venelle
- nature
- nom féminin
- diction
- [vənɛl] · 2 syllabes
- usage
- 2 par million de mots
Sens et définitions
Nom 1
-
Ruelle étroite, entre des murs ou des haies.
- À la fin, après une suprême hésitation, il s'enfonça dans une venelle étroite, absolument privée de lumière. Jean Ray, Harry Dickson, L'Etoile à sept branches, 1935
Citation
Cet animal, irrité, ainsi qu'un taureau furieux à qui l'on ouvre la barrière, enfila la venelle, et, me passant entre les jambes, m'enleva de terre
Origine du mot
Génev. veniule ; Berry, vane, vanne, ruelle ; bas-lat. venella dans un diplôme de 648 (GRANDGAGNAGE, Noms vallons). Du Cange y voit un diminutif de vena, veine, pris figurément. Cela est appuyé par le génevois veniule, et par le bas-latin venula, venelle, dans un texte cité par du Cange. Courtépée, Descrip. du duché de Bourgogne, p. 506, prétend que enfiler la venelle vient de ce que, en 1437, les écorcheurs rôdant autour de Selongey et de Gemeaux, localités où passe une petite rivière dite la Venelle, les habitants les pourchassèrent jusqu'à un défilé fort étroit, ne se sauvant que ceux qui se jetèrent dans la Venelle. Mais c'est là, comme il arrive si souvent, une historiette inventée pour expliquer une locution. Venelle, sans compter les textes du bas-latin, se trouve dès le XIIIe siècle ; et enfiler la renelle ou la ruelle a pu se dire sans qu'il y ait besoin des écorcheurs. — Littré, 1873
1873 — le Littré
VENELLE s. f. (ve-nè-l')
Petite rue. non relevé aujourd’hui
- Cet animal, irrité, ainsi qu'un taureau furieux à qui l'on ouvre la barrière, enfila la venelle, et, me passant entre les jambes, m'enleva de terre — LESAGE, Guzm. d'Alf. III, 12
Ce terme, vieilli et employé encore en Normandie, n'est resté usité que dans cette locution figurée : Enfiler la venelle, prendre la fuite.
- J'enfile la venelle ; et, tout léger d'effroi, Je cours un fort long temps sans voir derrière moi — RÉGNIER, Sat. X
- Et le cheval, qu'à l'herbe on avait mis, Assez peu curieux de semblables amis [loup, renard], Fut presque sur le point d'enfiler la venelle — LA FONT., Fabl. XII, 17
Historique
XIIIe s.
- Laquaus [laquelle] maisuns se tient d'une part à la venele Saint Sauveor — Bibl. des ch. 3e série, t. v, p. 88
XVe s.
- Le suppliant se tourna en une venelle entre deux maisons — DU CANGE, venella.
- La suppliant mist son enfant tout mort en la venelle de son lit — ID., ib.
1 autre citation
- La veuille ou ruelle du lit — ID., ib.
Étymologie
Génev. veniule ; Berry, vane, vanne, ruelle ; bas-lat. venella dans un diplôme de 648 (GRANDGAGNAGE, Noms vallons). Du Cange y voit un diminutif de vena, veine, pris figurément. Cela est appuyé par le génevois veniule, et par le bas-latin venula, venelle, dans un texte cité par du Cange. Courtépée, Descrip. du duché de Bourgogne, p. 506, prétend que enfiler la venelle vient de ce que, en 1437, les écorcheurs rôdant autour de Selongey et de Gemeaux, localités où passe une petite rivière dite la Venelle, les habitants les pourchassèrent jusqu'à un défilé fort étroit, ne se sauvant que ceux qui se jetèrent dans la Venelle. Mais c'est là, comme il arrive si souvent, une historiette inventée pour expliquer une locution. Venelle, sans compter les textes du bas-latin, se trouve dès le XIIIe siècle ; et enfiler la renelle ou la ruelle a pu se dire sans qu'il y ait besoin des écorcheurs.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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