défiance
- nature
- nom féminin
- diction
- [defjɑ̃s] · 2 syllabes
- usage
- 3 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
Sentiment de celui qui se défie de quelqu’un, de quelque chose, ou de lui-même.
- L'université de Paris a provoqué souvent les défiances de Rome. Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19
-
vieilli Défi, action de défier.
- On annonça qu’un héraut du comte de Ravenstein venait d’entrer dans la cour du château, apportant les défiances de son maître. Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de défiancer.
- Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de défiancer.
- Première personne du singulier du subjonctif présent de défiancer.
- Troisième personne du singulier du subjonctif présent de défiancer.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de défiancer.
Citation
[Il] .... donne lieu d'entrer en quelque défiance Des secrètes raisons de tant d'impatience
Origine du mot
Défiant ; provenç. desfiansa ; anc. espagn. desfianza ; ital. disfidanza, diffidenza. Dans l'ancien français, defiance veut dire défi, sens qui est resté dans l'anglais. — Littré, 1873
1873 — le Littré
DÉFIANCE s. f. (dé-fi-an-s')
Crainte, doute qui fait qu'on ne se confie qu'après examen et réflexion.
- Je l'avoue, il est vrai, j'étais sans défiance — RÉGNIER, Élég. 3
- [Il] .... donne lieu d'entrer en quelque défiance Des secrètes raisons de tant d'impatience — CORN., Nicom. II, 1
19 autres citations
- Dieux ! que vous me gênez par cette défiance ! - Pour subsister en cour c'est la haute science — ID., Poly. V, 1
- L'excès de ce bonheur me met en défiance — ID., Cid, I, 2
- Ceux dont on craint les justes défiances — ID., Rodog. IV, 6
- Elle a lieu de douter et d'être en défiance — ID., le Ment. IV, 7
- Sans montrer aucune défiance d'une personne qu'il aimait, il prit le breuvage — D'ABLANC., Arrien, liv. II, ch. 3, dans RICHELET
- Se tenir sur la défiance — MAUCROIX, Homélie 15, dans RICHELET
- Il se faut garantir de tous les hommes par une défiance générale — SAINT-ÉVREMOND, dans RICHELET
- Ces personnes n'entrent pas en défiance de votre bonne foi — PASC., Prov. 13
- .... Cette défiance Est toujours d'un grand cœur la dernière science — RAC., Brit. I, 4
- Dans un temps plus heureux ma juste impatience Vous ferait repentir de votre défiance — ID., ib. III, 7
- N'était-il pas plus noble.... de me rassurer, en flattant ma douleur, Contre la défiance attachée au malheur ? — ID., Mithr. II, 4
- L'esprit de défiance nous fait croire que tout le monde est capable de nous tromper — LA BRUY., Théophr. 18
- Il n'oublia rien pour jeter quelque défiance dans mon esprit — FÉNEL., Tél. XII
- Tout ce qu'il y a de plus à craindre dans nos maux, c'est la défiance du remède — MASS., Car. Enf. prod.
- Les sujets de défiance augmentaient tous les jours entre les Grecs et les Barbares — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. IV, p. 180, dans POUGENS
- Tout m'importe et de tout je suis en défiance — VOLT., Mérope, IV, 1
- Venise ne fonda sa fière autorité Que sur la défiance et la sévérité — ID., Tancr. I, 1
- Conçois-tu quel état c'est pour une femme de porter la défiance, le mensonge et la crainte jusque dans les bras d'un époux, de n'oser ouvrir son cœur à celui qui le possède... ? — J. J. ROUSS., Hél. IV, 1
- Si vous portez les défiances du moment dans l'avenir, prenez garde qu'à force d'exagérer les craintes, nous ne rendions les préservatifs pires que les maux — MIRABEAU, Collection, t. III, p. 334
Défiance de soi-même, manque de confiance en soi. Il fit paraître une juste défiance de ses propres forces.
- Au jugement que je fais de moi-même, je tâche de toujours pencher vers le côté de la défiance plutôt que vers celui de la présomption — DESC., Méth. I, 3
- Ce qu'il commençait à sentir le mit dans une juste défiance de lui-même — FÉN., Tél. XXIII
1 autre citation
- Louis XVI, élevé au trône à l'âge de vingt ans, y apportait un sentiment bien précieux lorsqu'il est modéré, bien dangereux quand il est excessif, la défiance de soi-même — MARMONTEL, Mém. liv. XI
Synonyme
DÉFIANCE, MÉFIANCE. La méfiance fait qu'on ne se fie pas du tout ; la défiance fait qu'on ne se fie qu'avec précaution. Le défiant craint d'être trompé ; le méfiant croit qu'il sera trompé. La méfiance ne permettrait pas à un homme de confier ses affaires à qui que ce soit ; la défiance peut lui faire faire un bon choix.
Historique
XIIe s.
- De ses beaux ieuz [elle] me vint sans desfiance [défi] Ferir au cuer, que n'i ot autre effort — Couci, XVI
XIIIe s.
- Et bien vous mandent que, sans defiance [sans dégager leur foi], il ne feroient mal ne à vous ne à altrui — VILLEH., XCIV
- Mout tindrent li Grieu à grant merveille et à grant outrage ceste deffiance [défi] — ID., ib.
2 autres citations
- Sire, li rois Richars d'Engleterre vous mande deffianche [défi], et dist qu'il vous venra veoir prochainement emmi liu de vostre tere — Chron. de Rains, p. 59
- Et encore se deffiances [défis] sunt mandées à aucun, on les doit mander par tex gens qui les puissent tesmongnier — BEAUMANOIR, LIX, 9
XVe s.
- À Paris où le roi Philippe se tenoit pour le temps, attendant tous les jours que defiances [défis] lui vinssent du roi anglois — FROISS., I, I, 75
- Vous avez bien ci-dessus oui recorder comment le duc de Guerles avoit defié le roi de France par defiances impetueuses — ID., II, III, 103
1 autre citation
- Il [un envoyé d'Édouard] apporta au roy [Louis XI] une lettre de deffiance de par le roy d'Angleterre .... Il requeroit au roy qu'il luy rendist le royaulme de France.... — COMM., IV, 5
XVIe s.
- De luy [je] n'ay en response que de voluntaire deffiance [défi] — RAB., Gar. I, 29
- Ce que je ne dy par deffiance que j'aye de ta vertu, mais pour.... — ID., Pant. II, 8
3 autres citations
- Pour souspeçon que la deffiance luy avoit engendré — M. DU BELLAY, 146
- Si lancea son cheval droit à luy, en lui criant un cry de desfiance [défi] — AMYOT, Marcell. 8
- Marius les reconfortoit, en leur remonstrant qu'il n'avoit aucune deffiance de leur vertu — ID., Mar. 29
Étymologie
Défiant ; provenç. desfiansa ; anc. espagn. desfianza ; ital. disfidanza, diffidenza. Dans l'ancien français, defiance veut dire défi, sens qui est resté dans l'anglais.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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