abject

nature
adj masculin
diction
[abʒɛkt] · 2 syllabes
attesté
1501
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 1

  1. Qui est dans un état d’abjection, qui est rejeté et digne de l’être ; vil, méprisable.
    • Ô vieux sage à moustaches grotesques ! Je pense que les endives cuites sont abjectes, mais on m’a dit que j’étais dans l’erreur. Qu’en est-il ? Boulet, Ma pizza métal, 29 mai 2012

Nom 1

  1. Ce qui est, ou celui qui est abject.
    • La perspective adoptée refuse toute idéalisation de la scène érotique et bascule fréquemment dans le grotesque ou l’abject. Carle Bonafous-Murat, André Topia, L’inhumain, page 176, 2004, Presses Sorbonne Nouvelle

Citation

Un sauveur pauvre, un sauveur abject et humilié, un sauveur souffrant et pénitent
Louis Bourdaloue, Pensées, t. III, p. 232

Origine du mot

Emprunt tardif au latin abiectus.

Dans le dictionnaire latin : abiectus

1873 — le Littré

ABJECT, ECTE adj. (ab-jè-kt' ou ab-jè, au fém. abjè-kt')

Qui est rejeté et digne de l'être ; et, par conséquent, vil, méprisable. Les âmes abjectes. Il est d'une naissance abjecte. encore relevé aujourd’hui

  • Tout ce qu'il y a de grand et tout ce qu'il y a d'abject — PASC., Édit. Cous.
  • A peine peuvent-ils souffrir que l'Église soit dans l'éclat où elle est maintenant ; ils voudraient qu'elle fût aussi dépendante des puissances temporelles, aussi pauvre et aussi abjecte qu'elle l'était du temps des premiers Césars — BOURD., Sermons pour les dimanches, t. IV, p. 233
15 autres citations
  • Un sauveur pauvre, un sauveur abject et humilié, un sauveur souffrant et pénitent — ID., Pensées, t. III, p. 232
  • Et moi, tout méprisable, tout néant que je suis, vile et abjecte créature — ID., ib. t. II, p. 12
  • Le reconnaître, malgré son état pauvre et abject, pour le Dieu et le souverain maître de l'univers — ID., ib. t. III, p. 244
  • Le sang le plus abject vous était précieux — RAC., Brit. IV, 3
  • De quoi peut satisfaire un cœur si généreux Le sang abject et vil de ces deux malheureux ? — CORN., Mort de Pomp. IV, 1
  • Un choix abject — ID., Sert. v, 4
  • Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjects Ont voulu s'ennoblir par de si hauts projets — ID., Cinna, IV, 4
  • [Elle] ne prendra jamais un cœur assez abject Pour se laisser réduire à l'hymen d'un sujet — ID., Nic. I, 1
  • Rang abject — ID., ib. II, 1
  • Exemple abject — ID., Œd. II, 4
  • Esclave abject — ID., Agés. II, 1
  • Fortune abjecte — ROTROU, St-Gen. I, 7
  • Au contraire, cet autre, abject en son langage, Fait parler les bergers comme on parle au village — BOILEAU, Art poét. II
  • J'avoue que la modestie des ministres et des pasteurs de l'Église ne doit avoir rien d'abject et de méprisable — MASS., t. X, p. 298
  • Le mot esclave ne se présente à notre esprit qu'avec des idées abjectes — DIDER., Ess. sur Richardson.
Remarque

1. Il se met après son substantif ; dans quelques circonstances on peut le placer avant, mais surtout avec des noms féminins : abjecte naissance, abjecte créature.

2. La prononciation de ce mot est incertaine. Plusieurs prononcent ab-jè-kt', et de même au pluriel ; d'autres ne font pas sentir le c, et disent abjè, comme dans sujet ; mais au féminin, ab-jé-kt'. Le fait est que dans le XVIIe siècle Corneille a fait rimer abject avec sujet et projet (voy. les exemples), ne prononçant pas le c. Je crois que c'est en effet la meilleure prononciation, et qu'il faut prononcer abject au masculin singulier ou pluriel comme on prononce sujet et projet, qui d'ailleurs sont composés de même ; et si la langue avait été conséquente, le c aurait disparu d'abject comme il a disparu des mots précités. On pourrait ainsi formuler la règle : quand la voix pourra s'arrêter sur abject, on ne fera entendre ni le c ni le t : un homme abject, prononcez abjè ; mais quand la voix ne s'y arrêtera pas, on fera sentir le c et le t : et dans ce vers de Boileau, Au contraire cet autre abject en son langage, on dira : ab-jè-kt en son langage. L'intervention de l'Académie pour décider ce cas de prononciation serait nécessaire.

Historique

XVIe s.

  • N'y ayant si pauvre, vil et abjet, criminel et prisonnier à qui cette permission [de faire l'aumône] soit jamais par aucune loi refusée — MARIE STUART, Lettre du 15 mai 1585
Étymologie

Abjectus, de abjicere, rejeter, de ab, marquant éloignement, et jicere pour jacere, jeter (voy. ce mot).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier

Liens de sens

Associés

abjection

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « abject » du Wiktionnaire.

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