délectation
- nature
- nom féminin
- diction
- [delɛktasjɔ̃] · 4 syllabes
- usage
- 3 par million de mots
- parenté
- délecter
Sens et définitions
Nom 1
-
Jouissance consciente et vivement goûtée que procure une chose agréable.
- La sonorité d’ensemble de l’orchestre est une vraie délectation. Hugues Panassié, Cinq mois à New-York, Éditions Corrêa, 1947, pages 103-104
Citation
La coutume, sans cela, passerait pour tyrannie ; au lieu que l'empire de la raison et de la justice n'est non plus tyrannie que celui de la délectation
Origine du mot
Du latin delectatio.
Dans le dictionnaire latin : delectatio
1873 — le Littré
DÉLECTATION s. f. (dé-lè-kta-sion ; en poésie, de cinq syllabes)
1 Plaisir qu'on savoure avec plénitude. Il éprouvait une vraie délectation à se promener sous ces belles allées. encore relevé aujourd’hui
2Terme de théologie. Plaisir, goût qu'on prend à faire quelque chose. Dans le système des deux délectations, celles de la grâce sont opposées à celles de la nature, et les plus puissantes l'emportent. encore relevé aujourd’hui
- La coutume, sans cela, passerait pour tyrannie ; au lieu que l'empire de la raison et de la justice n'est non plus tyrannie que celui de la délectation — PASC., Vrai bien, 9
- Dieu change le cœur de l'homme par une douceur céleste qu'il y répand, qui, surmontant la délectation de la chair, fait que l'homme conçoit du dégoût pour les délices du péché qui le séparent du bien incorruptible — ID., Prov. 18
3 autres citations
- Vous pouvez désirer ces saintes délectations — BOSSUET, Lettr. abb. 179
- La grâce médicinale de J. C. consiste dans une délectation intérieure — FÉN., t. III, p. 244
- Il faut soigneusement distinguer la délectation que Dieu a mise en nous à la vue de lui-même, d'avec la pente que la révolte du premier homme a mise dans nos cœurs pour nous faire centre de nous-mêmes — ID., t. XVIII, p. 309
Délectation morose, complaisance avec laquelle on pense à une mauvaise chose, sans intention de la commettre.
Historique
XIIIe s.
- Car, si cum tesmoigne la letre, Profit et delectation C'est toute leur entencion — la Rose, 15443
XIVe s.
- Il semble à aucuns que felicité est toute vertu ensemble, ou aucunes d'icelles [vertus] avecques delectation ou au mains non pas sans delectation — ORESME, Eth. 18
- Plusieurs de grant auttorité dient que felicité est delectation corporel — ID., ib. V, 9
XVe s.
- Tu ne mets mie ton cœur en la vie amoureuse, pour cause de mieulx en valoir, ne pour vertu, mais seulement pour la delectation que ton corps en a — Bouciq. I, ch. 7
XVIe s.
- En Dieu sera ta delectation — MAROT, IV, 277
- Il abandonna le labourage, disant que l'agriculture estoit de plus grande delectation que de grand profit — AMYOT, Caton, 45
Étymologie
Provenç. delectatio ; espagn. delectacion ; ital. dilettazione ; du latin delectationem, de delectare, délecter.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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