banque

nature
nom féminin
diction
[bɑ̃k] · 1 syllabe
attesté
1401
usage
96 par million de mots

Sens et définitions

Nom 10

  1. Commerce de l'argent et du crédit qui consiste à recevoir des capitaux en compte courant avec ou sans intérêt ; à échanger des effets ou à les escompter avec des espèces, à des taux et moyennant des commissions variables ; à exécuter pour le compte de tiers toutes opérations de ce genre et à se charger de tous services financiers ; à créer et à émettre des lettres de change ; d’une façon générale, commercer de l’argent, ainsi que des titres et valeurs.
    • Tenir banque ouverte.
  2. Entreprise ou société qui fait ce commerce.
    • Dans toutes les Bourses de la terre, ce fut une avalanche de titres que les porteurs voulaient vendre ; les banques suspendirent leurs paiements, les affaires furent paralysées et cessèrent ; […]. H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 288 de l’édition de 1921
  3. Établissement où se fait ce commerce.
    • Porter son argent à la banque. —Action de la banque.
  4. Négociants mêmes qui font ce commerce.
    • Les frères Van Untel sont la meilleure maison de banque d’Amsterdam.
  5. vieilli Paiement qui se faisait aux ouvriers, chaque semaine, ou tous les quinze jours, ordinairement le samedi.
    • Jour de banque. — Livre de banque.
  6. Somme que celui qui tient le jeu devant lui utilise pour payer ceux qui gagnent.
    • – J'avais donc la banque. Bon. Je donne, après avoir réclamé l'égalité des tableaux., naturellement. Pierre Benoit, Le Soleil de minuit, Albin Michel, 1930, réédition Le Livre de Poche, page 176
  7. Table ou banc devant lesquels travaillent les ouvriers, dans certains corps de métiers.
    • Angelo trouva un magasin de drapier ouvert. À travers la vitrine, il vit même un monsieur bien habillé, assis sur une banque à mesurer le drap. Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 210
  8. vieilli Variante de bangue, selon le « banque », dans Antoine de Rivarol, Dictionnaire classique de la langue française, 1827.
2 emplois spécialisés
  1. Cartes à jouer Sorte de jeu de cartes.
    • La Banque, qui à l'origine s'appelait Banco, est l'un des plus anciens jeux de cartes pratiqués en France, avant d'envahir l'Europe. Comme son nom l’indique, il est d'origine italienne et il pénétra en France sous Charles VIII, à la suite de guerres d'Italie. Frans Gerver, Le guide Marabout de Tous les Jeux de Cartes, Verviers : Gérard & Cᵒ, 1966, page 45
  2. Institutions financières Établissement qui fait profession de recevoir du public et des entreprises ou organismes, sous forme de dépôts ou autrement, des fonds qu'il emploie pour payer les chèques tirés par ses clients sur leur compte et pour effectuer des opérations de crédit, des opérations financières ou des opérations d'escompte.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de banquer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de banquer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de banquer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de banquer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de banquer.

Citation

Celui-ci faisait la banque ; celui-là se donnait au commerce de la mer
Montesquieu, Lett. pers. 115

Origine du mot

Du moyen français banque, de l’italien banca (« table de comptoir ») (puis « établissement de crédit »). Les banquiers lombards du nord de l’Italie accomplissaient leur travail dans des lieux ouverts et s’installaient sur des bancs. Autre origine : le mot allemand Bank dont le féminin était banque.

Les mots français venus de l’italien

1873 — le Littré

BANQUE s. f. (ban-k')

1 Originairement, commerce d'argent qu'on fait remettre de place en place, d'une ville à une autre, par le moyen des lettres de change ; établissement qui se chargeait de l'argent des particuliers pour le faire valoir à gros intérêts ou le mettre en sûreté. Faire la banque, faire ce genre de commerce. encore relevé aujourd’hui

  • Celui-ci faisait la banque ; celui-là se donnait au commerce de la mer — MONTESQ., Lett. pers. 115

2 Aujourd'hui, entreprise commerciale dont les opérations consistent à recevoir, conserver, payer, emprunter et prêter les capitaux sous forme de monnaie métallique ou autre.

Commerce consistant à effectuer pour le compte d'autrui des payements et recettes, à faire l'escompte, à acheter et revendre soit des valeurs commerciales, lettres de change, billets de commerce, effets publics, actions d'entreprises industrielles et tous titres créés pour l'usage du crédit, soit des monnaies ou matières d'or et d'argent.

Plus spécialement, les établissements par actions qui se livrent à ces diverses opérations.

Maison de banque, maison qui s'occupe principalement des opérations de banque.

Banque, lieu où se font les opérations.

Banque de circulation, celle qui émet des billets dits de banque.

Banque de dépôt et de virement, celle qui reçoit des valeurs et les transfère par ses écritures.

Banque d'escompte, celle qui fait des avances sous forme d'escompte et de prêt direct.

Banque publique : 1° celle qui fait ses opérations non avec des clients particuliers, mais avec le public en général, à des conditions réglées par des dispositions générales ; 2° institution de banque fondée, dirigée ou dotée par les États ou villes qui en sont le siége.

Banque agricole, celle qui fait des avances à l'agriculture.

Banque foncière, immobilière, territoriale, celle qui fait des prêts garantis par des immeubles.

Banque mobilière, celle qui fait des avances sur valeurs mobilières.

Banque hypothécaire, celle qui fait des prêts sur hypothèque.

3Terme d'imprimerie. Payement fait aux ouvriers chaque semaine ou tous les quinze jours.

4Terme de jeu. Somme qu'a devant lui le joueur qui tient contre tous les autres. encore relevé aujourd’hui

Faire sauter la banque, gagner tout l'argent de celui qui tient le jeu.

Fig.

  • Ces gens jouent contre le peuple, mais ils tiennent la banque contre lui — MONTESQ., Esp. XXV, 6

5 Au jeu du commerce, les cartes qui composent le talon.

6Terme de métiers. Instrument qui porte les bobines du passementier.

Banc sur lequel travaille l'ouvrier en peignes.

Billot où est la meule d'acier sur laquelle se font les pointes d'épingles.

7Terme de marine. Navire qui fait la pêche de la morue sur le banc de Terre-Neuve. non relevé aujourd’hui

8Populairement, les artifices des bateleurs, le charlatanisme. non relevé aujourd’hui

Historique

XVIe s.

  • Le charlatan estoit monté sur un petit eschaffaut jouant des regales [sorte d'épinette] et tenant banque comme on en voit assez à Venise en la place St-Marc — Sat. Mén. p. 3
Étymologie

Ital. banca ou banco, banque, proprement banc (voy. BANC), à cause du banc qu'avaient à l'origine, comme beaucoup d'autres marchands, ceux qui faisaient le commerce d'argent.

Supplément au dictionnaire

BANQUE.

2 Ajoutez :

Banque d'émission, banque qui émet des billets.

  • En principe, les billets d'une banque d'émission devraient être représentés par son stock métallique et par son portefeuille exclusivement composé de bonnes lettres de change — DE WARU, Enquête sur la Banque, p. 205

9 Autrefois, lieu public où se faisait le trafic d'argent, où s'assemblaient les banquiers, les marchands, et où il se débitait, comme maintenant à la bourse, force nouvelles.

  • Je serai curieux de vous mander des nouvelles..., et je sais bien que je suis la meilleure banque d'où vous en sauriez avoir — MALH., Lexique, éd. L. Lalanne

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « banque » du Wiktionnaire.

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