aubain

nature
nom masculin
diction
[obɛ̃] · 2 syllabes
attesté
1101
usage
14 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Étranger qui n’était pas naturalisé, et qui était privé du droit de tester et d’hériter.
    • Nul moyen d’échapper. Car qui fait un pas est perdu. Il est aubain, épave, gibier sauvage, serf ou tué. Jules Michelet, La Sorcière (1862), Livre Premier, chapitre II "Pourquoi le Moyen Âge désespéra", Gallimard, folio classique, Paris, 2016, page 68
1 emploi spécialisé
  1. Droit Étranger.
    • II est entendu que le présent Accord n’a pas pour effet de porter atteinte au pouvoir du Canada d’admettre un immigrant, un réfugié ou un aubain à destination d’une autre partie du Canada que le Québec. Article 23 de l’accord Canada-Québec relatif à l’immigration et à l’admission temporaire des aubains du 5 février 1991. Texte en ligne : http://www.cic.gc.ca/francais/ministere/lois-politiques/ententes/quebec/quebec-acc.asp (consulté le 18 novembre 2016

Adjectif 1

  1. Blanc. absent du Littré
    • La Mer, en nous, portant son bruit soyeux du large et toute sa grande fraîcheur d’aubaine par le monde. Saint-John Perse La Mer, III in Amers

Citation

Les Genevois ne sont point aubains en France ; ils jouissent de tous les priviléges des Suisses
Voltaire, Lettr d'Argental, 2 mars, 1766

Origine du mot

Du vieux-francique aliban signfiant d'un autre ban, ou bien d’un possible *alibanus issu du latin alibi (« ailleurs »)^([1]). L’étymologie latine souffre d’une incohérence avec le présupposé intermédiaire albanus dont la répartition géographique ne correspond pas du tout^([1]).

Dans le dictionnaire latin : alibi

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

AUBAIN s. m. (ô-bin)

Étranger qui n'est pas naturalisé et qui est sujet au droit d'aubaine. encore relevé aujourd’hui

  • Les Genevois ne sont point aubains en France ; ils jouissent de tous les priviléges des Suisses — VOLT., Lettr d'Argental, 2 mars, 1766
Historique

XIIIe s.

  • Aubains ne puet faire autre seigneur que le roy en s'obeissance — DU CANGE, albani.
  • Se aucuns aubains muert sans hoir ou sans lignage, li rois est hoirs — ID., ib.

XIVe s.

  • Albains sont hommes et femmes qui sont nez en villes dehors le royaume si prouchaines, que l'en peut congnoistre les noms et nativités — DU CANGE, Albani.

XVIe s.

  • Aubains sont estrangers qui sont venus s'habituer en ce royaume, ou qui, en estant natifs, s'en sont volontairement estrangés : et non ceux qui, estant nés et demeurans hors le royaume, y auroient acquis des biens par succession ou autrement — LOYSEL, 67
  • Le haut-justicier succede à son sujet par faute de parens, comme le roy aux aubains — ID., 348
Étymologie

Bas-lat. albanus, albanius, aubena. Mot qui a beaucoup exercé les étymologistes. Cujas le tire du latin advena, étranger ; Nicot, de l'ancien français hober, qui signifie remuer, déplacer ; Loisel, d'alibi natus, né ailleurs ; Caseneuve et du Cange, de Albanus, nom des habitants de l'Albanie (Écosse) ; attendu, disent-ils, que ce peuple est très voyageur ; Grimm le fait venir de l'ancien allemand panzo, auquel il attribue la signification d'habitant et de eli, ailleurs, alienigena. Diez conjecture un adjectif formé de alibi, comme prochain de proche. Cette dernière étymologie est vraisemblable ; cependant il y a, dans le bas-latin, albaranus et albarraneus, formes qui se trouvent dans des documents espagnols ; et en effet l'espagnol a conservé albarran, nom que l'on donne aux garçons qui n'ont point de domicile, sans feu, ni lieu ; albarraneo, forain, étranger ; albarrania, état de garçon, célibat ; de la sorte, si l'on pouvait rendre compte de la disparition de l'r, le bas-latin albanus et le français aubain viendraient de albarran, qui conduit à l'arabe al, le, et barreyyoun, étranger, forain ; mais cette disparition n'est justifiée par rien. Il y a aussi, dans l'ancien français, aubain, sorte d'oiseau : Et tout aussi comme l'aloe Fuit le mousket et l'esprevier Plus que l'aubain.... , PH. MOUSKES, ms. p. 186, dans LACURNE SAINTE-PALAYE ; mais cet aubain, qui vient sans doute de albus, blanc, ne paraît avoir rien de commun avec l'autre aubain.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « aubain » du Wiktionnaire.

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