tondre

nature
ver
diction
[tɔ̃dʁ] · 1 syllabe
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 8

  1. Couper à ras la laine ou le poil des bêtes.
    • Tondre les brebis, les troupeaux.
  2. familier Couper les cheveux de près avec des ciseaux, avec une tondeuse.
    • Il est tondu de frais.
  3. Raser la tête.
    • Il se tond la boule une fois par semaine.
  4. Faire une tonsure à un moine, un ecclésiastique.
    • Quiconque pénètre en ce lieu est fait incontinent moine de l’ordre, sans pour cela qu’on le tonde […] Charles-Augustin Sainte-Beuve, Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIᵉ siècle, 1828
  5. Couper ras de la végétation.
    • Monsieur, replet, chauve, qui tondait le gazon, suivi d’un yorkshire qui jappait. Tatiana de Rosnay, Moka, 2006, partie II
  6. Égaliser une surface.
  7. familier Dépouiller quelqu’un de son argent, de ses biens.
    • Ces aigrefins l’ont complètement tondu.
1 emploi spécialisé
  1. Textiles --couper de près les poils d'une étoffe pour la rendre lisse et unie.

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. je tonds
  2. tu tonds
  3. il tond
  4. nous tondons
  5. vous tondez
  6. ils tondent

Imparfait

  1. je tondais
  2. tu tondais
  3. il tondait
  4. nous tondions
  5. vous tondiez
  6. ils tondaient

Passé simple

  1. je tondis
  2. tu tondis
  3. il tondit
  4. nous tondîmes
  5. vous tondîtes
  6. ils tondirent

Futur simple

  1. je tondrai
  2. tu tondras
  3. il tondra
  4. nous tondrons
  5. vous tondrez
  6. ils tondront

Passé composé

  1. j'ai tondu
  2. tu as tondu
  3. il a tondu
  4. nous avons tondu
  5. vous avez tondu
  6. ils ont tondu

Plus-que-parfait

  1. j'avais tondu
  2. tu avais tondu
  3. il avait tondu
  4. nous avions tondu
  5. vous aviez tondu
  6. ils avaient tondu

Passé antérieur

  1. j'eus tondu
  2. tu eus tondu
  3. il eut tondu
  4. nous eûmes tondu
  5. vous eûtes tondu
  6. ils eurent tondu

Futur antérieur

  1. j'aurai tondu
  2. tu auras tondu
  3. il aura tondu
  4. nous aurons tondu
  5. vous aurez tondu
  6. ils auront tondu

Subjonctif

Présent

  1. je tonde
  2. tu tondes
  3. il tonde
  4. nous tondions
  5. vous tondiez
  6. ils tondent

Imparfait

  1. je tondisse
  2. tu tondisses
  3. il tondît
  4. nous tondissions
  5. vous tondissiez
  6. ils tondissent

Passé

  1. j'aie tondu
  2. tu aies tondu
  3. il ait tondu
  4. nous ayons tondu
  5. vous ayez tondu
  6. ils aient tondu

Plus-que-parfait

  1. j'eusse tondu
  2. tu eusses tondu
  3. il eût tondu
  4. nous eussions tondu
  5. vous eussiez tondu
  6. ils eussent tondu

Conditionnel

Présent

  1. je tondrais
  2. tu tondrais
  3. il tondrait
  4. nous tondrions
  5. vous tondriez
  6. ils tondraient

Passé

  1. j'aurais tondu
  2. tu aurais tondu
  3. il aurait tondu
  4. nous aurions tondu
  5. vous auriez tondu
  6. ils auraient tondu

Impératif

Présent

  1. tonds
  2. tondons
  3. tondez

Passé

  1. aie tondu
  2. ayons tondu
  3. ayez tondu

Formes impersonnelles

Infinitif présent
tondre
Participe présent
tondant
Participe passé
tondu

Citation

La chair des bêtes que j'ai fait tuer pour ceux qui tondent mes brebis
Lemaistre de Sacy, Bible, Rois, I, XXV, 11

Origine du mot

Du latin tondere (« tondre »).

Dans le dictionnaire latin : tondere

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

TONDRE1 v. a. (ton-dr')

, je tonds, tu tonds, il tond, nous tondons, vous tondez, ils tondent ; je tondais ; je tondis ; je tondrai ; je tondrais ; tonds, qu'il tonde, tondons, tondez ; que je tonde, que nous tondions ; que je tondisse ; tondant ; tondu

1 Couper la laine ou le poil à certaines bêtes. Tondre un barbet. encore relevé aujourd’hui

  • La chair des bêtes que j'ai fait tuer pour ceux qui tondent mes brebis — SACI, Bible, Rois, I, XXV, 11

Fig. et familièrement. Se laisser tondre la laine sur le dos, souffrir avec patience les vexations.

Fig. Tondre la brebis de trop près, mettre des impôts trop lourds sur le peuple.

  • La dame d'honneur, se mêlant de la conversation, dit que très souvent ce mot de berger était appliqué aux rois ; qu'on les appelait bergers, parce qu'ils tondent de fort près leur troupeau — VOLT., Pr. Babyl. 2
  • Il est vrai qu'on nous tond un peu trop près, en attendant qu'on nous égorge — Mme DU DEFFANT, Lett. à II. Walpole, t. II, p. 269, dans POUGENS

On dit dans le même sens : tondre une province.

  • Monsieur l'évêque de Munster, Vous tondez donc votre province ? — VOLT., Ép. 65

Fig. et familièrement. Tondre quelqu'un, l'attraper, le tromper.

  • Ceux qui nous chicanent, nous nous efforçons de les tondre, et nous ne les épargnons point — MOL., G. Dand. II, 1
  • Ces moutons à deux pieds qui contemplent les hommes d'État dans une lourde stupéfaction, et, s'étonnant de se voir tondre si lestement, se regardent et se disent : Voilà de fiers hommes ! et que nous sommes bien tondus ! — G. SAND, Lettres d'un voyageur, VIII

Absolument et fig. Il tondrait sur un œuf, se dit d'un homme très avare qui veut épargner les plus petites choses.

  • Ils font de grandes et belles actions, et cependant ils tondraient sur un œuf — Mme D'ÉPINAY, Mém. t. III, p. 121

Tondre sur tout, tirer de l'argent de qui que ce soit et de quoi que ce soit.

  • Il faut tondre sur tout — RÉGNIER, Sat. XII

2Familièrement. Couper les cheveux de près. Il est tondu de frais. encore relevé aujourd’hui

Tondre un homme, le faire moine.

  • Je n'ai point oublié ces ciseaux que vous montriez à tout le monde, disant que vous les portiez pour me tondre — FÉN., Dial. des morts mod. (Henri III, la duchesse de Montpensier.)
  • La crainte qu'il [Louis le Débonnaire] en eut [de ses ennemis] le détermina à faire tondre ses frères — MONTESQ., Esp. XXXI, 20

Je veux qu'on me tonde, je veux être tondu, si je fais cela, se dit par une sorte d'imprécation pour affirmer qu'on ne fera pas ce dont il s'agit ; locution née de l'ignominie qu'il y avait autrefois à être tondu.

Fig. Il a été tondu sur le peigne, et, plus ordinairement, il a été tondu, son avis n'a pas été suivi, il a échoué dans ses prétentions (locution qui vieillit et qui provenait aussi de la dégradation infligée aux gens qu'on faisait moines malgré eux).

  • Il y est venu pour tâcher de soutenir sa thèse ; lui et sa cabale antimoniale y ont été tondus — GUI PATIN, Nouv. lett. t. II, p. 170, dans POUGENS
  • Sans toi j'étais tondu, je le dois avouer ; J'aurais reçu sans doute un affront effroyable — HAUTEROCHE, Souper mal appr. sc. 10
2 autres citations
  • Que M. de Grignan se garde bien du monsieur [de dire monsieur à un maréchal, au lieu de lui dire monseigneur] ; il ferait mal sa cour ; le roi s'en est expliqué ; il sera tondu — SÉV., 19 août 1675
  • Il [Jurieu] a produit diverses causes de récusation contre M. Piélat et même des dépositions de témoins ; mais il a été tondu : le consistoire les a déclarées nulles — BAYLE, Lett. 24 août 1691

3 Tondre des draps, des feutres, en couper les poils pour les rendre unis, ras. encore relevé aujourd’hui

4 Tondre une haie, couper les branches qui débordent. encore relevé aujourd’hui

On dit à peu près dans le même sens : tondre les buis, le gazon, etc.

Par extension.

  • Pour en former l'emplacement [du nid], elle se contente de tondre à fleur de terre un petit rond dans l'herbe, qui bientôt se flétrit à l'entour par la chaleur de la couveuse — BUFF., Ois. t. XV, p. 83

5 Il se dit de l'action des animaux qui broutent l'herbe. Les brebis ont tondu ce pré.

  • Je tondis de ce pré la largeur de ma langue — LA FONT., Fabl. VII, 1

6Terme de construction. Enlever une faible épaisseur du parement de la pierre.

Historique

XIIe s.

  • Li clers porte sun merc en sum le chief adès, Tunduz est cumme fous e de luins e de près — Th. le mart. 30
  • Cum ço oïd David, el desert, que Nabal fist tundre sun fulc [troupeau] — Rois, p. 96
1 autre citation
  • Une feiz par an fist tundre ses chevals [ses cheveux], quant sa chevelure li fud à grevance — ib. 171

XIIIe s.

  • Tout tes chaviaus [tonds tes cheveux], si va al roi, Tes vestemens change por haire — GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 19
  • Onques Tristans, qui fu à force Tundus come fous por Yseut — Lai de l'ombre
3 autres citations
  • Devant que li dras soit tondus — Liv. des mét. 133
  • Et si dist on un proverbe que cil qui à une fois escorche, deus ne trois ne tont — BEAUMANOIR, XLV, 37
  • Diex les confonde, Qui sires est de tout le monde ! Et je r'otroi que l'en me tonde, Se maus n'en vient — RUTEB., 202

XIVe s.

  • .... Se li sires ne tont Bien sovent ses subjès et puis tont et retont — Girart de Ross. v. 1147
  • Mais aussi grant journée paie Chevaus tondus, c'est chose vraie, Souvent que chieus [celui] à lons cheviaus — J. DE CONDÉ, t. III, p. 34

XVe s.

  • Pour ce cisme [schisme] est tout le monde perdu ; Guerre en descent entre foibles et fors ; En grant peril en sont prestre et tondu — E. DESCH., Poésies mss. f° 248

XVIe s.

  • Et dont pour vray le moindre et le plus neuf Trouveroit bien à tondre sur un œuf — MAROT, I, 249
  • Sans estre raiz ne tondu, Incontinent on le fait moyne — ID., I, 188
6 autres citations
  • Les clercs, en tondant un touppet de cheveux, monstrent qu'ils se sont desmis de l'abondance des biens terriens — CALV., Instit. 1181
  • Lui et tous ceux qui debatirent ce temporisement furent tondus, pour user du terme de ce temps — D'AUB., Hist. III, 149
  • Averti de Romme qu'on devoit tondre le roi à la fin des estats — ID., ib. III, 190
  • Ce qui est rais ne se peut tondre — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 260
  • Nous usons encore d'une signification de ce mot tondre contre celuy qui a perdu sa brigue, ou est descheu de son entreprise, quand nous disons qu'il a esté tondu de sa brigue ou de son entreprise — PASQ., Rech. VIII, p. 676, dans LACURNE
  • Toutesfois fut le pré tondu — COTGRAVE
Étymologie

Wallon, toud ; provenç. tondre ; cat. tondrer ; espagn. tundir ; ital. tondere, du lat. tondere. Le français et le provençal viennent d'une accentuation barbare, tondère.

TONDRE2 s. f. (ton-dr')

1 Bois pourri sec, amadou naturel. non relevé aujourd’hui

2Terme de marine. Nom par lequel on désigne de la toile brûlée, renfermée dans une boîte bien close, pour servir d'amadou. Ce moyen de se procurer du feu était fort en usage chez les marins avant l'invention des allumettes chimiques. non relevé aujourd’hui

Étymologie

L'anc. franç. tondre, amadou (XIIIe siècle : Et li tondres od le galet, Parton. v. 5069), du germanique : anc. scandin. tundr ; anglo-sax. tynder ; angl. tinder ; allem. Zunder, amadou, de zünden, allumer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « tondre » du Wiktionnaire.

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