autrement
- nature
- adv
- diction
- [otʁəmɑ̃] · 3 syllabes
- usage
- 103 par million de mots
Sens et définitions
Adverbe 3
-
D’une façon autre, différente.
- Non, je suis déguisé quand je suis autrement. Victor Hugo, Ruy Blas, I, 3
-
Sinon ; sans quoi.
- L’exécution des condamnés a lieu l'hiver, à 7 heures du matin ; mais il fallait être rendu avant minuit : autrement on ne pourrait plus fendre la foule. Ivan Tourgueniev, L’Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887
-
Beaucoup plus.
- Voilà un homme qui n’a pas peur de s’enrhumer, pensa Hervé, sans se préoccuper autrement de cette singulière rencontre. Fortuné du Boisgobey, Double-Blanc, chez Plon & Nourrit, Paris, 1889, page 24
Citation
Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille ? Veut-on que j'aille droit quand on y va tortu ?
Origine du mot
Autre, et le suffixe ment ; provenç. autrament ; ital. altramente. — Littré, 1873
latin — ab « Ils vivent autrement que les autres »
1873 — le Littré
AUTREMENT adv. (ô-tre-man)
1 D'une autre façon. Je pense autrement. Il en est bien autrement. Il écrit autrement qu'il ne parle. Les choses allèrent autrement qu'on ne croyait. encore relevé aujourd’hui
- Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille ? Veut-on que j'aille droit quand on y va tortu ? — LA FONT., Fab. XII, 10
- Incapable de s'imaginer que les grands pensent autrement de sa personne qu'il fait lui-même — LA BRUY., 2
3 autres citations
- Et qu'à nos yeux Camille agit bien autrement — CORN., Hor. I, 1
- Je ne sais point répondre autrement pour un roi à qui dessus son trône on veut faire la loi — ID., Nicom. II, 3
- Je vous dirais, seigneur (car ce n'est plus à moi à nommer autrement et mon juge et mon roi) — ID., Rodog. V, 4
Tout autrement, d'une façon toute différente. Il agit tout autrement que vous.
2 Sinon, sans quoi. repris par le Wiktionnaire
- S'il en est ainsi, tout ira de soi-même ; autrement, que d'embarras ! Proportionnez vos vœux à vos mérites, Autrement, au mépris et du trône et du jour, Dans votre infâme sang j'éteindrai votre amour — ROTR., Vencesl. I, 4
- Autrement vos États à ce prince livrés Ne seront en ses mains qu'autant que vous vivrez — CORN., Nicom. IV, 3
3 Ne.... pas autrement ; Sans.... autrement ; peu, pas beaucoup. Je ne m'en inquiète pas autrement. Les oracles ne m'effrayent pas autrement.
- Notre fumeur ne fut pas autrement ému de cette apparition — LESAGE, Diable boit. ch. 7
- J'exterminerais de tout mon pouvoir ce pouvoir prochain qui fait tant de bruit pour rien et sans savoir autrement ce qu'il demande — PASC., Rép. aux deux premières lett. prov.
2 autres citations
- Ce n'est pas que nous ayons autrement l'intention de nous en servir, mais c'est qu'en effet nous pensons qu'il sera utile que le monde en soit bien informé — ID., Prov. 8
- Sans se contraindre autrement dans leurs passions — FLÉCH., I, 19
Tout autrement, beaucoup plus.
- On ne peut nier que cette méthode de traiter la dévotion n'agrée tout autrement au monde que celle dont on se servait avant nous — PASC., Prov. 9
Remarque
Après autrement, on met le ne explétif : il agit autrement qu'il ne parle. Cependant quelques écrivains l'ont omis.
Historique
XIe s.
- Car altrement ne m'amerat il mie — Ch. de Rol. XXXVI
XIIe s.
- Oïl, par Dieu, ne puet estre autrement — Couci, XXII
- [Je] Ne me vueil autrement de leur mez [repas] deviser — Sax. XII
XIIIe s.
- Cent fois le jour [je] vous regart [regarde] en pensant ; Je n'ai pouvoir qu'autrement [je] le vous die — LE ROI JEAN DE BRIENNE, Romancero, p. 142
- Puis la ferma [fortifia] dus [le duc] Naymes autrement Qu'ele n'estoit — Berte, IX
2 autres citations
- Autrement ne voi pas que eschaper puissons — ib. LXXVII
- [Si je vous avais connu] Autrement honorés en ma maison fussiez — ib. CXX
XVe s.
- Il me suffit, dit Ernauton, puisqu'il ne peut autrement estre — FROISS., II, III, 25
- Estre souloit tout autrement, Ou temps qu'ay congneu en ma vie — CH. D'ORL., Bal. 52
1 autre citation
- Ha ! vaillant chevalier, il va tout autrement — Bouciq. IV, ch. 13
XVIe s.
- Toutefois l'ame n'a jamais perdu sa vie, laquelle, estant recommandée au Pere, ne pouvoit autrement qu'elle ne fust sauvée — CALV., 51
- Dieu lui a fait merci, en adoucissant à humanité les cœurs des peuples autrement cruels — ID., Instit. 228
2 autres citations
- Les ceremonies ne sont point autrement exercices de pieté, sinon qu'elles conduisent le peuple comme par la main à Jesus Christ — ID., ib. 967
- Il retenoit neantmoins tousjours le naturel de son regard et de son visage qui estoit plus effroyable et terrible qu'autrement [que toute autre chose] — AMYOT, Marius, 76
Étymologie
Autre, et le suffixe ment ; provenç. autrament ; ital. altramente.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier
Liens de sens
Synonymes
sans ça sans cela
Dérivés
autrement dit pas autrement plus souvent qu’autrement tout autrement
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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