constance

nature
nom féminin
diction
[kɔ̃stɑ̃s] · 2 syllabes
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. Fermeté de l’âme qui lui permet de résister aux choses capables de l’ébranler, telles que la douleur, l’adversité, les tourments, etc.
    • Et la brigade demeura en Belgique. […]. Les plus frénétiques arrosages de shrapnells et de marmites n’ébranlaient pas sa constance. Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p.91
  2. Persévérance.
    • Cerise sur le gâteau, les soldes venaient de lui être confiées. Les budgets étaient colossaux et il y puisait avec constance et rapacité pour redistribuer une grande partie aux gradés qui vivaient sur la bête. Olivier Rogez, L'ivresse du sergent Dida, Éditions Le Passage, 2017
  3. vieilli Vin muscat anciennement produit en Afrique du Sud. absent du Littré
    • Mais, on le sait, Jules Mouquet est d'avis qu'il s'agit du Constance, sorte de muscat réputé et provenant de la colonie du Cap, où Baudelaire s'arrêta à son retour d'Orient. Il se peut... Léon Bopp, Psychologie des Fleurs du mal, tome 3, Librairie Droz, 1964, p. 204
3 emplois spécialisés
  1. Unités de mesure et métrologie Aptitude d'un instrument de mesure à conserver ses caractéristiques métrologiques constantes au cours du temps.
  2. Oeil Stabilité relative apparente d'un ou plusieurs paramètres d'un objet (tels que la luminosité, la couleur, la distance, la forme ou la taille) en dépit de la modification affectant une ou plusieurs propriétés de l'image rétinienne relative à ces paramètres.
  3. Généralités Expression relative de la régularité de la présence d'un espèce dans différents relevés pour une même association.

Citation

Si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ces calamités, ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées
Bossuet, Reine d'Anglet.

Origine du mot

Provenç. et espagn. constancia ; ital. costanza ; du latin constantia (voy. CONSTANT). — Littré, 1873

1873 — le Littré

CONSTANCE s. f. (kon-stan-s')

1 Force morale par laquelle on garde l'empire sur soi-même.

  • Si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ces calamités, ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées — BOSSUET, Reine d'Anglet.
  • Nous croyons souvent avoir de la constance dans les malheurs, lorsque nous n'avons que de l'abattement ; et nous les souffrons sans oser les regarder, comme les poltrons se laissent tuer de peur de se défendre — LAROCHEF., Max. 420
6 autres citations
  • Ma constance du moins règne encor sur mes yeux — CORN., Hor. I, 1
  • Partout même constance Rend à tous mes efforts pareille résistance — ID., Perthar. V, 2
  • Les faveurs que le roi lui avait faites attendrirent son cœur, mais n'ébranlèrent pas sa constance — FLÉCH., Panég. t. II, p. 448
  • Et sans perdre en adieux un reste de constance — RAC., Mithr. II, 6
  • Ce n'est point alors [à l'heure de la mort] le badinage qui sied bien, mais la constance — LA BRUY., XVI
  • Son âme sainte [de J. C.] perd devant eux toute sa constance à la vue de la mort — MASS., Car. Pass.

Avoir la constance de, être assez ferme pour, et aussi assez dur pour.

  • Il eut la constance de le laisser pendant cinq ans s'appliquer sans relâche à rétablir sa fortune, détaché du monde et partageant sa vie entre son cabinet et le parloir d'Angélique — MARMONT., Contes moraux, École des pères

Par extension, insensibilité.

  • Ses yeux indifférents ont déjà la constance D'un tyran dans le crime endurci dès l'enfance — RAC., Brit. V, 7

2 Persévérance, stabilité dans les goûts. Travailler avec constance.

  • Ce sont des affections qui nous inspirent des constances inébranlables — BERN. DE ST-P., Harmon. liv. V, Harmon. anim.

3 Durée de l'affection, surtout en parlant de l'amour.

  • Exemple infortuné d'une longue constance — RAC., Bérén. I, 2
  • La constance en amour est une inconstance perpétuelle, qui fait que notre cœur s'attache successivement à toutes les qualités de la personne que nous aimons — LAROCHEF., Max. 175
Synonyme

CONSTANCE, FIDÉLITÉ.

  • La constance suppose une sorte d'opiniâtreté et de courage, et ne suppose pas d'engagement. Fidélité suppose un engagement auquel on ne manque pas. On dit un amant heureux et fidèle, un amant malheureux et constant ; le premier est engagé, l'autre ne l'est pas, — D'ALEMB.
Historique

XIVe s.

  • Quand le roi se vit pris, si dit par grant constance : C'est Jehan de Valois, non pas le roi de France, Complainte sur la bataille de Poitiers — Bibl. des Chartes, 3e série, t. II, p. 262

XVIe s.

  • Tout cela se faict pour gaigner cet advantage d'avoir faict force à leur constance [courage] — MONT., I, 242
  • Ces deux erreurs peuvent souffrir de la constance [persister] — ID., I, 395
Étymologie

Provenç. et espagn. constancia ; ital. costanza ; du latin constantia (voy. CONSTANT).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « constance » du Wiktionnaire.

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