édit

nature
nom masculin
diction
[edi] · 2 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

2 emplois spécialisés
  1. Antiquité romaine Ordonnance d’un magistrat, d’un empereur.
    • L’édit d’un prêteur.
  2. Féodalité Ordonnance des rois de l’Ancien Régime, qui ne statuait que sur un seul point ou une seule matière.
    • Un édit alla jusqu'à prononcer la peine de mort contre les trafiquants. Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo - Les Corsaires chez eux, p.119, éd. Honoré Champion, 1925

Citation

Galérius...., deux ans devant qu'il eût obligé Dioclétien à quitter l'empire, le contraignit à faire ce sanglant édit qui ordonnait de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais
Bossuet, Hist. I, 10

Origine du mot

Du latin edictum (« règlement, ordonnance, édit »).

Dans le dictionnaire latin : edictum

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ÉDIT1 s. m. (é-di ; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel, l's se lie : des é-di-z injustes)

1 Chez les anciens Romains. Règlements faits par certains magistrats pour être observés durant le temps de leur magistrature.

Édit perpétuel ou édit du préteur, compilation de tous les édits rendus par les préteurs et par les édiles curules, faite d'après les ordres de l'empereur Adrien.

Sous les empereurs, constitutions des princes, lois nouvelles faites de leur propre mouvement, et différant des rescrits et des décrets en ce qu'elles décidaient les cas qui n'avaient pas été prévus, ou abolissaient, ou changeaient les lois anciennes.

  • Galérius...., deux ans devant qu'il eût obligé Dioclétien à quitter l'empire, le contraignit à faire ce sanglant édit qui ordonnait de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais — BOSSUET, Hist. I, 10
  • Justine publia, sous le nom de son fils, des édits en faveur de l'arianisme — ID., ib. I, 11

2 En France, dans l'ancien régime. Constitution faite par le prince pour créer quelque établissement, organiser quelque grande affaire, notifier quelque prohibition. Les édits et déclarations du roi se vérifiaient dans les compagnies souveraines. Les édits se scellaient en cire verte pour marquer par cette couleur qu'ils étaient perpétuels de leur nature, Trévoux. Porter, faire, renouveler, enregistrer un édit. non relevé aujourd’hui

  • On m'a dit Que contre les clinquants le roi fait un édit — RÉGNIER, Sat. VIII
  • J'ai voulu l'acheter, l'édit, expressément, Afin que d'Isabelle il soit lu hautement — MOL., Éc. des mar. II, 9

Édit de Nantes, loi promulguée par Henri IV, le 15 avril 1598, en faveur des protestants à qui il accordait le libre exercice de leur religion, et l'admission aux charges et dignités de l'État. L'édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV.

Chambre de l'édit, se disait, dans les anciens parlements, d'une chambre instituée par l'édit de Nantes pour connaître des affaires des protestants.

3 Ordonnance faite par le souverain.

  • Savez-vous la rigueur de son premier édit ? — ROTROU, Antig. III, 3
  • Et le roi trop crédule a signé cet édit — RAC., Esth. I, 3
Historique

XVe s.

  • Sire chevalier, je vous en feray un edit [proposition] : joustons ensemble deux lances, à celle fin que, se vous m'accablez de l'ung des coups, je m'en iray en prison par devers la pucelle — Perceforest, t. I, f° 151

XVIe s.

  • Entre tous les gens d'armes françois avoit un edict [convention] que si une piece d'artillerie ou un homme seul par inconvenient estoit arresté, que chascun s'arrestoit jusques à ce que tout feust à point — J. D'AUTON, Annales de Louis XII, p. 44, dans LACURNE
Étymologie

Lat. edictum, part. passif neutre de edicere, prononcer, de e, et dicere, dire.

ÉDIT2 adj. (é-di, di-t')

Publié par voie d'impression.

  • Le décret de germinal an XIII dit que le publicateur des œuvres posthumes ne pourra publier en même temps des œuvres édites déjà tombées dans le domaine public, sous peine de faire tomber sa publication dans le domaine public.... en tête de l'édition de 1872 se trouvent deux fragments d'œuvres édites, et l'on voudrait trouver là contre nous une déchéance au droit de M. C... — Gaz. des Trib. 15 juil. 1876, p. 693, 2e col.

Ce mot appartient à l'avocat, qui l'emploie par opposition à inédit, car il n'est pas dans le décret cité du 1er germinal an XIII.

Étymologie

Voy. INÉDIT ; édit et inédit sont de formation savante.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « édit » du Wiktionnaire.

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