sacrilège

nature
nom masculin
diction
[sakʁilɛʒ] · 3 syllabes
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. Profanation d’une chose sacrée ; outrage à une personne digne de vénération ou d’égards.
    • Le vol des choses consacrées à Dieu était un sacrilège, parce que ce vol renfermait une profanation de choses saintes : tel était le vol des calices, ciboires, reliques, images et même des troncs d’église. Adolphe Chauveau et Faustin Hélie, Théorie du Code pénal, Bruxelles : Imprimerie typographique belge, 1844, volume 3, page 40
  2. Action qui s’apparente à la violation de quelque chose de sacré.
    • Ensuite, un thé vert de qualité servi ébouillanté, sacrilège sans nom pour quiconque s’intéresse le moindrement à ce breuvage. Le Devoir, 27 avril 2007
  3. Personne commettant un tel méfait.
    • C’est toute la différence entre un sacrilège, comme Don Juan, et un désacralisateur, comme Nietzsche. Le libertin n’est pas un briseur d’idoles, puisque la sacralité et la morale religieuse sont les conditions mêmes de son art de la transgression. Olivia Gazalé, Je t’aime à la philo, Robert Laffont, Paris, 2012, page 185

Adjectif 2

  1. Qui commet une profanation.
    • Il se trouva ainsi, d’après les lois de l’église, coupable d’un double sacrilège, comme bigame, et comme mari d’une femme qui avait reçu le voile de religieuse. Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 1ᵉʳ récit : Les quatre fils de Chlother Iᵉʳ — Leur caractère — Leurs mariages — Histoire de Galeswinthe (561-568), 1833–1837
  2. Qui relève de la profanation, de la violation du sacré.
    • Mais chut, en dire plus serait sacrilège. Le Devoir, 17-18 février 2007

Interjection 2

  1. Exclamation servant à dénoncer un acte considéré comme sacrilège.
    • Il a craché sur le totem ! Sacrilège !
  2. ironique ou Exclamation servant à dénoncer un acte qu’un autre groupe ou une autre personne considérerait comme sacrilège.

Origine du mot

(Adjectif) Du latin sacrilegus (« qui vole des objets sacrés »).

(Nom) Du latin sacrilegium.

Dans le dictionnaire latin : sacrilegium, sacrilegus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

SACRILÉGE s. m. (sa-kri-lè-j')

1 Action impie par laquelle on profane les choses sacrées.

  • La lettre que vous écrivez à votre frère est admirable ; vous aviez très bien deviné : il est dans le bel air par-dessus les yeux, point de Pâques, point de jubilé ; je n'ai trouvé de bon en lui que la crainte de faire un sacrilége — SÉV., 42
  • Deux jeunes hommes d'Acarnanie.... étaient entrés avec toute la foule dans le temple de Cérès [lors des grands mystères], ne sachant pas que cela fût défendu ; quoique ce ne fût qu'une faute d'ignorance, ils furent massacrés sur-le-champ comme coupables d'impiété et de sacrilége — ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. VIII, p. 213, dans POUGENS
3 autres citations
  • Si, confondant les choses, le magistrat recherche le sacrilége caché, il porte une inquisition sur un genre d'action où elle n'est pas nécessaire — MONTESQ., Esp. XII, 4
  • Par le droit civil des Romains, celui qui enlève d'un lieu sacré une chose privée n'est puni que du crime de vol ; par le droit canonique il est puni de sacrilége — ID., ib. XXVI, 8
  • Les Athéniens ne sont pas plus indulgents pour le sacrilége ; les lois attachent la peine de mort à ce crime, et privent le coupable des honneurs de la sépulture — BARTHÉL., Anach. ch. 21

2 Toute action contre une personne sacrée, digne de vénération, d'égards.

  • Il paraît de tout cela que la personne des rois est sacrée, et qu'attenter sur eux c'est un sacrilége — BOSSUET, Politique, III, II, 2
  • Votre corps, en l'état où Dieu l'a mis, ne peut plus être violé sans sacrilége — ID., 2e sermon, Pâques, 3

Fig. et familièrement. C'est un sacrilége, ce serait un sacrilége, c'est, ce serait une action qui déparerait une chose à laquelle on attache un grand prix. Ce serait un sacrilége d'abattre ce bel arbre, de retoucher ce tableau.

Historique

XIIIe s.

  • Je di que cist hom a fait sacrilege, porce que il embla un cheval dedans le mostier ; ce n'est pas sacrileges, fait li autres, mais larrecins — BRUN. LATINI, Trésor, p. 477
  • Encore poton faire sacriliege en autre maniere, si comme aucuns fiert autrui par maltalent en lieu saint — BEAUMANOIR, XI, 15

XVIe s.

  • Que le sacrilege ne soit pire que le larrecin d'un chou de nostre jardin — MONT., II, 11
Étymologie

Prov. sacrilegi ; espagn. et ital. sacrilegio ; du lat. sacrilegium (voy. SACRILÉGE 2).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « sacrilège » du Wiktionnaire.

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