambre à coucher, alcôve de certaines dames de qualité, qui servait de salon de conversation.
- Tu mettrais l’univers entier dans ta ruelle, Femme impure ! L’ennui rend ton âme cruelle. Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe rueller.
- Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe rueller.
- Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe rueller.
- Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe rueller.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe rueller.
Citation
La fantaisie présente de son mari [le prince de Guéméné] est de sonner du cor à la ruelle de son lit
Origine du mot
Du moyen français ruelle, lui-même de l’ancien français ruele. Diminutif de rue avec le suffixe -elle.
1873 — le Littré
RUELLE s. f. (ru-è-l')
1 Petite rue.
- Je t'attendais du côté de la ruelle ; outre que c'est le plus court et le plus commode.... — DANCOURT, Fête du village, III, 5
Coureur de ruelles, celui qui fréquente les lieux de débauche (à cause que les mauvais lieux sont souvent dans les ruelles).
- Puis les Gascons et les trois péronnelles Y concertaient sur des tons de ruelles — GRESS., Ver-vert, III
2Fig. Ruelle du lit, ou, simplement, la ruelle, espace laissé entre le lit et la muraille. encore relevé aujourd’hui
- La coutume d'Espagne est de recevoir les envoyés à la ruelle du lit ; et don Francisque avait témoigné désirer qu'on le traitât ainsi ; ce que l'on a déjà fait en France pour d'autres — PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 35
- La fantaisie présente de son mari [le prince de Guéméné] est de sonner du cor à la ruelle de son lit — SÉV., 29 déc. 1679
3 Se disait particulièrement des chambres à coucher sous Louis XIV, des alcôves de certaines dames de qualité, servant de salon de conversation et où régnait souvent le ton précieux. encore relevé aujourd’hui
- Vous verrez courir, de ma façon, dans les belles ruelles de Paris, deux cents chansons, autant de sonnets — MOL., Préc. 10
- Moi, j'irais me charger d'une spirituelle Qui ne parlerait rien que cercle et que ruelle ! — ID., Éc. des f. I, 1
4 autres citations
- Le style du P. Maimbourg me déplaît fort, il a ramassé le délicat des mauvaises ruelles — SÉV., 14 sept. 1675
- Tes bons mots autrefois délices des ruelles — BOILEAU, Sat. XI
- Qui saura comme lui chanter à table tout un dialogue de l'opéra, et les fureurs de Roland dans une ruelle ? — LA BRUY., VII
- Elle m'enviait bien quand on m'emmenait dans une ruelle pour me faire quelque confidence — GENLIS, Mme de Maintenon, t. I, p. 167, dans POUGENS
Aujourd'hui, il ne se dit plus que figurément et pour caractériser ce qui est précieux et efféminé.
- Il leur enseigne de traiter galamment Les grands sujets en style de ruelle — J. B. ROUSS., Épigr. II, 15
- Sans le secours d'un amour impertinent et d'une galanterie de ruelle, aussi déplacés dans l'Électre qu'ils le seraient dans Cornélie — VOLT., Lett. Mlle Clairon, 7 août 1761
1 autre citation
- Un homme qui n'apprit à parler que dans les ruelles — J. J. ROUSS., Ém. I
Fig. et familièrement, par dénigrement. Passer sa vie dans les ruelles, aller de ruelle en ruelle, ne s'occuper que de la société des femmes.
- Plus content de sa journée que tous vos chasseurs de ruelle — ID., Ém. IV
Briller dans les ruelles, briller dans la conversation des dames.
4Terme de marine. Bordage à double cambrure, qui relie l'étambot au flanc d'un bâtiment. non relevé aujourd’hui
Historique
XIIIe s.
- Abstinence, la suer Reson, Est presque seule en sa meson, Qui tant est delitable et bele ; Si n'est pas en orde ruele, Ainz la porrez veoir à plain — RUTEB., II, 52
XVe s.
- André passa la ruelle ou venelle de la maison — DU CANGE, venella.
XVIe s.
- Quand Antigonus fut alendroit d'une ruelle, par où il faut destourner pour monter contre-mont au chasteau — AMYOT, Arat. 20
- Il avoit en la ruelle de son lict un dard, duquel.... — D'AUB., Faen. III, 24
2 autres citations
- Entre le four d'un boulenger et le mur moitoyen doit avoir deux pieds de ruelle d'espace, ou contre-mur qui le vaille, pour eschever la chaleur et le peril du feu d'iceluy four — Coust. gén. t. I, p. 370
- [Chez les anciens] les femmes couchoient au lict du costé de la ruelle — MONT., I, 374
Étymologie
Dimin. de rue ; bourguig. roulôtte ; Berry, ruette ; picard, ruelette.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ruelle » du Wiktionnaire.