targe

nature
nom féminin
diction
[taʁʒ] · 1 syllabe
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Monnaie des ducs de Bretagne, qui portait l’image d'un bouclier.
    • Au bout de six mois, l’argent manqua. On fit appel aux pèlerins, on mit un bassin d’étain à la porte de l’église ; mais à peine s'il y tomba quelques targes et quelques liards à la croix. Victor Hugo, « Aix-la-Chapelle - Le tombeau de Charlemagne », lettre IX de Le Rhin : Lettres à un ami, tome 1, Londres : chez Nelson Éditeurs, 1838, page 115
3 emplois spécialisés
  1. Histoire Bouclier rond, qui servait autrefois à protéger les assiégeants.
    • Wamba s’arrêta au milieu d’une plaisanterie, et reprit sa targe et son épée. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
  2. Histoire Bouclier carré ou rectangulaire bombé comme une tuile et parfois comportant une échancrure pour passer une lance.
    • L’abbaye des Tisserands se blasonne d’un griffon ailé, de la tournure la plus fantasque et la plus héraldique. Le More appuyé sur sa targe a une mine truculente digne des héros sarrasins du Tasse et de l’Arioste. Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours, 1858, réédition Nicolas Chadun, pages 54-55
  3. Héraldique Écu dont la partie inférieure est arrondie.

Origine du mot

De l’ancien bas vieux-francique *targa (« bouclier »).

Les mots français venus du francique

1873 — le Littré

TARGE s. f. (tar-j')

1 Espèce de bouclier.

  • Le mot de targe, dans les anciens écrivains, semble appliqué indifféremment à tous les boucliers ; dans le XVe siècle, il paraît désigner plus spécialement celui que portaient les hommes d'armes et les archers ; la targe variait de forme suivant les pays ; la targe allemande était généralement carrée, à surface concave, portant quelquefois à l'un de ses angles une échancrure pour passer la lance — M. O. PENGUILLY, L'HARIDON, Catal. du Musée d'artill.

2 Monnaie des ducs de Bretagne, qui portait au revers l'image d'un bouclier. repris par le Wiktionnaire

3Terme d'horticulture. Dans les compartiments d'un parterre, ornement qui a la forme d'un croissant arrondi par ses extrémités.

Historique

XIe s.

  • Lor targes roées [ornées de ronds] — Ch. de Rol. CCLX

XIIIe s.

  • Et avint un jour que li rois Richars aloit remirant le castiel une targe devant lui — Chr. de Rains, p. 79
  • Il avoit bien trois cens nageurs en sa galie, et à chascun de ses nageurs avoit une targe de ses armes — JOINV., 215

XVe s.

  • La targe au col, le glaive au poing — FROISS., I, I, 99

XVIe s.

  • Ses hommes d'armes à pied, couverts de grands targes d'airain doré — RAB., Sciomachie.
  • Leurs targues à la mode du pays — D'AUB., Hist. II, 321
1 autre citation
  • Il n'a escu ni targe — COTGRAVE
Étymologie

Provenç. tarja, targua ; anc. cat. darga ; espagn. tarja, adarga ; portug. adarga ; du germanique : anglo-sax. targe ; anc. scandin. targa ; anc. h. allem. zarga. La forme adarga s'explique par l'arabe al daragah, bouclier de cuir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « targe » du Wiktionnaire.

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