solennel
- nature
- adj masculin
- diction
- [solanɛl] · 3 syllabes
- attesté
- 1380
- usage
- 10 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 4
-
Qui est célébré avec pompe, par des cérémonies publiques.
- Abdou Diouf, Chef de l’État sénégalais, Président en exercice de l’OUA, procèdera à l’ouverture solennelle du pré-festival. Bulletin des études africaines, 1984, nᵒ 7 à 10
-
Fait avec un certain apparat.
- Pour confondre à tout jamais les « ennemis du Christ », Louis IX accepta d'organiser, en 1240, une controverse solennelle sur le Talmud. Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937
-
Qui a un air d’importance ou un ton emphatique.
- Puis il me montra une porte et m'annonça d'un air solennel que, derrière elle, il y avait monsieur Haneda, le président. Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, p. 9
-
Qui est authentique, revêtu de toutes les formes, accompagné des formalités requises.
- Déclaration solennelle.
Citation
Je viens, suivant l'usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée
Origine du mot
Du latin sollemnis (« [fêté] une fois l’an, religieux, festif »).
Dans le dictionnaire latin : sollemnis
1873 — le Littré
SOLENNEL, ELLE adj. (so-la-nèl, nè-l' ; quelques personnes prononcent so-lan-nèl, par a nasalisé ; prononciation des gens du midi, peut-être ancienne, aujourd'hui vicieuse)
1 Célébré chaque année avec des cérémonies publiques et extraordinaires de religion. Sacrifice solennel. Pâques, la Pentecôte, etc. sont des fêtes solennelles. Messe solennelle. encore relevé aujourd’hui
- Je viens, suivant l'usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée — RAC., Ath. I, 1
- Je sors, et vais me joindre à la troupe fidèle Qu'attire de ce jour la pompe solennelle — ID., ib. I, 1
Vœu solennel, vœu fait en face de l'Église avec les formalités requises par les canons, par opposition à vœu simple.
2 Pompeux, accompagné de cérémonies. Il fit dans la ville une entrée solennelle. Des exercices publics et solennels. encore relevé aujourd’hui
3 Authentique, accompagné des formalités requises. Une déclaration solennelle. Un arrêt rendu en forme solennelle. encore relevé aujourd’hui
- Un serment solennel par avance les lie à ce fils de David qu'on leur doit révéler — RAC., Athal. I, 2
Terme de jurisprudence. Contrat solennel, contrat soumis à certaines formes dont l'omission emporte nullité.
- Les testaments reçus par le chancelier dans l'étendue du consulat en présence du consul et de deux témoins seront réputés solennels — Ordonn. marine, août 1681
Par extension, manifeste, public, et, pour ainsi dire, revêtu de formes authentiques.
- Jugez, s'il vous plaît, quelle commotion put faire dans le parlement une réponse si peu conforme aux paroles solennelles que la reine lui avait réitérées plus de dix fois — RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 128, dans POUGENS
- Pour faire voir un exemple solennel de la patience et de la miséricorde de Jésus-Christ — FLÉCH., Panég. I, p. 153
1 autre citation
- Sulpice commence par le mépris solennel qu'il en fait [des charges] — ID., ib. I, p. 345
4Familièrement. Un ton solennel, un ton emphatique. encore relevé aujourd’hui
Un homme solennel, un homme qui a habituellement un ton emphatique.
5 S. m. Terme de liturgie. Solennel majeur, fête moins importante que les fêtes annuelles.
Solennel mineur, fête célébrée avec moins de pompe et dont l'office n'est pas obligatoire.
Remarque
Plusieurs écrivent solemnel, solemnellement, solemnisation, solemniser, solemnité ; mais la prononciation est la même.
Historique
XIIIe s.
- Aus hautes vegiles des festes solempnielx — JOINV., 298
XIVe s.
- L'ostel de S. Pol, lequel nous avons acheté et fait edifier de nos propres deniers, en hostel solennel et de granz esbatemens — DU CANGE, solemnis.
XVe s.
- Trestout ainssi comme qui vouldroit descripre un arbre solemnel, le plus haut et notable du monde, en la loange de luy seroit parlé de la bonté, doulceur et vertu de son fruit — CHRIST. DE PISAN, Charles V, II, 11
- La superfluité [des déguisemens] ne sied pas moult à hommes solemnels, quoyque ils en usent assez en France — Bouciq. IV, 7
XVIe s.
- Et estoit encore lors le prix de la victoire es jeux solennelz isthmiques la couronne d'ache — AMYOT, Timol. 35
- Obliger par solennel serment — MONT., I, 15
Étymologie
Forme dérivée du latin solennis, sollennis, solemnis, que l'on tire de solus, entier, osque solo, sollo, et annus, année ; solennis signifiant ordinaire, habituel, qui se fait tous les ans.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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