écolier
- nature
- nom masculin
- diction
- [ekolje] · 3 syllabes
- attesté
- 1206
- usage
- 11 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
vieilli Élève des universités ; étudiant.
- Henri, voulez-vous que je vous dise une chose ? reprit Marguerite en regardant fixement le duc, c’est que vous ne me faites plus l’effet d’un prince, mais d’un écolier ! Moi nier que je vous ai aimé ! Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre II
-
Celui qui étudie à l’école maternelle ou primaire, qui suit les petites classes d’un collège.
- En ce qui vous concerne, c’est sans coups et et sans larmes, fort heureusement, que vous apprenez à lire le grec. Ce n’était pas le cas de tous les écoliers athéniens. Assimil, Le Grec ancien sans peine, 2003
1 emploi spécialisé
- Généralités Enfant qui fréquente une école primaire.
Citation
Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont point de fin ; Et ne sais bête au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant
Origine du mot
De l’ancien français escolier, issu du latin scholaris (« scolaire »).
Dans le dictionnaire latin : scholaris
1873 — le Littré
ÉCOLIER, IÈRE s. m. et f. (é-ko-lié, liê-r')
1 Celui ou celle qui va à l'école, qui est dans un établissement d'instruction. Le maître et les écoliers. C'est une de ses bonnes écolières. encore relevé aujourd’hui
- Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont point de fin ; Et ne sais bête au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant — LA FONT., Fabl. IX, 5
- Jeune et charmante Deshoulières, Naguère entre les écolières, Et maintenant, depuis le prix, Maîtresse entre les beaux esprits — BENSERADE, dans Poésies de Deshoulières, t. II, p. 217
Tour, malice d'écolier, espièglerie.
Faute d'écolier, faute grossière. Ce général a fait une faute d'écolier.
Prendre le chemin des écoliers, le chemin le plus long, s'amuser en route.
Fig.
- Je ne te réponds pas qu'au retour, moins timide, Digne écolière enfin d'Angélique et d'Armide, Elle n'aille à l'instant, pleine de ces doux sons, Avec quelque Médor pratiquer ces leçons — BOILEAU, Sat. X
- Son grand bonheur [de Newton] a été non-seulement d'être né dans un pays libre, mais dans un temps où, les impertinences scolastiques étant bannies, la raison seule était cultivée ; le monde ne pouvait être que son écolier, et non son ennemi — VOLT., Dict. phil. Newton.
2Par extension, personne peu experte dans son art. Ce n'est qu'un écolier. Il est encore écolier.
- Un poëme excellent où tout marche et se suit.... Jamais d'un écolier ne fut l'apprentissage — BOILEAU, Art p. III
3 Nom qu'on donnait aux étudiants qui fréquentaient les universités du moyen âge. encore relevé aujourd’hui
Le titre d'écolier se portait dans le monde.
- Seigneur écolier, je viens d'apprendre que vous êtes le seigneur Gil Blas de Santillane — LESAGE, Gil Blas.
4 Adj. Terme de commerce. Papier écolier, sorte de papier qui sert aux écoliers.
Remarque
Autrefois écolier se disait de tous ceux qui recevaient l'enseignement, soit élémentaire, soit supérieur : les écoliers de l'université. Aujourd'hui il ne se dit plus que des élèves des lycées ou colléges et des écoles élémentaires. Pour les autres on dit étudiants ou élèves : les élèves ou étudiants en droit, en médecine ; les élèves de l'École polytechnique, de l'École normale, etc.
Historique
XIIe s.
- Escoler [habile] fu en la loi paenie [religion païenne] — Ronc. p. 25
XIVe s.
- Certes avarice a moult d'escoliers — Ménagier, I, 3
XVe s.
- Pire ne trouverez que escouliers — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 128
- Le maistre apprent en apprenant son escolier — Perceforest, t. II, f° 36
1 autre citation
- De bon maistre se part voulentiers bon escolier, et le bon fruict de bonne ente — ib. t. I, f° 111
XVIe s.
- Cela sent son escolier latin [c'est-à-dire c'est un homme grossier] — FAUCH., Lang. et poés. fr. p. 35, dans LACURNE
- Belistres que le commun peuple de ce pays là appelle escolliers errans — Nuits de Straparole, t. II, p. 391
1 autre citation
- À l'escoliere [par ignorance] — OUDIN
Étymologie
Wallon, sicoli ; provenç. et espagn. escolar ; catal. escolà ; ital. scolaro ; du latin scholaris, de schola, école.
Supplément au dictionnaire
ÉCOLIER. Ajoutez :
5 S. m. Un savant, un scholar (voy. SCHOLAR au Supplément).
- Si je me suis tiré une fois d'un bourbier où je suis, je m'en vais devenir un grand écolier — MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.
6 Adj. Écolier, écolière, qui a le caractère de l'écolier, qui sent l'école.
- Feu M. du Maurier était un très habile homme.... et j'ai vu des lettres de lui pleines d'esprit et de jugement ; je ne sais si on peut dire la même chose de celles de M. du Maurier d'aujourd'hui, ni si sa conversation est moins écolière ou moins pédante qu'elle n'était — BALZAC, Lett. inédites, LXII, éd. Tamizey-Larroque.
Ces exemples de Balzac et de Malherbe permettent de constater une remarquable bifurcation de sens, scholarius donnant d'un côté scholar, écolier, érudit, pédant, et de l'autre notre écolier, enfant à l'école, novice, étourdi.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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